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Un super bébé grâce aux omégas!

Grossesse

Parents : Documentation : Grossesse : Un super bébé grâce aux omégas!

Marc Larouche

Vous êtes enceinte et vous pensez devoir manger pour deux? D’abord, c’est une légende urbaine et ensuite, attention à ce que vous ingurgitez. Votre régime alimentaire aura des conséquences importantes sur le développement de votre enfant. Une alimentation trop riche en mauvais gras, les «gras trans», est à proscrire. Selon le Dr Jacques Simard, pédiatre au Centre pédiatrique de Laval, votre bébé pourrait être prédestiné à devenir obèse ou augmenter les risques de développer du diabète!

«On rencontre maintenant de jeunes enfants qui souffrent du diabète de type 2, qui jusqu’ici était réservé aux adultes», explique le Dr Simard. «Les gens ne font plus la cuisine et vont de plus en plus au restaurant où ils mangent des aliments peu dispendieux, mais plein de mauvais gras. Ils finissent par beaucoup engraisser, ont des problèmes de santé et leur bébé risque de se retrouver avec du diabète de type adulte. La situation s’améliore s’ils sont astreints ensuite à un régime, mais déjà, le diabète s’est installé.»

La femme enceinte devrait privilégier un régime riche en gras dits «polyinsaturés à chaîne longue», ou tout simplement, des omégas 3 et 6, dont on entend de plus en plus parler et dont la consommation est fortement recommandée, même chez les adultes. Les omégas se retrouvent en importante quantité dans certains poissons, comme le saumon.

«Des recherches entreprises il y a une dizaine d’années ont permis de réaliser que les omégas font partie des membranes cellulaires du système immunitaire, en particulier au niveau de la rétine de l’œil et du cerveau. Ces acides gras sont essentiels, ils sont un peu comme les blocs de construction de notre système immunitaire et de notre cerveau», poursuit le médecin. Ces données sont très importantes, considérant que le cerveau d’un bébé est composé à 60% de matière grasse.

Des études visant à évaluer la vision des bébés en bas âge et le développement cognitif (les acquisitions psychomotrices) ont permis de constater que ces aspects étaient supérieurs chez ceux qui avaient bénéficié d’une alimentation riche en omégas, en comparaison avec ceux où la consommation de ces acides était plutôt faible, d’où l’importance pour bébé de consommer une plus grande quantité d’omégas.

C’est la raison pour laquelle, depuis peu, des omégas ont été ajoutés à certaines formules de lait artificiel pour bébés. «Certaines marques en contiennent plus que d'autres», explique le pédiatre, ajoutant que les chercheurs ont aussi trouvé des omégas dans le lait maternel. Mais la quantité contenue dans le lait maternel est-elle en proportion suffisante?

«Il est évident que l’alimentation de la mère permettra de retrouver une quantité plus ou moins importante d’omégas dans le lait maternel. Les populations asiatiques qui mangent beaucoup de poisson en ont plus, alors que les gens du Midwest américain, qui consomment beaucoup de bœuf, en ont moins. Les mères qui en consomment plus en produiront davantage dans leur lait. Une diète riche en omégas vers le dernier trimestre de la grossesse et aussi pour la mère qui allaite est donc à privilégier.»

Le meilleur aliment que devrait consommer la femme enceinte ou celle qui allaite est sans contredit le poisson: crevette, sole, morue, et particulièrement le saumon de l’Atlantique ou d’élevage, très riche en omégas. «Si la personne n’aime pas le poisson, il existe aussi certains suppléments en vente libre sur le marché. On retrouve par ailleurs du lait et des œufs enrichis en omégas», note le Dr Simard.

Peut-on trop en consommer? «Non. On ne peut faire d’overdose d’omégas. La norme recommandée quotidiennement par les experts en nutrition est de 300 milligrammes, alors qu’en moyenne, les femmes n’en consomment que 82 milligrammes par jour. Il reste encore beaucoup d’éducation populaire à faire.»

