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L'hypnose n'est pas une science occulte !

Santé

Parents : Documentation : Santé : L'hypnose n'est pas une science occulte !

Pascale Pontoreau

Illustration : © 2001-2003 www.arttoday.com

Comme on évoque l’hypnose, on a tous l’image d’un charlatan qui agite un pendule devant les yeux d’un cobaye. Et pourtant l’hypnose est utilisée depuis des siècles à des fins thérapeutiques. Cette discipline n’a plus à prouver son efficacité et aujourd’hui, elle est pratiquée dans des situations diverses : par la police, pour reconstituer un délit ou un crime ou par la médecine, pour effectuer des interventions chirurgicales avec un minimum de sédation, par exemple.

Au quotidien, l’hypnose peut jouer un rôle majeur dans la rémission de problèmes psychologiques ou induit par des symptômes psychosomatiques : l’agressivité, le stress, les phobies ou l’insomnie. Chez les enfants et les adolescents, cette approche thérapeutique aura des effets bénéfiques en cas d’énurésie (pipi au lit) ou d’hyperactivité, pour ne citer que ces deux réalités.

« Les parents qui viennent nous voir ont, le plus souvent, tout essayé ! Nous sommes leur dernier recours : alors ils s’attendent à des résultats exceptionnels mais, à côté de cela, comme tout a échoué, ils ne sont pas surpris outre mesure par un nouvel échec » explique Jacques Camiré socio-pédagogue et hypnothérapeute depuis plus de 40 ans.

Le taux de réussite d’une thérapie par hypnose dépend de deux éléments : l’importance des préjugés, et surtout, le désir de l’enfant de régler son problème.

« Une fois qu’il est identifié, si l’enfant accepte le problème, admet que s’en est un et accepte de le résoudre, on peut évaluer que plus de 75% des cas traités seront réglés. Ainsi, 75% des enfants de plus de 7 ans qui font pipi au lit, n’auront plus cette difficulté après quelques séances » continue Jacques Camiré.

Bien que chaque thérapeute privilégie une approche qui lui ressemble, on peut dire que les séances se déroulent à peu près de la même façon partout. Lors d’une première rencontre, l’hypnothérapeute rencontre les parents qui expriment le problème de leur enfant. À la deuxième rencontre, le praticien parle directement et en tête à tête avec l’enfant : l’objectif étant de discuter précisément de son évaluation personnelle du problème et de son désir profond de guérison.

« Il faut que l’enfant estime qu’il y a un problème. Car parfois, ce que les parents considèrent comme un problème n’en est pas un pour le jeune. Et surtout, il faut que le patient accepte d’être aidé, » complète Jacques Camiré.

Dès lors commence les séances d’hypnose. Dans la plupart des cas, quatre ou cinq rencontres suffisent à régler un problème.

« Avec les enfants et les adolescents, le thérapeute utilise l’imaginaire et la fantaisie pour induire l’état hypnotique. On va par exemple demander au patient de fermer les yeux et de visualiser un paysage. Petit à petit, quand on constate qu’il est en état d’hypnose, on utilise les images suggérées et des métaphores pour qu’il assimile son problème. Dès qu’il émerge de l’état d’hypnose, on discute avec lui des parallèles à faire entre les images et la réalité : et c’est fascinant de constater à quelle vitesse l’enfant comprend » termine Jacques Camiré.

Avec l’adolescence, l’approche est plus conventionnelle et le thérapeute fait moins appel à l’imaginaire mais, il peut, utiliser les préjugé du jeune sur l’hypnose. Quel que soit l’âge du patient, la base de réussite repose vraiment sur le désir de régler le problème. Un ado qui n’aime pas l’école et qui s’y comporte n’importe comment, n’ira pas consulter un hypnothérapeute pour lui demander de lui faire aimer l’école ! Par contre, la jeune fille qui est terrorisée par les araignée au point que ça l’empêche de faire du camping par exemple, elle va chercher à conjurer sa phobie. Et dans ce cas, ça marche !

Jacques Camiré est pédo-sociologue et hypnothérapeute. Il dirige l’École de formation professionnelle en hypnose du Québec à Montréal, en Europe et en Martinique.


  • Durée : environ 1 heure.
  • Coût (enfant, adolescent) : environ 70$ par séance
  • L’hypnose se pratique dès que l’enfant maîtrise la parole et dispose de capacités d’abstraction : autour de 7 ans (rarement avant 5 ans)
  • La séance d’hypnose est l’approfondissement d’un état de relaxation. Pour y parvenir, le client est semi allongé, il porte des vêtements confortables, la lumière est tamisée. Le thérapeute répètent des paroles de suggestion afin de mettre le patient sous hypnose.
  • L'état d'hypnose thérapeutique s’associe à l'état de veille au sommeil : grande léthargie physique, diminution de l'activité électrique du cerveau et plus grande ouverture du subconscient. La personne hypnotisée entend la voix du thérapeute qui la guide à l'aide de suggestions. À tout moment, si elle le décide, elle peut sortir de cet état et se souvenir sans problème de ce qui s'est passé.

Références :

Petit Prince

Article – Dernière mise à jour le 11/2/2005

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