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Pascale Pontoreau
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Comme on évoque lhypnose, on a tous limage dun charlatan qui agite un pendule devant les yeux dun cobaye. Et pourtant lhypnose est utilisée depuis des siècles à des fins thérapeutiques. Cette discipline na plus à prouver son efficacité et aujourdhui, elle est pratiquée dans des situations diverses : par la police, pour reconstituer un délit ou un crime ou par la médecine, pour effectuer des interventions chirurgicales avec un minimum de sédation, par exemple.
Au quotidien, lhypnose peut jouer un rôle majeur dans la rémission de problèmes psychologiques ou induit par des symptômes psychosomatiques : lagressivité, le stress, les phobies ou linsomnie. Chez les enfants et les adolescents, cette approche thérapeutique aura des effets bénéfiques en cas dénurésie (pipi au lit) ou dhyperactivité, pour ne citer que ces deux réalités.
« Les parents qui viennent nous voir ont, le plus souvent, tout essayé ! Nous sommes leur dernier recours : alors ils sattendent à des résultats exceptionnels mais, à côté de cela, comme tout a échoué, ils ne sont pas surpris outre mesure par un nouvel échec » explique Jacques Camiré socio-pédagogue et hypnothérapeute depuis plus de 40 ans.
Le taux de réussite dune thérapie par hypnose dépend de deux éléments : limportance des préjugés, et surtout, le désir de lenfant de régler son problème.
« Une fois quil est identifié, si lenfant accepte le problème, admet que sen est un et accepte de le résoudre, on peut évaluer que plus de 75% des cas traités seront réglés. Ainsi, 75% des enfants de plus de 7 ans qui font pipi au lit, nauront plus cette difficulté après quelques séances » continue Jacques Camiré.
Bien que chaque thérapeute privilégie une approche qui lui ressemble, on peut dire que les séances se déroulent à peu près de la même façon partout. Lors dune première rencontre, lhypnothérapeute rencontre les parents qui expriment le problème de leur enfant. À la deuxième rencontre, le praticien parle directement et en tête à tête avec lenfant : lobjectif étant de discuter précisément de son évaluation personnelle du problème et de son désir profond de guérison.
« Il faut que lenfant estime quil y a un problème. Car parfois, ce que les parents considèrent comme un problème nen est pas un pour le jeune. Et surtout, il faut que le patient accepte dêtre aidé, » complète Jacques Camiré.
Dès lors commence les séances dhypnose. Dans la plupart des cas, quatre ou cinq rencontres suffisent à régler un problème.
« Avec les enfants et les adolescents, le thérapeute utilise limaginaire et la fantaisie pour induire létat hypnotique. On va par exemple demander au patient de fermer les yeux et de visualiser un paysage. Petit à petit, quand on constate quil est en état dhypnose, on utilise les images suggérées et des métaphores pour quil assimile son problème. Dès quil émerge de létat dhypnose, on discute avec lui des parallèles à faire entre les images et la réalité : et cest fascinant de constater à quelle vitesse lenfant comprend » termine Jacques Camiré.
Avec ladolescence, lapproche est plus conventionnelle et le thérapeute fait moins appel à limaginaire mais, il peut, utiliser les préjugé du jeune sur lhypnose. Quel que soit lâge du patient, la base de réussite repose vraiment sur le désir de régler le problème. Un ado qui naime pas lécole et qui sy comporte nimporte comment, nira pas consulter un hypnothérapeute pour lui demander de lui faire aimer lécole ! Par contre, la jeune fille qui est terrorisée par les araignée au point que ça lempêche de faire du camping par exemple, elle va chercher à conjurer sa phobie. Et dans ce cas, ça marche !
Jacques Camiré est pédo-sociologue et hypnothérapeute. Il dirige lÉcole de formation professionnelle en hypnose du Québec à Montréal, en Europe et en Martinique.
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