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Marie Breton, diététiste
Par comparaison avec la période précédente, les années préscolaires sont (plus) faciles! Le défi du petit consiste maintenant à enrichir son répertoire alimentaire tant à la maison que lors des repas à lextérieur.
Les habiletés alimentaires de lenfant dâge préscolaire continuent à saméliorer et à se développer et il en est fier. Notre bambin aime manger à la table avec les membres de sa famille. Il sy comporte mieux et manipule les ustensiles et son verre raisonnablement bien. De plus, il nest plus aussi «néophobique», dune part parce quil ny a plus autant daliments qui lui sont inconnus et, dautre part, parce quil ne prend plus demblée pour acquis que si cest nouveau, cest mauvais!
Évidemment, lenfant de trois à cinq ans est encore un enfant. Il peut trouver immangeable un sandwich coupé en carrés et adorer le même sandwich taillé en triangles. Il peut rejeter un biscuit à peine cassé mais prendre plaisir à égrener ses craquelins dans sa soupe. Sa maturité intellectuelle nest simplement pas suffisante pour lui permettre de comprendre que ces aliments sont semblables. Notre nouvel objectif: lui faire accepter un nombre grandissant daliments tant à la maison que lors des repas à lextérieur (au restaurant, en visite, à la garderie ou en voyage). Un atout dont il bénéficiera toute sa vie. Les conseils suivants vous y aideront.
Lenfant de trois ans est moins sceptique face à linconnu et plus enclin à essayer un nouvel aliment même sil lui faut encore parfois goûter à plusieurs reprises avant dapprécier. Il sinitie aux nouveautés pour le simple plaisir et non plus seulement pour affirmer son indépendance, comme il le faisait avant. Toutefois, il est davantage motivé à persister lorsquon reconnaît ses efforts, quon apprécie ses initiatives. Si on le critique constamment, quon fait un plat de ses échecs, il pourra se décourager et finir par se sentir incapable.
Si lattitude des parents est capitale tout au long de lenfance, elle lest particulièrement durant les années préscolaires. À cet âge, notre enfant ne remet pas en question qui nous sommes et ce que nous faisons. Il observe et est influencé par ce quil voit. Si on avale des petits pois, avaler des petits pois devient pour lui la chose à faire. Il nous suffit de prendre plaisir à avaler nos petits pois. Notre enfant le fera aujourdhui ou un autre jour, mais il le fera dans la mesure où nous persistons à les mettre au menu.
La plupart des enfants affectionnent les bonbons, les frites et les boissons gazeuses du premier coup! Mais apprivoiser un légume prend plus de temps. Il y a peu de chances que notre enfant mange des artichauts-vinaigrette la première fois quil nous verra en consommer. Ni même la seconde. Mais lidée fera son chemin. À force de voir des artichauts-vinaigrette dans son assiette et de nous voir les déguster, il assimilera la notion que cest bon, quil est normal den manger et que lui aussi, un jour, il le fera. Au début, on aura limpression de cuisiner pour rien. Lenfant ne supportera peut-être même pas ledit aliment dans son assiette. Puis, un jour, il le regardera mais ny touchera pas. Un autre jour, il en prendra une bouchée et la recrachera. Un autre jour encore, il lavalera mais nen reprendra pas. Puis, un beau midi, à force de lavaler, il laimera! De fait, un enfant peut devoir goûter 10, 15 ou 20 fois une nouveauté, en autant de repas, avant de lapprécier. Il a simplement besoin de temps pour lapprivoiser.
Le chantage, les menaces et les supplications nont pas leur place à table. Ils empoisonnent la relation avec lenfant et le climat aux repas. Ils entraînent dordinaire le contraire du résultat escompté. Un enfant performe mieux lorsquil sent quil a le contrôle. Ne tentons pas de le forcer à manger. Ni de le restreindre. Apportons simplement la nourriture sur la table et laissons-le manger selon ses goûts et son appétit. Les aliments «vertueux» deviennent plus tentants lorsquon nest pas contraint à les manger. Quant à linterdit, il est tellement désirable! Un truc: mentionnons à notre petit que les asperges ou les moules dans notre assiette sont des «aliments de grands». Son intérêt décuplera dun coup
Il est important de mettre laccent sur la variété lorsque lon prépare les repas, même si notre enfant ne mange pas varié. On ne peut pas aimer ce quon ne connaît pas. Pour quun enfant en vienne à apprécier une variété daliments, il doit dabord être en contact avec une variété daliments. À linverse, si on lui sert toujours la même chose, ses goûts seront forcément limités à ce quil connaît.
Sans être raffinés, les manières et le comportement à table dun enfant de trois à cinq ans devraient être suffisamment soignés pour que le repas se déroule de façon agréable. Laissons-lui savoir que les critiques, les jérémiades et les impolitesses nont pas leur place à table. Il nest pas non plus indiqué de faire balancer sa chaise, de lancer sa nourriture ou démettre des bruits dégoûtants! On dit «oui», «sil vous plaît» et «non merci» et on sassoit sur ses (deux) fesses. Il renonce à suivre les règles de la maison? Fiston ou fifille devra quitter la table.
Voici quelques comportements qui sont inacceptables:
À table, les enfants, lauréat du Trophée Or de Cuisine Canada, Marie Breton et Isabelle Emond, Flammarion Québec, 2005.
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