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Emmanuelle Gril
![]() Photo : Aurélie Delaurière |
Internet, cédéroms, jeux informatiques et vidéo prennent de plus en plus de place dans la vie de nos enfants. Quelle influence ces nouveaux compagnons ont-ils sur le développement de nos bambins?
La mère de Julia soutient que sa petite fille a pratiquement appris à lire sur un ordinateur. «Nous lui avions acheté des cédéroms éducatifs et elle savait déjà s’en servir toute seule dès l’âge de trois ans. J’ai l’impression que le côté interactif lui a permis de réaliser certains apprentissages plus facilement.» Si cette maman semble très satisfaite, il n’en va pas de même pour tous les parents. Beaucoup déplorent que leurs enfants soient littéralement obsédés par les nouvelles technologies telles qu’Internet et les jeux informatiques. À quel moment cela devient-il néfaste? Y-a-t-il une limite à ne pas franchir?
Déjà en 1995, les jeux vidéo et les jeux d’ordinateur étaient utilisés par près d’un enfant sur quatre au pays, selon Statistique Canada. Par la suite, l’arrivée d’Internet a contribué à populariser encore davantage l’utilisation de l’ordinateur auprès d’eux. Aux États-Unis, en moyenne, on estime que les jeunes consacrent 1 h 30 par jour à ces jeux, et qu’ils passent environ une heure sur le Net quotidiennement.
Au Québec, le programme gouvernemental «Brancher les familles sur Internet» a permis à plus de 200 000 d’entre elles d’acheter de l’équipement informatique ou de mettre à niveau celui qu'elles possédaient. Du même coup, le pourcentage des internautes québécois est passé de 34% en janvier 2000 à 45% en décembre de la même année! Les statistiques démontrent que les familles les plus susceptibles de posséder un ordinateur et de naviguer sur le Net sont celles qui ont à la fois des enfants de 5 à 11 ans et des adolescents.
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Apprendre jeune
Selon Louiselle Roy, responsable du projet «La Toile et les jeunes» au Réseau Éducation-Médias, les enfants assistés des parents peuvent utiliser des cédéroms très jeunes, dès l’âge de trois ans. Pour ces bouts de chou, on a généralement recours à des cédéroms ludiques et éducatifs. Toutefois, jusqu’à environ six ans, ils sont généralement plus friands de films et d’émissions télévisées pour enfants.
En vieillissant, entre 8 et 15 ans, les jeunes commencent à se tourner vers des jeux informatiques ou vidéo différents. On retrouve, par exemple, des jeux de guerre, de combats ou de simulations de course. Les filles sont généralement assez peu attirées par ces jeux, à une exception près : la série «Sim». «Dans «Sim City», on doit construire sa propre ville, créer une population, la faire travailler et même scénariser des cataclysmes», résume Louiselle Roy.
Pour ce qui est d’Internet, Mme Roy précise que le Réseau Éducation-Médias a effectué un sondage auprès de plus de 6 000 jeunes de 9 à 17 ans, en mars 2001. «Les résultats nous ont appris que les enfants commencent à utiliser Internet de plus en plus tôt. Certains avaient à peine huit ans lorsqu’ils ont fait leur premières promenades dans le Net. En général, jusqu’à neuf ans, un parent les accompagne dans leurs explorations.»
La communication parents-enfants joue effectivement un rôle essentiel dans cet apprentissage des nouvelles technologies. «Il revient aux parents de mettre à jour leurs connaissances, de discuter avec leurs enfants de leurs activités et de participer à leurs loisirs électroniques. D’autant plus, poursuit Mme Roy, que les jeunes ont fait d’Internet une nouvelle culture et qu’ils l’utilisent d’une façon complètement différente de leurs parents. Pour eux, plutôt que d’être un outil de travail, c’est un lieu où ils peuvent socialiser, s’amuser. Ils se servent principalement des moyens de communication interactifs, ils téléchargent de la musique et des jeux, ils naviguent par plaisir. Bien sûr, ils effectuent aussi de la recherche pour des travaux scolaires. Toujours selon notre sondage, plus de 80% d’entre eux «surfent» régulièrement sur le Net, à la maison, à l’école, à la bibliothèque ou chez un ami», ajoute Louiselle Roy.
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Les bons et les mauvais côtés
Qu’on se rassure. Contrairement à ce que certains avancent, il n’y a pas que des mauvais côtés à l’utilisation du Net et des jeux d’écran.
Plusieurs cédéroms renferment des trésors de connaissances (encyclopédies, dictionnaires). De nombreux autres servent de support à des jeux éducatifs stimulants. Enfin, même les jeux d’action et d’aventures, à l’instar des jeux vidéos, exigent de la précision, de la mémoire, un bon sens de l’anticipation et des réflexes aiguisés. On peut donc dire que les cédéroms peuvent contribuer, sur un mode ludique, au développement psychomoteur des enfants.
Du côté d’Internet, là encore, on peut trouver plusieurs avantages. En plus de la mine de renseignements qu’il renferme, ce moyen de communication permet au jeune de développer un réseau de connaissances.
Globalement, toutes ces expériences aideront les enfants à se familiariser avec le monde de plus en plus informatisé dans lequel ils évolueront.
Comment savoir alors si notre internaute passionné s’éloigne du droit chemin? «Comme dans la vie en général, tout est une question d’équilibre, souligne Louiselle Roy. Lorsqu’un jeune passe trop d’heures devant l’ordinateur ou la télé (jeux de console), lorsqu’il communique peu avec les membres de son entourage, quand l’école l’intéresse moins, qu’il s’isole en jouant ou en «surfant» pendant des heures interminables, il peut y avoir un problème.» Certains enfants semblent en effet incapables de se détacher de l’écran, ne serait-ce que pour aller souper! Dans ce cas, on parle de dépendance et il faut agir pour redresser la situation.
Les règles du jeu
Pour tirer pleinement profit de tous les avantages offerts par les nouveaux médias, tout en évitant ce qui pourrait être nocif pour les enfants, rien de bien compliqué: il suffit de faire preuve de bon sens!
Ainsi, la meilleure chose à faire en tant que parent est d’être présent, de naviguer dans Internet, de jouer avec eux. Inutile d’être constamment à leurs côtés, mais il s’agit d’être attentif à leurs questions, à leurs découvertes. En effet, c’est le dialogue parents-enfants qui est la base de l’éducation aux médias.
En ce qui concerne spécifiquement Internet, on ne devrait pas perdre de vue qu’il représente une ouverture sur le monde. À ce titre, tout comme l’on ne veut pas que son enfant ouvre la porte à n’importe qui, il faut poser certaines règles de sécurité. Par exemple, ne remplir aucun questionnaire ou formulaire sur le Net sans en parler d’abord à un adulte, ne pas ouvrir un courriel qui provient d’un inconnu, etc. En outre, pour éviter que les jeunes ne se retrouvent dans des sites qui ne leur sont pas destinés, on peut aussi se procurer un logiciel qui assurera le filtrage de la navigation. (Pour en savoir plus sur le sujet, cliquez ici)
En règle générale, on devrait avoir un contrôle sur le temps passé à «surfer» sur le Net ou à utiliser des jeux informatiques. Il faut expliquer aux enfants que trop d’heures devant l’écran sont nocives pour la santé et les encourager à pratiquer d’autres activités. Sans être trop sévère, on établit des périodes durant lesquelles ils auront accès à l’ordinateur, tout en ayant soin de planifier un horaire qui conviendra aux besoins de toute la famille.
Pour en savoir plus :
Réseau Éducation-Médias
Enfance et famille Canada