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Claire Leduc, travailleuse sociale et thérapeute conjugale et familiale
Lorsqu’on va au parc, chez des amis, qu’on joue, qu’on lit une histoire… C’est toujours «encore, encore, encore»! Je sais bien qu’il a du plaisir et qu’il souhaiterait que ça se poursuive, mais comment faire pour que la moindre activité ne finisse pas en drame? Je n’ai même plus le goût de ne rien faire parce que je sais que ça va mal finir…
Vous avez tout à fait raison lorsque vous dites qu’il ne souhaite pas que son «plaisir» cesse. En effet, certains enfants sont passionnés par leurs activités et avides du plaisir que leur procure le jeu. Émotifs, ils vivent intensément le moment présent et ne peuvent accepter de limites, ni entrevoir que le changement puisse être aussi agréable.
Mais la réalité est que tout a une fin. Comment le leur apprendre? Certains enfants ont plus de difficulté que d'autres à contrôler leurs émotions, surtout si elles sont intenses; mais c'est le rôle des parents de le leur montrer à le faire.
Dans les cours de Parent entraîneur, vous avez lu qu'il est bon de prendre 15 minutes par jour pour dialoguer avec son enfant. Pourquoi ne pas profiter de ce moment pour en discuter avec lui. Hors des moments de crise, il sera plus réceptif et vous, moins exaspéré.
En prenant le temps de l'écouter, vous pourrez graduellement lui montrer à supporter un peu mieux la frustration en l'aidant à réfléchir. Par exemple, en lui posant la question: Qu'est-ce que tu pourrais faire de mieux?
Vous pouvez lui demander sa collaboration. Généralement, les enfants sont de bonne volonté. Même s'il est petit, vous pouvez le convaincre de travailler à se contrôler. Les enfants comprennent bien ce que l'on veut dire: se comporter en grand garçon ou grande fille; les inviter à plus de maturité, les valorise. Ils prennent ces demandes comme un signe de confiance en ce qu'ils sont profondément.
Expliquez-lui le déroulement de l’activité. Rappelez-lui régulièrement, où on est rendu et ce qu’il reste à venir. Vous pouvez établir avec lui un protocole: par exemple le prévenir 10 minutes avant la fin que vous devrez terminer l'activité et retourner à la maison. La constance est bien importante; si vous lui dites qu’il peut glisser encore 3 fois, ne permettez pas une dernière, dernière, dernière fois…
L’inconnu fait toujours peur; en lui parlant de ce qui s’en vient après, vous l’encouragez à aller vers l’avant… «Que dirais-tu de jouer avec tel jouet en rentrant à la maison?» «Raconte-moi avec quoi tu joueras, la prochaine fois que nous viendrons». Le dialogue facilite les transitions.
Il est possible de travailler sur les crises de frustration. Pendant votre moment de dialogue, vous pouvez développer «un code secret» avec lui. Par exemple, vous convenez que lorsqu’il se met à tempêter vous allez toucher votre nez, pour l'inviter à respirer profondément… S’il n’y arrive pas complètement, vous pouvez lui offrir votre soutien, comme le tenir par la main, mettre votre main sur son front ou le serrer affectueusement sur vous, en reconnaissant son effort.
Et si malgré tout, cela ne suffit pas et qu’il fait une crise… alors, vous devez le prendre énergiquement sans discussion et le ramener à la maison sans porter attention à ses cris. Vous en discuterez plus tard.
La tolérance à la frustration est un élément-clé de l'éducation qui a été oublié, ces trente dernières années. Pour que le développement d'une personne se fasse harmonieusement, il est important qu'elle apprenne à supporter les aléas de la vie avec le plus de simplicité possible. Cela, nous pouvons l'expliquer à nos enfants régulièrement et les inviter à se maîtriser. Lorsqu'ils le font, nous pouvons les féliciter. C'est là que la véritable confiance en soi peut s'installer.
Ne manquez pas de lire les réponses du courrier du Parent entraîneur.
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