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Dre Mélissa Généreux
Selon une nouvelle étude ayant des répercussions à léchelle internationale, le fait dhabiter près des autoroutes urbaines est associé à des effets néfastes chez les femmes enceintes et leurs nouveau-nés.
Dans lédition du mois daoût du Journal of Epidemiology and Community Health, des scientifiques de lUniversité de Montréal et de la University of South Australia révèlent que les femmes habitant à proximité des autoroutes sont plus vulnérables à la pollution produite par la circulation routière particulièrement les femmes qui habitent dans des quartiers aisés.
«Notre étude a révélé que chez les mères qui habitent dans des quartiers aisés, celles qui vivent à 200 mètres ou moins dune autoroute, courent un risque accru de 58% daccoucher dun enfant prématuré, comparativement aux mères qui habitent loin dune voie rapide. De plus, le risque daccoucher dun enfant avec une insuffisance de poids comparativement aux mères qui habitent loin dune autoroute augmente aussi de 81%», affirme la principale auteure de létude, la Dre Mélissa Généreux, qui a mené la recherche au Département de médecine sociale et préventive de lUniversité de Montréal.
En utilisant des données tirées du registre des naissances du Québec, léquipe de recherche a évalué les statistiques rattachées à 100 000 nouvelles naissances enregistrées sur une période de cinq ans. Les scientifiques se sont concentrés sur les données de la deuxième grande ville canadienne, soit Montréal, où les autoroutes traversent tant des quartiers nantis que pauvres.
Létude est la première à examiner la proximité à la pollution comme cause des effets néfastes sur les naissances.
Les scientifiques ont découvert que les mères qui habitent à 200 mètres ou moins des autoroutes importantes et particulièrement les femmes habitant dans des quartiers où le niveau socioéconomique est élevé sont plus susceptibles de donner naissance à des bébés prématurés, petits ou de faible poids.
«Les mères des milieux aisés peuvent être plus vulnérables à la pollution produite par la circulation routière, sans doute parce quelles ont été moins en contact avec les autres risques présents dans les quartiers à faible revenu, poursuit la Dre Mélissa Généreux, qui est également résidente à Hôpital Maisonneuve-Rosemont, un établissement affilié à lUniversité de Montréal. Nous avons établi une association disproportionnellement élevée entre le fait dhabiter près dune autoroute et les complications à la naissance chez les mères nanties.»