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Unicef : une histoire d'amour et de sous...

Vie de famille

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Mélanie Thivierge

Le saviez-vous? Bien avant d’être la fête des monstres, des sorcières et des vampires, le 31 octobre est la Journée nationale de l’UNICEF. Cette initiative du gouvernement canadien vise à reconnaître l’apport des dizaines de milliers de petits Canadiens qui, chaque année, se promènent tirelire au cou le soir de l’Halloween afin de recueillir le maximum de sous pour les enfants du monde. Votre enfant sera-t-il de la partie le 31 octobre prochain? Voici mille bonnes raisons d’entrer dans la ronde et de l’encourager à faire sa part.

D’abord, les bonnes nouvelles. Depuis 1990, un million d’enfants de plus survivent chaque année au-delà de leur cinquième anniversaire de naissance, la poliomyélite est sur le point d’être éradiquée et la vaccination a réduit de 85% les décès par rougeole et des deux tiers les décès par tétanos néonatal. On serait tenté de croire que tout va donc pour le mieux dans les pays défavorisés. Toutefois, pour penser ainsi, il faudrait être bien naïf. Il faudrait ignorer les 12 millions d’enfants de moins de cinq ans qui meurent encore chaque année de maladies facilement évitables. Il faudrait également fermer les yeux devant les 160 millions d’autres qui souffrent de malnutrition grave. Croire que la partie est gagnée, ce serait aussi ne pas se soucier des 160 millions d’enfants d’âge scolaire, majoritairement des filles, qui ne fréquentent pas l’école. Et surtout, ce serait taire l’existence du virus du sida, qui fait chaque année 35 millions d’enfants orphelins et qui menace considérablement tous les gains enregistrés jusqu’à ce jour.

Photo : Unicef Canada

Non, la vie n’est pas rose pour les enfants des pays en développement. C’est pourquoi le Fonds international de secours à l’enfance des Nations Unies (UNICEF) travaille d’arrache-pied dans plus de 150 pays à l’amélioration des conditions de vie des tout-petits. Comme le précise Marquis Giguère, directeur général d’Unicef Québec, «2 millions d’enfants qui meurent chaque année dans le monde, c’est 32 000 par jour, c’est un enfant chaque trois secondes. À ce rythme-là, la ville de Montréal serait complètement éliminée en un mois!» L’Unicef œuvre donc directement auprès des enfants dans des secteurs tels les soins de santé primaires, l’éducation de base, l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Une mission louable qui ne date pas d’hier…

Les femmes et les enfants d’abord!
En 1946, l’Europe est ravagée par la guerre. Les besoins des femmes et des enfants sont criants et nécessitent une intervention immédiate. L’urgence de la situation mènera à la création de l’Unicef, organisme apolitique dont la préoccupation première sera d’assurer le bien-être des enfants et des femmes, principalement dans les pays défavorisés. De fil en aiguille, l’organisme concentrera ses actions à satisfaire les besoins des membres les plus pauvres et les plus vulnérables de la société. D’intervenant en situation d’urgence, l’Unicef deviendra rapidement l’organisme chargé par l’Assemblée générale des Nations Unies de défendre de façon permanente et assidue les droits des enfants, d’aider à répondre à leurs besoins essentiels et de favoriser leur plein épanouissement, et ce, sans exercer de discrimination.

Depuis 1990, l’Unicef est guidé par la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, un traité adopté par l’Assemblée nationale des Nations Unies. Cette convention définit les droits individuels fondamentaux reconnus aux enfants du monde entier et donne une vision d’ensemble du travail qui doit être accompli afin de leur permettre de s’épanouir. Ratifiée par 191 pays depuis son adoption le 20 novembre 1989, la Convention se veut la fondation pratique, philosophique et morale sur laquelle s’appuie l’Unicef pour accomplir son travail.

Photo : Unicef Canada

Et les sous?
Si, au cours des 50 dernières années, l’Unicef a pu travailler à réduire les disparités dans l’accès aux services essentiels pour les enfants, c’est entièrement grâce aux contributions volontaires des gouvernements, notamment de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), des organismes et du grand public. Il s’agit là du seul financement de l’Unicef, c’est donc dire si la fameuse tirelire orange de votre enfant a son importance!

