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En collaboration avec la zone Éducation de Radio-Canada et l'Organisation Mondiale pour l'Éducation Préscolaire
Selon Erikson (1977), parallèlement à l'affirmation du « moi », lenfant effectue son intégration dans l'environnement. Cette adaptation évolue en fonction des phases du développement normal. Lauteur établit une hiérarchie entre trois milieux ou « atmosphères » :
La théorie du jeu dErikson établit clairement une relation entre le développement émotionnel et le développement social.
Piaget, lui, considère le jeu comme un processus d'assimilation (La formation du symbole chez l'enfant, 1976). Quand on montre à un enfant à assembler deux cubes, il attache son attention à les réunir. Pour cela il doit les tenir droits, leur donner une certaine direction. Ensuite, il répète cette activité pendant une longue période, de manière à maîtriser son geste et le matériel.
Durant sa croissance, l'enfant organise sa pensée en passant par des étapes successives d'organisation. Celles-ci ne constituent pas une accumulation linéaire des connaissances, mais des stades de caractère différent, bien que s'engendrant successivement l'un l'autre. Dans cette conception structuraliste de l'intelligence, Piaget distingue trois grandes catégories de jeux.
Au tout début de ce stade, les activités de lenfant ne peuvent être qualifiées de jeux. Piaget n'accorde pas cette dénomination à ces exercices qui consistent en la mise en action de développements réflexes que certains auteurs ont appelé jeux fonctionnels. Le jeu commence au moment où apparaît, dans l'usage des jouets, dans les rapports avec l'entourage, puis dans de nombreuses actions, la satisfaction de la répétition. L'apparition puis le développement du langage suivent un processus comparable.
Il sagit de la période ou se développe l'activité imaginative. Le jeu symbolique (faire comme si...) se manifeste quand l'enfant veut appliquer des schèmes d'assimilation à des objets ou à des situations ne s'y adaptant pas tout à fait; il apprend à opérer toutes sortes de combinaisons symboliques : substitution d'un objet à un autre, reproduction d'événements de la vie quotidienne, compensation aux frustrations, histoires imaginées, participation aux jeux de rôle, etc.
L'enfant devient capable de se représenter le changement d'une situation en une autre (avant il pouvait seulement comparer les situations) aussi bien dans le domaine relationnel que dans celui des activités ludiques, où il se situe comme une personne parmi les autres. Il ne peut d'abord raisonner qu'en utilisant les situations présentes.
Vers 11 ans, le niveau de la pensée logique est atteint, stade ultime des opérations formelles. Les jeux socialisés et disciplinés apparaissent progressivement et se substituent aux autres jeux. Ils sont à peu près les seuls à subsister chez l'adulte. À ce stade, beaucoup d'activités qualifiées de jeux constituent pour Piaget des activités de transition entre le jeu et le travail.
Pour Pavlov, lintégration de lenfant à lenvironnement se fait par la communication. Non pas la communication verbale, mais la communication concrète, par laquelle se transmet la culture. L'enfant se développe d'une part dans un milieu complètement humanisé, un monde artificiel d'objets matériels, fruit de l'activité humaine (nourriture, vêtements, outils), et d'autre part dans un monde d'objets abstraits (langage, concepts, idées) qui représentent eux-mêmes des moyens d'action. L'activité de l'homme n'est jamais immédiate, mais médiatisée par des objets particuliers à travers lesquels se transmettent et s'élargissent les expériences possibles.
Pour l'enfant, le mot jouet peut être substitué au terme outil.
Chaque être humain a la possibilité de revivre pour son propre compte l'expérience accumulée par l'humanité pour modifier le milieu original. Cette expérience est transmise de génération en génération par la communication concrète et verbale, mais elle ne s'effectue pas par un simple processus d'adaptation.
L'enfant ne récapitule pas spontanément, comme l'assurait Stanley Hall, l'évolution de lespèce humaine. Il doit s'approprier la culture dans laquelle il vit et il est nécessaire, pour cela, que la communication avec le monde adulte puisse s'établir, faute de quoi l'enfant sera limité à vivre dans un entourage humain, sans que celui-ci soit réellement son milieu humain, auquel il restera en tout ou en partie étranger. C'est ce qui se produit pour les enfants autistes et pour les enfants débiles mentaux, souffrant d'un dysfonctionnement cérébral. Ces enfants ne jouent pas.
Source :Le jeu de l'enfant, progrès et problèmes, André Michelet, OMEP, Québec, 1999.