Bienvenue sur PetitMonde.com. Aller directement à la navigation, au contenu ou à la recherche.

Note importante : Si vous voyez ce message, c'est que votre fureteur ne supporte pas la nouvelle feuille de style (CSS) de PetitMonde.com ou qu'il n'est pas conforme aux normes du World Wide Web Consortium (W3C). Ses menus et tout son contenu demeurent accessibles mais la présentation visuelle se trouve affectée. Voir dans « À propos du site » pour plus d'information sur l'accessibilité.

Circulation routière: l'enfant perçoit-il les risques?

De Belgique...

Parents : Chroniques : De Belgique... : Circulation routière: l'enfant perçoit-il les risques?

Jean-Paul Vankeerberghen

À partir de quel âge peut-on laisser un enfant traverser seul la rue? Avant 9 ans, il vaut mieux l'accompagner. Et même après, l'éducation doit rester permanente. Sa capacité à apprécier les risques est liée à son développement mental.

«Puis-je envoyer mon fils chez le boulanger d'en face pour acheter les pistolets du dimanche?» «Est-il prudent de laisser ma fille aller seule à l'école?» Ces questions, les parents se les posent régulièrement, car ils sont conscients des dangers de la rue. Mais il faut en même temps que leurs enfants acquièrent progressivement leur autonomie.

Les accidents de la route sont, en Europe, la cause de décès la plus fréquente chez les enfants de 5 à 16 ans. Surtout en bas âge, leur vulnérabilité particulière tient à plusieurs facteurs: une taille plus petite, une aptitude réduite à apprécier les risques et la difficulté d'être attentifs en toute circonstance.

Visibilité réduite

Leur taille est un facteur de risque évident. Si la tête d'un enfant ne dépasse pas le toit des voitures en stationnement, l'automobiliste de passage ne le verra pas de loin: il ne l'apercevra qu'au moment où il déboulera sur la chaussée, juste devant lui. C'est même vrai si l'enfant s'engage sur un passage pour piétons, car l'interdiction de se garer à moins de cinq mètres en deçà d'un tel passage est rarement respectée par les automobilistes.

La taille est un handicap pour l'enfant lui-même. Il lui faut s'aventurer à la limite de la zone de stationnement pour voir les véhicules en circulation. Plus proche du sol, son angle de vision peut être fort différent de celui des adultes: il suffit de s'accroupir entre deux voitures pour constater que beaucoup plus d'objets masquent la visibilité.

Par ailleurs, le danger naît dès que des enfants sont absorbés par un jeu. Ils ne prêtent plus attention à leur environnement et aux dangers possibles. Ils vivent au présent. Seul compte ce qu'ils sont en train de faire; la circulation routière leur devient secondaire, et d'autant plus dangereuse. C’est pourquoi les automobilistes doivent être particulièrement prudents lorsque des enfants jouent sur la chaussée ou aux abords de celle-ci, car leur comportement est imprévisible.

Le développement des facultés cognitives est un critère crucial. Les statistiques révèlent qu'un grand nombre d'accidents surviennent à l'âge de 7 ans chez les enfants piétons. Plusieurs études montrent qu'avant l'âge de 9 ans, le développement de l'enfant ne lui permet pas encore d'affronter la rue et ses dangers de manière vraiment autonome.

Difficile perception du danger

Une recherche menée par le département de psychologie de l'Université Strathclyde à Glasgow (Écosse) confirme cette hypothèse. Les chercheurs de cette université ont étudié la capacité d'enfants entre 5 et 11 ans de choisir des endroits sûrs pour traverser la rue. On leur a présenté des situations qui étaient soit extrêmement sûres, soit manifestement dangereuses, puis on leur a demandé de les identifier. Dans d'autres cas, ils ont été invités à choisir par eux-mêmes des itinéraires de traversée d'une route qu'ils jugeaient sûrs. Ces expérimentations ont été réalisées aussi bien sur des sites virtuels que sur le terrain, dans des rues situées près de l'école des enfants. Toutes ont donné des résultats similaires.

Les enfants de 5 et 7 ans montraient de très faibles capacités à identifier les sites dangereux de traversée. Leurs jugements se fondaient exclusivement sur la présence évidente des voitures à proximité. D'autres facteurs, tels que les sommets aveugles, des obstacles masquant la vision ou des configurations complexes n'ont jamais été identifiés comme situations à risque. Ils ont également manifesté une réticence à faire des détours pour éviter un itinéraire direct qui était manifestement dangereux.

Les enfants de 9 ans ont montré une meilleure capacité à évaluer les situations, tandis que ceux de 11 ans manifestaient une bonne faculté de jugement.

Le cerveau de l'enfant se développe jusqu'à l'âge adulte. En bas âge, ses capacités de perception et de jugement sont encore réduites. Sa vue et son ouïe sont moins développées que celles de l'adulte. Son champ visuel est plus étroit. Il évalue mal les vitesses, les mouvements et les distances. Il déchiffre difficilement les signaux et marques routières. Il prend plus lentement ses décisions et n'est pas encore capable d'être attentif à plusieurs choses à la fois. Tout cela le rend plus vulnérable.

Apprentissage: commencer tôt

L'apprentissage de la circulation doit commencer le plus tôt possible. Dès l'âge de 3 ans, il faut expliquer à l'enfant les règles en vigueur et les pièges tendus par des automobilistes pressés et facilement enclins à enfreindre les règles. L'adulte qui l'accompagne lui fera prendre conscience du danger et lui rappellera en permanence les grands principes de sécurité. Bien entendu, il montrera lui-même l'exemple en respectant les règles du code de la route. L'enfant apprend surtout par imitation. Les parents doivent donc toujours se comporter de manière correcte. Mais il ne faut pas croire trop vite que l'enfant a intégré tout cet apprentissage dans son comportement.

Évidemment, la sécurité des enfants passe aussi par un comportement plus responsable des automobilistes: respecter les limitations de vitesse (50 km/h partout en agglomération, 30 km/h aux abords des écoles), ralentir aux abords des passages pour piétons, redoubler de prudence et réduire sa vitesse dès que l'on aperçoit des enfants à proximité de la chaussée, etc.


Ce texte a été publié par La Ligue des Familles de Belgique.


Les opinions et propos contenus dans cette « Chronique » sont de la seule responsabilité de leur auteur et ne pourront en aucune manière être attribués à PetitMonde.com

Chronique – Dernière mise à jour le 1/24/2007

Haut de page
Hit-Parade
©1998-2008 PetitMonde.com | Tous droits réservés | Termes et conditions