Chez nous, Unicef Canada a pour mandat de recueillir des fonds pour soutenir les différents programmes internationaux et d’appuyer ses bénévoles, ressource précieuse et véritable pilier de l’organisme. Son financement se fait d’abord par le biais d’activités commerciales. Sans doute avez-vous déjà eu vent des fameuses cartes de vœux de l’Unicef et de ses nombreux articles cadeaux, une façon pour le moins altruiste de faire des heureux à l’occasion d’un anniversaire ou durant la période des fêtes. Cette activité de financement constitue la part la plus importante des recettes d’Unicef Canada, ce qui équivaut à environ  30% de l’ensemble des revenus ou 5 millions$ par année. Et soyez sans crainte: c’est un peu plus de 50% du produit de la vente de ces cartes qui est distribué directement aux enfants dans le besoin. D’ailleurs, grâce à l’appui de ses bénévoles, qui sont au nombre de 40 000, Unicef Canada parvient à maintenir ses coûts administratifs à moins de 10%! Une statistique des plus rassurante pour quiconque doute de l’efficacité des organismes de charité…

Mais les cartes, ce n’est pas tout! Unicef Canada recueille également des fonds grâce à ses activités de bienfaisance, la plus connue étant bien sûr la campagne d’Halloween. Le 31 octobre de chaque année, c’est près de 2 millions de petits Canadiens du niveau primaire, dont 550 000 Québécois, qui mettent leurs efforts à contribution au profit de leurs semblables à l’avenir moins prometteur. Ensemble, ils parviennent à recueillir quelque 3 millions$, ce qui équivaut à plus ou moins 2$ par tirelire. Pourquoi si peu? «Les gens ont encore en tête les sous noirs, explique Marquis Giguère. Il est vrai qu’Unicef insiste sur le fait que chaque sou fait la différence, ce qui reste vrai encore aujourd’hui, mais lentement, nous commençons à inviter les gens à donner des sous blancs!» Quant aux établissements scolaires, c’est environ 60% des écoles canadiennes et 75% des écoles québécoises qui adhèrent à la campagne, y voyant là une occasion extraordinaire de discuter de coopération internationale avec les élèves et de les sensibiliser aux inégalités sociales. Pour les autres, Marquis Giguère nous assure qu’il retourne les courtiser chaque automne, espérant chaque fois faire grimper le pourcentage d'adhérents!

Savoir donner… et bien dépenser
Il n’est pas simple de convaincre des donateurs quand il est question d’aide humanitaire internationale. Durant certaines périodes plus critiques, comme les récents appels d’urgence lancés par l’Éthiopie, le Kosovo ou le Timor oriental, les règles tendent à s’assouplir et les gens semblent être davantage prêts à fouiller dans leur portefeuille pour aider les enfants de «l’autre bout du monde». Mais, avouons-le, ce n’est pas toujours naturel d’agir ainsi pour les Québécois et les Canadiens qui sont, règle générale, plus sensibles au sort des enfants de leur coin du monde. «Il faut faire preuve de beaucoup de persuasion, poursuit Marquis Giguère. Je ne peux pas prendre par la main un donateur potentiel et l’amener visiter les enfants à qui il sauvera la vie, comme on peut le faire avec des enfants malades de chez nous. Donner pour l’international, c’est un peu comme poser un acte de foi.»

Photo : Unicef Canada

À défaut de voir et de toucher les enfants, il est primordial de s’attarder attentivement aux réalisations de l’Unicef. On constate alors que la réputation sans faille de l’organisme s’est bâtie sur du concret, sur des accomplissements tangibles et solides. Bien vite, on s’aperçoit combien les gens sur le terrain font beaucoup avec peu, et c’est à ce moment que l’on prend conscience que notre huard peut faire la différence… À titre d’exemples, mentionnons que 10¢ permet d’acheter, au choix, un litre d’eau potable, une savonnette ou deux cahiers, et qu’un 25¢ permet d’acheter des capsules de vitamines A qui protégeront 10 enfants de la cécité. Quant au fameux huard, il permet de vacciner 12 enfants contre la rougeole ou d’acheter trois sachets de graines de laitue. Devant de tels chiffres, rien à redire, sinon qu’ils peuvent aider à faire prendre conscience à vos petits monstres costumés de l’importance de leur geste!

C’est en effet dès leur plus jeune âge que nous devons ouvrir les enfants à la vastitude du monde et à tous ces problèmes inhérents à la surpopulation, à la pauvreté et aux inégalités sociales. Insister pour que votre marmaille présente sa tirelire orange le soir de l’Halloween, c’est bien. Lui expliquer l’importance et l’impact du geste qu’elle pose, c’est encore mieux… Qui refuserait en effet de faire sourire un enfant, même s’il est à l’autre bout du monde?

Les cartes de voeux et les articles cadeaux de l’Unicef sont en vente dans les boutiques Unicef, dans plusieurs centres commerciaux du Canada ainsi que dans plusieurs magasins La Baie, Jean Coutu, Ikea et Pier Import. Pour faire un don ou pour devenir bénévole, rendez-vous sur le site Internet d’Unicef Canada ou composez le (514) 288-5134.

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