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Quand je serai grand...

Vie de famille

Parents : Documentation : Vie de famille : Quand je serai grand...

Isabelle Pauzé

Astronaute, dompteur de lions, pilote de course, génie de l’informatique ou millionnaire: les rêves des enfants qui veulent changer le monde ou accomplir une activité professionnelle qui sort des sentiers battus sont aussi nombreux qu’il y a de petites têtes dans les cours d’école. Les aspirations d’avenir des bouts de chou d’aujourd’hui ressemblent-elles à celles d’il y a 20 ans? Et quand on confronte les lubies des tout-petits à ce qu’ils deviendront, dans les années à venir, les découvertes sont nombreuses. Comme parents, de quelle façon pouvons-nous guider et encourager nos enfants dans des voies qui sont gratifiantes pour eux tout en étant porteuses de réelles possibilités? Bienvenue au pays de la projection où l’impossible n’existe pas…

Choisir son avenir: un métier qui s’apprend tôt

Thierry, quatre ans, transforme en guitares ou en tambours presque tous les objets qui lui tombent sous la main. Et il en joue frénétiquement, avec un sens du rythme étonnant, en duo avec Henri Dès, qui s’époumone tous les jours dans le salon familial. Sans compter les xylophones, pianos et autres flûtes, ses jouets favoris depuis toujours, qui accompagnent les dizaines de ritournelles que son oreille aiguisée lui a déjà permis d’apprendre par cœur. Sommes-nous en  présence d’un petit Mozart? Probablement pas. Mais il peut être profitable que les élans naturels du musicien en herbe soient encouragés. Car s’il ne devient pas le prochain Glenn Gould, il est possible que sa sensibilité artistique trouve écho dans des domaines reliés à la culture ou à la communication, par exemple.

Comme le précise Isabelle Gagnon, psychologue spécialisée auprès des enfants: «Dès l’âge de cinq ou six ans, certains tout-petits ont déjà des idées très arrêtées sur ce qu’ils souhaitent faire plus tard. Il arrive qu’ils aient des préférences marquées pour des domaines ou des activités et que celles-ci se transforment en réel penchant pour un vrai métier.» C’est le cas d’Alexandre, qui a vu son premier ordinateur à huit ans et décidé sur-le-champ que les pixels et les fibres optiques allaient constituer son gagne-pain.

L’imitation: un vrai moteur

Les bouts de chou, c’est bien connu, ont une propension à l’imitation. Ce processus fait partie de leur phase normale d’identification à leurs parents. Ils reproduisent des comportements et des activités adultes parce qu’ils souhaitent eux aussi devenir grands. Ainsi, le fait de vivre avec une maman enseignante ou un papa boulanger peut très bien inciter les rejetons à suivre leurs traces. «Il est certain que l’environnement joue un rôle dans les élans des tout-petits en regard d’un éventuel choix de carrière», explique madame Gagnon.

«Ainsi, l’occupation des parents, en premier lieu, mais aussi les études des frères et sœurs aînés, le contexte géographique dans lequel ils évoluent et les différentes situations auxquelles ils sont confrontés, notamment, sont autant de facteurs qui peuvent avoir un impact sur les préférences des jeunes», souligne la psychologue. Il n’est donc pas étonnant que des enfants élevés en région rurale aient un penchant pour la foresterie ou l’agriculture ou qu’un jeune qui a vu son parent être malade souhaite devenir médecin pour pouvoir le guérir.

D’hier à aujourd’hui, des rêves qui se ressemblent

Quand on interroge des enfants pour savoir ce qu’ils veulent faire quand ils seront grands et qu’on compare ces réponses avec celles de leurs parents, par exemple, des similitudes surprenantes se dessinent. Alors qu’à notre époque, les carrières à vocation technologique se multiplient, il est des professions qui, malgré le passager du temps, demeurent toujours aussi attirantes, voire mythiques. «À cause de ce qu’elles représentent, de ce qu’elles éveillent dans l’imaginaire des tout-petits», explique Luc Bégin, orienteur et professeur à l’Université du Québec à Montréal.

