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Les jeux traditionnels

Apprentissage par le jeu

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Les jeux traditionnels

En collaboration avec la zone Éducation de Radio-Canada et l'Organisation Mondiale pour l'Éducation Préscolaire

La disparition des jeux traditionnels

Grant (1983), dans son enquête sur les jeux, a constaté que 69% des enfants ne s'étaient jamais amusés à la marelle, 81% n'avaient jamais essayé de faire tourner une toupie avec une ficelle, 95% de jouer au cerceau. Il a aussi constaté que le jeu de la mère garuche, jeu de poursuite et d'affrontement pratiqué en Grèce sous le nom de l'empuse, et qui a traversé au moins deux millénaires, était en train de s'éteindre sous ses yeux.

Illustration montrant un enfant «moderne» et un enfant «traditionnel» sous le soleil

Certes, ce jeu réservé aux garçons était un jeu rude, suivi de la punition des perdants, qui représentait une réelle épreuve pour les enfants fragiles, sensibles ou angoissés. Aujourd'hui, remarque Grant, les garçons n'apprécient plus guère cette brutalité dont ils étaient les victimes. Ils préfèrent la regarder à la télé, au cinéma ou sur cassette, plutôt que de la subir dans leur corps.

Le grand recul, sinon la disparition des jeux traditionnels, semble être un phénomène général récent au niveau des pays nantis. De multiples raisons en sont la cause :

  • Réduction de l'espace et du temps de jeu pour l'enfant des villes et des quartiers périphériques : les surfaces accessibles aux enfants se sont réduites comme une peau de chagrin, au profit de la circulation et des stationnements. Les quartiers neufs sont construits hâtivement et présentent un aspect dépouillé et uniforme, pauvre en possibilités de jeu. Les moments imprévus, non planifiés, sont rares dans la vie de l'enfant qui est de plus en plus prise en charge par l'adulte (ou au contraire abandonné à lui-même).
  • Institution de l'économie du loisir et du sport : le marché du loisir, lié à l'évolution du niveau de vie, propose avec insistance de nouveaux moyens de distraction et de jeux collectifs (clubs, centres de loisirs, cinéma et spectacles) ou individuels (gadgets, publications, jouets, jeux électroniques).
  • Carence d'agents de transmission des jeux traditionnels. Ce type de jeu se communiquait d'enfant à enfant par le biais des aînés, surtout oralement et par la pratique. Les agents actuels de la transmission des techniques, des moyens et du savoir ludique ont pris la place de cette initiation directe : les groupes de jeu spontané n'ont plus leur cohésion et ce sont des cercles extérieurs à la société enfantine, (fabricants de jouets professionnels du loisir et du sport) bénéficiant des moyens d'un extraordinaire support de diffusion commerciale, qui imposent dans une large mesure leurs valeurs et leurs techniques.
Illustration d'un enfant sur-équipé

Source : Le jeu de l'enfant, progrès et problèmes, André Michelet, OMEP, Québec, 1999.


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