L'aventure de Roger
C'est une histoire qui est arrivée à un garçon, Roger, et à son petit frère surnommé "Couche-tard". Roger a dix ans. Il se croit bon et même meilleur que tous ses amis, mais en fait il a peur de tout. Couche-tard, se surnomme ainsi parce qu'il ne veut jamais se coucher tôt. Il écoute la télévision chaque soir pendant une heure et demie puis il prend tout plein de collations : des chips et, sa collation préférée, des barres de chocolat parfumées aux cerises. C'est pour ça qu'il est excité et un peu grassouillet. De plus, Couche-tard s'habille drôlement. Il porte des vêtements légers l'hiver et des vêtements chauds l'été.
C'est aujourd'hui vendredi 31 octobre 1999, jour de l'Halloween. Roger a fini ses cours à l'école du Bois-Brûlé. Il va chercher son petit frère à l'école du Bois-Fumé. Sur le chemin du retour, ils décident de s'arrêter dans le parc des Arbres Grimpants pour jouer avec les balançoires.
Roger se balance tranquillement. Il est en train de penser au déguisement qu'il portera ce soir. Tout à coup, juste à côte de lui, apparaît une grosse et vieille maison en bois. Elle est laide, pleine de toiles d'araignées et de substances gluantes vert fluorescent.
Roger regarde avec ses grands yeux et, un peu craintif mais trop curieux, il entre dans cette maison sortie de nulle part. Pendant ce temps, son petit frère Couche-tard qui continue à se balancer, s'aperçoit que Roger a disparu. Étonné, il se dirige vers la balançoire où il a vu son frère pour la dernière fois. Rien ne se passe et rien ne paraît suspect.
Couche-tard ne comprend rien. Il se dit qu'il va prendre une barre de chocolat parfumée aux cerises pour mieux réfléchir à la situation. Le chocolat fond dans sa bouche. Couche-tard ne pense même plus à son grand frère. Il s'assoit sur la balançoire que Roger avait prise la dernière fois qu'il l'a vu et se berce lentement en se suçant les doigts tout pleins de chocolat
Pendant ce temps, Roger est entré dans la maison. Il fait un froid glacial. Il sent une odeur de vieux bois brûlé. En plus, il neige et il a froid. Il se retrouve devant deux portes fermées. Sur l'une d'elle, un gros oeil rouge traversé d'une ligne verticale noire est dessiné dessus. Sur l'autre, est dessiné un labyrinthe. Roger est inquiet et il ne sait pas quoi faire. Il réfléchit, il réfléchit longtemps.
Une heure plus tard, une voix venue de nulle part lui dit : «Prends le labyrinthe et trouve la sortie. Si tu décides d'ouvrir l'autre porte d'à côté, celle qui a un oeil dessus, tu devras affronter ta plus grande peur tout seul et tu ne pourras plus m'entendre!» Roger, tout effrayé, répond à cette voix sinistre : «Qui parle? Qui parle?» La voix lui dit : «C'est moi! Dépêche-toi d'agir et ne sois pas têtu!»
Roger ne fait pas confiance à cette voix de fantôme. Il choisit alors d'ouvrir la porte avec l'œil dessiné dessus. Il n'a qu'une envie, c'est de se sauver pour retrouver son frère, le parc et sa maison. La porte ouverte, il est devant un chemin étrange. Ce chemin est glacial, il a très froid, C'est l'hiver. Il marche quelques minutes sans trop savoir où mène ce chemin puis entend des bruits de pas qui s'approchent de lui. Ce sont des craquements qui ressemblent à des pas de géant.
Affolé, Roger court se mettre à l'abri dans une grotte qu'il aperçoit au loin. Au bout d'une minute, il ouvre les yeux, encore effrayé. Il regarde derrière lui et que voit-il ? Un oeil énorme tout rouge traversé d'une ligne verticale noire au milieu d'une tête effrayante.
C'est un cyclope. Il en est sûr car il en a déjà vu dans des films d'horreur. Il est devant sa plus grande peur. Le cyclope s'approche de Roger qui veut crier mais il se retient. Il ne sait pas quoi faire. Il se dit qu'il devra affronter la plus grande peur de sa vie.
Pendant ce temps, Couche-tard, qui finit sa troisième barre de chocolat aux cerises, décide de tâter l'endroit où son frère a disparu, avec ses grands bras et tout son corps. Il ne voit rien de spécial mais il sent une poignée de porte dans sa main. Il la tourne et ouvre une porte qu'il commence à distinguer. Il voit, sur le sol, des traces de pas dans la neige qui vont vers une porte avec un oeil dessiné dessus.
Couche-tard se dit que ce sont les pas de son frère. Il trouve étrange qu'il fasse aussi froid en plein automne. Il pense à son frère qui doit avoir très froid lui aussi. Il ouvre la porte, entre et continue de suivre les traces de pas qui vont vers une grotte. Une fois à l'intérieur, il voit son pauvre frère pétrifié devant un géant. Il reconnaît un cyclope parce que, lui aussi, avait vu le même film d'horreur que son frère.

