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Les origines de l'Halloween

Loisirs

Parents : Documentation : Loisirs : Les origines de l'Halloween

Andrée Ménard

Photo : G. Fortin

Eh oui! malgré l'ère du village global qui s'annonce, malgré toutes les séductions virtuelles d'Internet, la formule «il était une fois» exerce toujours la même magie dans le creux des jeunes oreilles… Vous vous trouvez à court d'idées? Plus d'histoires à raconter? Les grenouilles et les fées de l'été se désenchantent avec la rougeur des feuilles et cette froide noirceur qui nous précipite aux confins de l'automne? Qu'à cela ne tienne, relancez-vous sur l'Halloween et ses origines dont les versions se multiplient.

Certes, la provenance du mot Halloween fait l'unanimité chez les historiens de service. Halloween date du Moyen Âge, (Ve au XVe siècle), et nous vient du vieil anglais «all hallows» signifiant tous les saints devenue plus tard «Halloween» qui veut dire simplement «soirée de fête». Où les versions s'entrecoupent et se confondent, c'est lorsque l'on se penche sur le dossier des origines et des pratiques de cette fête remontant à la nuit des temps, bien avant l'ère chrétienne… Et le temps qui se permet tout nous offre aujourd'hui autant de variantes que vous pouvez narrer, adapter, enjoliver au grand ravissement des oreilles d'un jeune public amateur de petits ou gros frissons.

Sorcières et Sabbats
Photo : G. Fortin

Au Moyen Âge vécurent des femmes que l'on appelait sorcières. Elles vouaient un culte au diable et exerçaient des pratiques de magie et de sorcellerie qui fascinaient et terrifiaient l'imaginaire populaire. Les Sabbats étaient des rencontres annuelles où elles échangeaient grimoires et préparations d'araignées et de bave de crapaud. Certaines de leurs «potions magiques» étaient fabriquées à partir de drogues hallucinogènes puissantes, leur faisant croire qu'elles volaient dans les airs, et comme elles se servaient de balais pour contenir le feu, la légende se répandit que les sorcières volaient en chevauchant leur balai enchanté. Évidemment, le Sabbat le plus couru était celui d'Halloween auquel les sorcières se rendaient en volant sur des balais magiques…

Coutumes et croyances
Photo : G. Fortin

Cette fête fut de tout temps associée à l'arrivée du mois de novembre, à la fin des récoltes et au passage d'une saison d'abondance à une autre plus froide, aux présages de privations, voire de disette. Chez les Romains, c'était là une ultime occasion de réjouissances. Les récoltes terminées, ils se régalaient de pommes et de noix qu'ils faisaient rôtir sur d'immenses feux de joie. La coutume celtique en était une où se confondaient plaisirs et frayeurs. Chez les Celtes, peuple qui vécut jadis en France et dans les îles Britanniques, il existait une fête appelée Samhain, (on ne s'entend pas sur la signification de Samhain: «Dieu des morts» ou «fin de l'été»). La fête de Samhain coïncidait avec la fin de la saison fertile. Les Celtes croyaient que les esprits des fruits et des légumes se ralliaient aux fantômes des morts et venaient visiter la terre. La célébration des récoltes se confondait avec la frayeur provoquée par ce retour des esprits et des démons dispensant malheurs et calamités.

Les druides allumaient de grands feux et officiaient des cérémonies, revêtant de longues robes blanches, se faisant ainsi passer pour des fantômes afin de tromper les esprits maléfiques. On raconte même que les Celtes sacrifiaient des animaux et disposaient offrandes et victuailles à leur porte pour apaiser la malveillance des âmes errantes. Brrr! Pendant que les druides et les druidesses éloignaient les trouble-fête de l'au-delà, les jeunes villageois se costumaient, se maquillaient et dansaient en portant des lanternes fabriquées avec des navets évidés.

Où tout se confond - réjouissances et frayeur des morts, déguisements et mauvais sorts -, c'est au détour de l'ère chrétienne. L'Église n'appréciait guère le parfum païen de cette fête ancestrale. Stratèges opportunistes, les pontifes firent une tentative de récupération, alliant la fête de Samhain avec celle de tous les Saints. C'est donc un mélange de coutumes celtes et romaines christianisées que nous apportèrent en partage les Irlandais immigrés aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. La citrouille évidée et sculptée a remplacé la lanterne de navet. Les traditions celtiques sont devenues la fête américanisée que nous connaissons de nos jours.

Mais au delà de tout ce cirque, parfois bien mercantile, s'invente le plaisir, toujours inédit, de se transformer, du haut de ses quatre ans, en sorcière terrifiante ou en monstre dégoûtant. Bientôt, vous les verrez envahir les rues paisibles de votre quartier. Ils sonneront à votre porte, audacieux et farauds, profanant l'autorité tranquille des «grands», méprisant la prescription des légumes verts, réclamant pour quelques heures le règne des bonbons et le plaisir indicible de vous faire peur…

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