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Claire Leduc, travailleuse sociale et thérapeute conjugale et familiale
La fessée est un sujet controversé. Certains croient qu’elle est normale et même nécessaire surtout auprès d’enfants qui présentent des troubles majeurs du comportement. Pour ses tenants, cette forme de punition est vue comme un moyen efficace de corriger les comportements déviants comme la violence, les crises et les désobéissances à répétition. C’est le moyen fréquent des parents et éducateurs de type autoritaires qui appliquent les règles des traditions ancestrales.
Prenons l’exemple d’un enfant qui vit des difficultés d’apprentissage en classe et qui s’excite régulièrement ce qui dérange l’enseignant et ses copains. Lors du retour à la maison, les parents constatent qu’une fois de plus, il n’a pas apporté son agenda. Sa petite sœur le taquine et vlan, il la frappe. Le téléphone sonne; c’est le directeur de l’école qui convoque les parents pour établir un plan d’action. La tension est à son comble. Le jeune insulte parents, sœurette et même le directeur. Selon le modèle autoritaire, le père pourrait donner une bonne claque au visage de l’enfant en l’enjoignant de se taire.
Contrairement à la croyance populaire, frapper ne fait qu’attiser la violence de l’enfant. Si l’enfant obéit ou se tait subitement, ce n’est que par crainte. La compréhension est absente et le lien de confiance se rompt. Un enfant qui reçoit une fessée nourrira de l’amertume envers le parent et ce, même si le lien affectif entre eux est fort.
En voulant bien faire, d’autres parents pourraient vouloir prendre le temps d’écouter le jeune cherchant à comprendre son comportement. Par contre, si l’on ne fait qu’écouter un enfant qui se désorganise, aucun changement n’est possible puisqu’on ne lui enseigne pas le sens de sa responsabilité. Souvent même les parents trop permissifs finissent pas perdre le contrôle et deviennent, par sentiment d’impuissance, violents à leur tour. C’est le chaos.
Heureusement, les nouvelles connaissances concernant le développement de l’enfant, l’éducation, le travail social et la psychoéducation nous permettent d’agir autrement et de mieux répondre aux besoins de l’enfant tout en favorisant l’harmonie familiale. C’est ainsi que le Parent entraîneur propose un modèle qui repose sur la transmission des valeurs. Ce modèle met en lumière que la première valeur que les parents désirent transmettre à leurs enfants est le respect donc la non-violence.
Le parent qui adhère à ce modèle cherche à favoriser l’autonomie de son enfant c’est-à-dire le sens de la responsabilité de tous ses gestes. Il manifeste de l’affection à son enfant tout en assurant sa santé et sa sécurité. Pour ce parent, l’éducation est fondamentale. Cela comprend entre autres des règles de vie en société et la maîtrise de soi.
Pour y arriver les parents doivent être constants et bien encadrer leurs enfants. Les exigences doivent être clairement établies surtout si le jeune présente des troubles de l’affectivité et du comportement. Par exemple: la politesse en tout temps, pas de crises, pas de coups, écrire le travail scolaire à faire dans l’agenda, jouer avec la petite sœur 15 minutes quotidiennement. Et malgré leurs airs arrogants du début, les jeunes en difficulté acceptent et progressent par cet encadrement; ils réalisent et verbalisent que l’harmonie familiale s’installe et en retirent des bienfaits.
Bien entendu, il arrive que des crises surviennent encore; pour demeurer cohérent, il m’apparaît utile de donner aux parents les moyens suivants pour amener un jeune à se maîtriser.
Au début, vous le regardez dans les yeux et prenez ses mains puis exigez qu’il se calme. Si la crise s’amplifie, vous pouvez alors l’asseoir sur vos genoux, le dos contre votre poitrine, tenir ses bras, enlever ses chaussures si les coups de pieds vous blessent et attendre qu’il se calme sans discuter avec lui. Cette technique s’appelle l’arrêt d’agir. Généralement au bout d’une quinzaine de minutes, l’enfant se calme. C’est à ce moment seulement que vous pouvez le laisser aller. S’il est prêt à un dialogue, vous pouvez lui expliquer pourquoi il ne doit pas faire de crises. Après quelquefois, les crises et les coups disparaissent et l’enfant arrive à exprimer ses besoins avec des mots. Il accepte mieux les consignes comme aider et bien travailler en classe. Il se sent aimé par ses parents car ceux-ci ont le courage de bien l’éduquer tout en l’aidant à résoudre ses problèmes.
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