Le fantôme de Jean

Par Josée Charbonneau

Illustration : Sylvie Julie Gauthier
Jean sortit de chez lui ce matin-là en sifflotant. Au-dessus de lui, brillait le soleil et à part quelques nuages ça et là, le ciel était tout bleu. Jean tourna le coin de la rue lorsque soudain, il aperçut un immense fantôme noir suspendu au-dessus de sa tête. Jean se mit à crier, tourna les talons et s'enfuit à toute vitesse. Il courut ainsi jusqu'au petit bois non loin de chez lui. Son cœur cognait très fort dans sa poitrine. Jamais il n'avait eu si peur.

Un peu essoufflé de sa course, Jean s'arrêta quelques instants. Son attention fut attirée par un bruit tout près de lui. Il vit un arbuste se trémousser. Peu rassuré, Jean s'approcha pour voir ce qui se passait. Il tomba nez à nez avec un aigle. Il faut bien le dire, un énorme aigle. Jean fut si surpris qu'il tomba assis par terre. Ce n'était décidément pas sa journée. L'aigle en s'approchant de lui, lui dit:

- N'aie pas peur petit, je ne te ferai pas de mal.

Jean était si impressionné qu'il n'osa pas parler. L'aigle l'aida à se relever et se présenta:

- Je m'appelle Monsieur Voitou et toi?
- Jean, répondit ce dernier.
- Eh bien mon cher Jean, dit Monsieur Voitou, que dirais-tu de voler avec moi?

Jean avait très envie de voler dans le ciel mais en même temps, cela lui faisait peur. Après avoir réfléchi quelques instants, il décida de calmer ses peurs, d'écouter son cœur et accepta l'invitation de Monsieur Voitou.

Jean prit place sur le dos de l'aigle. Monsieur Voitou déploya toutes grandes ses ailes et prit son envol dans l'immensité du ciel bleu. Jean n'en croyait pas ses yeux. Il pouvait voir très loin et tout était si petit vu d'en haut. Sa maison était à peine plus grosse qu'une pomme.

Jean aperçut tout à coup une tache noire suspendue à la fenêtre de la maison de Madame Sylvestre. C'était l'immense fantôme qui lui avait fait peur. Il décida alors de raconter son aventure à Monsieur Voitou.

Monsieur Voitou lui dit:

- Allons voir cela de plus près.

Jean, encore une fois, n'était pas très rassuré mais il se sentait en sécurité avec Monsieur Voitou. L'aigle s'approcha tranquillement de la maison de Madame Sylvestre. Jean vit que cette dernière était penchée à sa fenêtre, affairée à ramasser l'horrible fantôme noir. Elle ne semblait pas avoir peur. Et pour cause, ce que Jean avait pris pour un fantôme n'était qu'un simple drap noir.

Jean fut si soulagé qu'il se mit à rire. À son tour, Monsieur Voitou se mit à rire aussi. La promenade dans le ciel était terminée et l'aigle atterrit tout en douceur. Jean remercia son nouvel ami pour cette belle envolée. Avant que Jean ne le quitte, Monsieur Voitou lui dit:

- N'oublie jamais petit que la peur d'une chose est souvent pire que la chose elle-même.



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