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Il défie l'autorité!

Le courrier du Parent entraîneur

Parents : Chroniques : Le courrier du Parent entraîneur : Il défie l'autorité!

Claire Leduc, travailleuse sociale et thérapeute conjugale et familiale

Mon enfant défie continuellement mon autorité. Il connaît et comprend la consigne, mais choisit délibérément de ne pas la respecter. Que puis-je faire pour améliorer la situation?

Certains enfants développent ce que l’on appelle un trouble de comportement d’opposition systématique. Quoique le parent veuille, l’enfant se rebelle avant même qu’il ait pu finir de parler. Il s’en suit un jeu d’action-réaction épuisant et destructif pour la famille. Les ennuis au service de garde et en classe s’amplifient.

En général, les enfants qui agissent ainsi ont beaucoup d’énergie et de force de caractère. Parfois, ils se croient tout-puissants. Très sûrs d’eux, ils souhaitent se passer des adultes le plus souvent possibles. Cela peut aussi exprimer un désarroi lié à un manque de confiance envers les adultes. Ce genre de réaction se manifestant parfois au moment de la séparation des parents ou d’une surcharge de travail de l’un ou l’autre des parents. L’enfant surévaluant ainsi sa propre capacité de se débrouiller dans la vie, de crainte d’être négligés ou abandonnés.

Si vous reconnaissez votre enfant, voici quelques conseils pour vous aider à améliorer la situation:

  1. Bien observer et écouter son enfant

    Depuis quand est-il ainsi? S’est-il passé un événement troublant ou une situation compliquée à cette époque? Que vous dit l’enfant? Se sent-il injustement traité ou s’ennuie-t-il de l’un de ses parents? Comprend-il vraiment la valeur fondamentale (respect, partage, hygiène) sous-jacente à vos demandes?

  2. Rétablir la confiance

    Installez un dialogue quotidien d’au moins quinze minutes, pour créer un lien de confiance. S’il s’obstine dès le début, offrez-lui un massage. Plus détendu, il pourra mieux s’ouvrir à vous. Testez l’impact de vos sentiments sur lui. «Sais-tu que Papa et Maman t’aiment beaucoup et font de leur mieux pour bien t’élever?» C’est alors que l’enfant pourra vous exprimer ce qui au fond de lui-même l’affecte. Cela peut prendre quelques jours et vous demandera de la constance pour maintenir le contact. Aussi, il est important de bien expliquer à l’enfant que nos demandes proviennent du désir d’améliorer le bien commun ainsi que le sien. Tout petits, les enfants comprennent bien ces notions. Il peut exister un problème à régler dans la famille ou à l’école (harcèlement ou jalousie). Si vous y voyez, votre enfant vous sera reconnaissant et diminuera son opposition.

  3. Établir votre autorité parentale

    Une fois en contact profond avec votre enfant et la confiance restaurée, il est important de lui expliquer qu’il fait partie de vos responsabilités de l’éduquer. C’est pourquoi vous exigez de lui qu’il arrête de s’opposer systématiquement. Vous pouvez convenir d’un programme en 5 points tels que j’en ai déjà parlé dans une chronique antérieure. Les enfants comprennent bien l’importance d’arrêter ce comportement désagréable. En mettant votre doigt sur votre bouche ou la sienne, vous passez le message de façon impérative. C’est une forme d’arrêt d’agir. Ils constatent les effets négatifs, mais ne savent comment s’en sortir. L’affirmation de votre responsabilité parentale les rassure.

  4. Reconnaître leurs progrès et les vôtres

    Je connais des enfants qui ont arrêté de s’opposer systématiquement et sont fiers de leur nouvelle maîtrise d’eux-mêmes. L’un d’eux m’a dit: «C’est bon pour l’harmonie familiale. Mes parents ne nous crient plus après. Je peux rester à la même école, car les enseignants me trouvent sympathique maintenant.» Lorsque les parents expriment leur bonheur retrouvé, cela encourage vraiment leurs enfants. Les parents qui y arrivent ont aussi généralement travaillé sur eux-mêmes. Ils vont même jusqu’à se souvenir qu’enfant, ils ont connu une période semblable. Ils reconnaissent que même s’ils ne sont pas automatiquement la cause du problème, ils font partie de la solution. Par plus de calme et de dialogue, ils entrent vraiment en relation avec leur enfant. Il se peut aussi qu’un soutien psychothérapeutique vous soit nécessaire; n’hésitez pas à aller en chercher. La vie est tellement plus agréable sans ce problème.


Ne manquez pas de lire les réponses du courrier du Parent entraîneur.
Pour en connaître davantage sur notre collègue.


Les opinions et propos contenus dans cette « Chronique » sont de la seule responsabilité de leur auteur et ne pourront en aucune manière être attribués à PetitMonde.com

Chronique – Dernière mise à jour le 9/5/2007

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