Ainsi, la popularité des métiers typiquement souhaités par les fillettes (chanteuse, ballerine ou infirmière) et ceux qui attirent traditionnellement les petits garçons (policier, astronaute, joueur de hockey) ne se dément pas. Les décennies passent, les modes aussi, mais certaines préférences sont toujours aussi présentes.

Par ailleurs, certains gamins vont, très jeunes, se poser en défenseurs de la veuve et de l’orphelin pour dénoncer les travers de la société. Comme Noémie, neuf ans, qui veut devenir policière «pour arrêter les voleurs» et Annie, sa maman qui, au même âge, rêvait de revêtir la toge d’un juge «pour éliminer les injustices et les inégalités qui m’indignaient déjà!» D’autres enfants, quant à eux, sont attirés par les métiers qui impliquent le port d’un uniforme, ce qui représente, selon Luc Bégin, une sécurité et un prestige auxquels ils aspirent.

Mode d’emploi pour avenir heureux

Pour monsieur Bégin, il est fondamental d’aider les petits à se construire très jeunes une véritable identité, à partir de leurs passions, de leurs aspirations et de leurs capacités. «Le choix d’une profession est secondaire. Ce qui prime, c’est de leur montrer à définir ce qui les intéresse. C’est les aider à acquérir la stabilité qu’il leur faut pour pouvoir faire les meilleurs choix possibles pour leur avenir.» Car pour un jeune, arriver à choisir ce qui lui servira de gagne-pain pour quatre décennies revient à déterminer, parmi les centaines de professions existantes, celle qui lui ressemblera le plus et reflétera le mieux ses intérêts et ses buts.

Le dialogue sur l’avenir peut donc s’amorcer très tôt et s’intégrer dans des discussions normales entre le parent et sa progéniture. Durant l’enfance, parler du futur doit prendre la forme d’un jeu. Par ailleurs, s’intéresser à ce qui passionne notre petit, que ce soit l’astronomie, le monde animal ou l’informatique constitue une manière fort intéressante de conserver un contact privilégié avec lui. Graduellement, les élans enfantins de la marmaille se transformeront en intérêts plus précis, puis en véritables choix de carrières.

Mais rien ne sert de brûler les étapes. Chez certains naîtront des certitudes à l’adolescence; d’autres entretiendront des doutes et de l’indécision plus longtemps. «L’important, comme le précise Isabelle Gagnon, c’est d’être à l’écoute de nos petits, de développer des attitudes d’ouverture et de respecter leur rythme et leurs choix, même s’ils ne rejoignent pas ceux que nous nous étions imaginés. Il faut également discerner, même si c’est parfois difficile, ce qu’on souhaite pour nos enfants et ce qu’eux-mêmes veulent.». Car si on ne peut protéger nos jeunes contre les obstacles, on peut les prémunir contre le découragement. En cultivant le plus tôt possible leur estime d’eux-mêmes et en leur apprenant la persévérance.

Cherchant à orienter le mieux possible les jeunes Québécois en quête d’une carrière intéressante, plusieurs ressources gouvernementales publient régulièrement des répertoires des formations gagnantes et des métiers en pleine expansion. Voici un survol de quelques-unes de ces professions d’avenir, provenant de différentes secteurs de l’économie, pour lesquelles les employeurs s’arracheront littéralement, au cours des prochaines années, les nouveaux diplômés. Histoire, peut-être, de donner des idées, à vos futurs travailleurs:

  • Techniques de l’informatique;
  • Techniques de génie mécanique;
  • Gestion et exploitation d’entreprises agricoles;
  • Soudage-montage;
  • Conduite de machines industrielles;
  • Enseignement à la maternelle et au primaire;
  • Montage mécanique en aérospatiale;
  • Fabrication de meubles et de produits en bois ouvré;
  • Avionique;
  • Commercialisation de la mode;
  • Soins infirmiers.

Sources
L’Inforoute de la formation technique et professionnelle 
Emploi-Québec



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