La meilleure période pour en consommer demeure le troisième trimestre de la grossesse, parce que c’est à ce moment, ainsi que dans les deux premières années de vie, que le cerveau de bébé se développe le plus. «Une diète riche en omégas pour le bébé dans cette période a une meilleure valeur que si on la commence vers 3, 4 ou 5 ans. Ce n’est pas mauvais à ces âges non plus, mais si vous désirez que cela ait un effet bénéfique sur la vision et le développement cérébral de l’enfant, il est conseillé de débuter vers la fin de la grossesse.»

Les médecins et les mères peu informés
Ces découvertes sont récentes. Aussi, peu de médecins sont informés à ce propos. «Souvent, les médecins s’intéressent plus aux maladies importantes, alors que ces actions relèvent plus de la prévention, même chez les pédiatres qui font beaucoup de prévention, peu s’intéressent à l’aspect des nouveautés alimentaires. Pourtant, lorsqu’on réussit à les intéresser dans le cadre d’activités spécifiques, ils sont très heureux d’apprendre ces choses.»

Les mères sont aussi peu informées de ces découvertes. Un récent sondage mené par Ipsos Reid auprès de 600 Canadiennes mères de bébés âgés entre 0 et 12 mois a révélé que moins d’un tiers d’entre elles connaissent et comprennent les bienfaits des omégas. Vous pouvez lire l’essentiel de ce sondage au http://lca.canoe.com/communiques/cnw.html?lang=fr&id=200806110936000Y.

À proscrire
Quels gras sont à proscrire pour assurer le bon développement de bébé? «Les femmes enceintes devraient éviter tout ce qui s’appelle gras trans, que l’on retrouve en quantité dans les patates frites et aliments de type fast-food. Les bébés qui ont été exposés à des gras trans en importante quantité ne se retrouveront pas avec diverses malformations. Par contre, ils auront plus de chances de devenir obèses ou de naître diabétiques!

«Les mères qui s’alimentent mal et font un diabète de grossesse, qui n’est pas dépisté ni contrôlé, accoucheront souvent de gros bébés, qui forcément, seront prédisposés plus tard à l’obésité et par extension, au diabète. Plus on s’américanise dans nos habitudes alimentaires, plus on est prédestiné à connaître ces problèmes.»

L’enfant, déjà en bas âge, devra ainsi se soumettre au même régime qu’un diabétique adulte. «Remarquez, nous devrions tous adopter le même régime qu’un diabétique, très strict et merveilleusement bien équilibré. Mais vous savez, comme pour tout, le risque se situe plus dans l’abus, dans la quantité et la fréquence.»

Conseils du professionnel
En conclusion, quels sont les conseils du pédiatre? «Tout simplement de s’alimenter sainement avec un régime équilibré et d’éviter les sucreries tout en privilégiant les aliments riches en omégas.»

Que faire si l’on n’a pas vraiment respecté ces consignes? «La mère devrait d’abord faire suivre son enfant par un médecin pour s’assurer que sa proportion poids et taille respecte les normes établies. L’autre aspect important est le côté éducation alimentaire. Il faut garder son enfant actif physiquement et le faire manger sainement. Et ça, ça commence à l’épicerie. Si l’on n’achète pas de cochonneries ou de sucreries, l’enfant ne pourra en manger, puisqu’il n’y aura pas accès.»

Et si notre enfant montre déjà des signes de surpoids, comment s’apercevoir qu’il fait peut-être déjà du diabète? «Il y a trois signes classiques à surveiller: ces enfants, déjà gras, mangent beaucoup, boivent beaucoup et urinent beaucoup. Lorsque ces signes apparaissent, c’est que déjà, le diabète est installé. Il peut aussi s’agir de diabète juvénile.»

Ces découvertes concernant les bienfaits des omégas sur les bébés sont encore relativement nouvelles. Aussi, il existe peu de sites Web qui en font mention. Une recherche à partir des mots «omégas bébés» ou «saine alimentation bébé» ou encore «DHA bébé» vous sera probablement utile.

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