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Instituts de recherche en santé du Canada
(EN) Autrefois, on faisait peu de cas des coups à la tête reçus par les enfants en jouant au soccer ou en faisant de la planche à roulette: on les consolait un peu avant de leur permettre de continuer à jouer. Cependant, une nouvelle étude canadienne révèle que même une commotion cérébrale légère chez l'enfant doit être traitée en «reposant» son cerveau, faute de quoi son comportement ou ses habilités scolaires pourraient en souffrir à long terme.
«Il n'existe aucune pilule «anticommotion» - la clé de la guérison réside dans le «repos» du cerveau», explique le Dr Ellemberg.
Le Dr Ellemberg précise que les enfants ayant subi une commotion légère en faisant du sport ne devraient pas retourner jouer avant d'avoir passé une semaine complète sans aucun symptôme. Ils devraient aussi éviter les activités mentales exigeantes - comme l'école et les jeux intenses - pendant cette semaine.
«On avait toujours cru que les cerveaux en développement des enfants se remettaient plus vite de leurs blessures que les cerveaux adultes. Mais certaines données portent à conclure que le cerveau des enfants serait plus sensible aux effets d'une commotion», a déclaré le Dr David Ellemberg, neuropsychologue de l'Université de Montréal.
Le Dr Ellemberg est engagé dans la première étude à grande échelle réalisée dans le monde sur les effets des commotions cérébrales chez les enfants. Le projet d'une durée de cinq ans financé par les Instituts de recherche en santé du Canada portera sur l'étude de cas de commotion cérébrale chez plus de 200 enfants de la région de Montréal. Déjà, les résultats préliminaires obligent à réévaluer les effets d'un coup à la tête pour les enfants.
Dans un cas, le Dr Ellemberg et ses collègues ont étudié l'activité cérébrale d'une fillette de huit ans lorsqu'elle est tombée à la renverse sur la tête en jouant au soccer. Elle n'a subi qu'une légère commotion, sans perte de conscience. Néanmoins, la blessure a perturbé l'activité électrique de son cerveau pendant presque un an.
«Nous savons que quelque chose est arrivé aux cellules cérébrales. En général, les neurones réagissaient moins vite», affirme le Dr Ellemberg.
Cela s'est traduit par des difficultés de concentration pour la fillette. Le Dr Ellemberg précise que ce changement peut passer inaperçu chez les adultes. Mais puisque les enfants sont constamment en train d'apprendre, même un léger déficit d'attention peut avoir des effets marqués. Dans ce cas particulier, la fillette a eu des problèmes scolaires pour la première fois de sa vie.
Les cinq principaux symptômes de commotion sont:
Le Dr Ellemberg souligne que ces résultats ne signifient pas qu'il faut empêcher les enfants de faire du sport et d'autres activités. Ils indiquent plutôt que les parents et les entraîneurs doivent être à l'affût des symptômes de commotion et donner aux jeunes cerveaux une chance de se rétablir.
«En prenant les précautions adéquates après une commotion, nous pouvons réduire considérablement les effets sur le cerveau», conclut le Dr Ellemberg.