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En collaboration avec la zone Éducation de Radio-Canada et l'Organisation Mondiale pour l'Éducation Préscolaire
Dans l'esprit de ses parents et de ses maîtres, l'enfant a été considéré pendant des générations comme un adulte en miniature mais vide, ignorant, et inutilement attiré par le jeu. On se devait donc de dresser l'enfant, de l'instruire à coups de leçons et d'exemples, bref de l'initier directement au savoir des personnes raisonnables. Néanmoins, à son époque déjà, Montaigne écrivait :
« Le jeu devrait être considéré comme l'activité la plus sérieuse des enfants.» La psychologie moderne allait lui donner raison reconnaissant à l'enfant son besoin d'expérimenter pour apprendre, de refaire pour son propre compte toutes sortes de découvertes.
En effet, on comprend mieux aujourd'hui que les jeux et les jouets, les espaces de jeux et le temps imparti au jeu, la participation des adultes et des pairs aux activités ludiques sont des éléments clés dans la vie de tous les enfants. La plupart des parents et des éducateurs, mieux informés des lois du développement de l'enfant sont davantage conscients que le jeu est plus qu'un passe-temps amusant en ce qu'il apporte à l'enfant un moyen irremplaçable de s'exprimer et de progresser sur les plans culturel et psychologique.
L'enfant s'exprime véritablement par le jeu et nous pouvons, en l'observant, avoir des indices sur ce qui se passe dans son esprit; le jeu est son langage secret qui nous dévoile une part de ses émotions, de ses difficultés et de ses préoccupations.
Force est de constater que c'est en jouant que l'enfant acquiert des habiletés corporelles et intellectuelles et devient compétent à des niveaux de plus en plus élaborés à mesure de son développement. Ce n'est pas facile de comprendre le monde pour un petit d'homme; c'est par le jeu qu'il tente d'en résoudre les énigmes et de s'y adapter.
Ainsi, le jeu aide l'enfant à analyser le monde, à surmonter ses difficultés, à mûrir ses problèmes affectifs et à devenir sociable. Par la magie des panoplies et des rôles (médecin, facteur, infirmier, cosmonaute, etc.) il vit d'une manière intense et symbolique son assimilation à l'image des hommes, inventorie ses multiples possibilités et facilite ses rapports inconscients avec la société dans laquelle il devra s'insérer.
Jouer à la marchande, au ménage, au papa et à la maman, construire un village ou un circuit d'autos, explorer un labyrinthe sur l'écran de la télévision, mener paître des animaux de bois ou de plastique, démonter et remonter un établi ou un camion, tous ces types d'activités permettent à l'enfant de se façonner un monde à sa mesure. Comme il lui apporte ses premières leçons de choses, le monde du jeu et du jouet éveille également ses premières émotions de plaisir, d'harmonie, de sympathie ou d'antipathie.
Source : Le jeu de l'enfant, progrès et problèmes, André Michelet, OMEP, Québec, 1999.
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