Couche-tard chuchote : «Roger, Roger, c'est moi Couche-tard». Roger se retourne et, surpris de voir son frère, se dépêche de lui répondre : «Couche-tard, allons-nous-en; c'est trop risqué d'affronter ce cyclope.» Mais Couche-tard dit à Roger : «Nous n'aurons pas le temps de nous sauver, il nous a vus. Reste-là; je vais t'aider à affronter ta peur.» Soudain, Roger a une idée. Il dit à Couche-tard : «Passe-moi ta ceinture et ton foulard, vite!» Il les noue et court attacher les pieds du cyclope avec. Le cyclope commence à grogner et, en voulant attraper les deux frères, il essaye de faire un pas et tombe dans un grand "boum!" entouré d'un gros nuage de poussière.

Les deux frères se mettent à courir de toutes leurs forces. Ils arrivent devant la porte avec le gros oeil dessiné dessus et sortent à toute vitesse en refermant la porte. Une voix leur dit: «Bravo Roger, tu as affronté ta peur. Bravo Couche-tard, tu as aidé ton frère. Pourtant je suis déçu, Roger, tu ne m'as pas écouté. Maintenant, prenez le labyrinthe et faites vite, la sortie s'y trouve.»
Les deux frères ouvrent la fameuse porte et entrent. Ils se retrouvent devant le labyrinthe qui affiche à l'entrée : «Bienvenue en l'an 3336». Ils comprennent qu'ils doivent passer dans le futur pour retrouver le présent. Ils entrent donc et voient un faucon qui leur dit : «Suivez-moi, je peux vous indiquer la route puisque je vole». Roger et Couche-tard comprennent que la voix qu'ils entendaient était celle du faucon et que ce dernier, en survolant le labyrinthe, peut voir le chemin à suivre pour trouver la sortie.
Sans discuter, ils suivent le faucon en courant. Ils se dirigent à gauche, puis à droite, puis tout droit. Ils passent ensuite une porte et se retrouvent dans le parc des Arbres Grimpants, tout près de la balançoire sur laquelle ils s'étaient assis avant ce périple. Le faucon vole au-dessus des deux frères puis disparaît à l'horizon tandis que la maison disparaît à son tour dans un bruit effrayant qui ressemble à une explosion.

Roger et Couche-tard sont essoufflés mais contents. Ils sautent de joie, rigolent et se font une accolade. Ils marchent à vive allure en se tenant par la main pour rentrer chez eux et vont directement dans la chambre de Couche-tard pour s'offrir des barres de chocolat aux cerises afin de célébrer leur joie. Ils parlent longuement de ce qui leur est arrivé et se disent qu'il vaut toujours mieux affronter ses peurs et écouter les bons conseils. Roger, qui trouve toujours à dire des méchancetés sur son frère parce qu'il est trop gros, parce qu'il mange toujours et, parce qu'il s'énerve souvent, cette fois-ci, le félicite pour son courage et son esprit d'entraide. Depuis, ils sont inséparables et s'adorent, chacun avec son caractère… et ses défauts.