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Claire Leduc, travailleuse sociale et thérapeute conjugale et familiale
De nombreux parents, éducateurs et enseignants trouvent difficiles les crises et parfois les explosions de certains enfants. Comment arriver à améliorer ces situations?
Les crises se manifestent par de lagitation, des cris et une désorganisation des enfants. Certains deviennent violents, lancent des objets et frappent enfants et adultes. Généralement, les parents en souffrent surtout lorsquils reçoivent des messages du service de garde ou de lécole comme quoi le comportement de lenfant devient intolérable.
Si vous suivez le modèle du Parent entraîneur, vous savez quil est important de répondre aux besoins fondamentaux de lenfant: soit la santé-sécurité, laffection et léducation. Sil fait des crises, il est important de bien évaluer ces aspects.
Si vous répondez non à lune de ces questions, il est important alors de corriger le tir. Une bonne partie des problèmes est peut-être physiologique. Des bonnes habitudes alimentaires et un rythme de vie régulier sont primordiaux. Certains enfants ont de lénergie à revendre et ont besoin de bouger. Sils ne le font pas, ils explosent!
Si vous répondez oui à lune de ces questions, il est possible que votre enfant vive des situations qui peuvent lui donner un sentiment dinsécurité. Peut-être souffre-t-il émotivement et ne peut-il lexprimer avec des mots et se faire réconforter par vous? Les peines non partagées et contenues deviennent explosives à la moindre étincelle.
Si vous répondez oui à deux de ces questions, il est possible que votre enfant accepte mal dêtre éduqué ou peut-être nêtes-vous pas assez fermes.
Une bonne évaluation de votre part et de celle de son autre parent accompagnées des observations de son éducatrice ou de lenseignante pourra vous aider à mieux comprendre votre enfant. Cest alors que vous pourrez saisir pourquoi il fait des crises. Rappelez-vous quune crise est comme un signal dalarme: parfois cest le signe dun malaise profond, mais cela peut nêtre quun caprice, signe dune difficulté à tolérer la frustration.
Le plus important ensuite est damener lenfant à se maitriser. Les meilleures personnes pour y arriver sont ses parents. Or, daprès mon expérience, les parents sont généralement très affectés par les crises à répétition. Eux-mêmes deviennent alors fâchés et bouleversés. Selon le thermomètre du Parent entraîneur, ils leur arrivent de devenir autoritaires et aussi abusifs en criant à leur tour, parfois en frappant ou en insultant lenfant. La situation devient incontrôlable et sans issue; si le parent est à bout, il ne pourra amener le jeune à se calmer!
Lintrospection est alors utile. Pourquoi perdez-vous pied? Répétez-vous un scénario de votre enfance? Quels sont vos facteurs actuels de stress? Avez-vous besoin daide?
Il est essentiel de prendre conscience de sa propre responsabilité comme parent: cest à nous denseigner à nos enfants à se calmer et non linverse. Lobservation et le recul sont des atouts précieux. Apprenez à rester calme en prenant de profondes respirations et en demeurant en contact avec votre moi profond.
Les parents futés connaissent les moments et les situations à risque. Intervenir avant la crise est un bon moyen de conserver le jeu calme. Par exemple, si vous savez que la crise débute généralement lorsque la faim se déclare, un morceau de fromage une demi-heure avant le diner stabilisera lorganisme. Si deux frères et surs en viennent aux coups lorsquils sont seuls au sous-sol, pourquoi ne pas les garder dans la cuisine quelques jours pour leur montrer quand sarrêter.
Si malgré tous vos efforts les crises continuent, larrêt dagir est un outil utile. Mais pour lappliquer, il vaut mieux être calme ou demander à lautre parent si celui-ci est mieux disposé. Vous prenez alors lenfant sur vous, lassoyez sur vos genoux le dos contre votre poitrine et retenez fermement ses bras. Sil continue à donner des coups, vous enlevez ses chaussures et protégez votre menton par un petit coussin. Vous attendez que lenfant se calme vraiment sans discuter avec lui. La première fois, cela peut prendre une demi-heure. Généralement au bout de quatre fois, il ny a plus de crises, lenfant a compris et exprime ses frustrations avec des mots.
Nos enfants ressentent nos valeurs profondes. Si nous sommes convaincus de limportance darriver à ce quils se maitrisent, nous pourrons peu à peu leur communiquer les moyens dy arriver. En prenant au moins quinze minutes par jour à dialoguer avec nos enfants et les cajoler, surtout au moment du coucher, ils saisiront que cest par affection que nous leur demandons de cesser ces crises. Eux-mêmes seront plus heureux et contents deux!
Ne manquez pas de lire les réponses du courrier du Parent entraîneur.
Pour en connaître davantage sur notre collègue.