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Profession maman : des témoignages qui en disent long

Vie de famille

Parents : Documentation : Vie de famille : Profession maman : des témoignages qui en disent long

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La thématique du forum de PetitMonde intitulé «Peut-on rester à la maison sans honte?» connaît un vif succès depuis sa mise en ligne, le 26 mai 1999. À ce jour, il est en quatrième place des sujets qui ont suscité le plus grand nombre de témoignages. Pourtant, comme le souligne Louise Vandelac, professeure titulaire au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal, «Il est inconcevable que la question de la maternité ou de la paternité à la maison soit, encore aujourd’hui, source de honte et de culpabilité. Depuis le XIX e siècle, on évalue qu’entre le tiers et les deux tiers du produit intérieur brut provient de l’activité menée en dehors de la sphère professionnelle. Pourtant, la reconnaissance de cet apport social indéniable est loin d’être assurée.»

Les réponses transmises par des internautes proviennent de mamans qui ont choisi de rester à la maison pour élever la marmaille. La discussion est fort animée, les débats enrichissants. Petit survol de quelques réactions soulevées par la question, qui fait couler beaucoup d‘encre.

Le regard des autres

Jacinthe
Bien que je sois diplômée universitaire et que j'aie fait mes preuves sur le marché du travail, je n'échappe pas à l'insipide question : c’est pour quand le retour au travail? Comment ne pas lire : le retour au vrai travail, celui qui «contribue» à la société, comme si tout autre choix ne serait qu'une perte de temps. Ça me rend furieuse et me désole énormément de constater à quel point notre identité sociale dépend d'un titre et d'un salaire.

Hélène
Je remarque que le choix de rester à la maison s'explique plus facilement et est aussi mieux compris lorsque l'on a plus d'un enfant. Avec un bébé aussi, on a la «permission» d'être à la maison. C'est quand les enfants grandissent que les pressions se font de plus en plus fortes pour savoir ce qui peut bien nous motiver à rester chez nous. Là, on a vraiment l'impression que notre entourage se croise les bras et attend de voir ce qu'on va faire. «Eh! Quand est-ce que tu reprends le collier?»

Louise
Je déplore que nous devions nous autovaloriser tout le temps. Nous n'avons aucune reconnaissance sociale. Mon aîné qui est en 5e secondaire, a appris cette année que nous sommes considérées comme une population inactive. Je crois que cela prend beaucoup de courage et de force intérieure pour rester à la maison et affronter les commentaires négatifs de l'extérieur.


Une présence au quotidien

Caroline
Pour moi c'est valorisant de voir grandir mes enfants, de partager leur quotidien et de voir toutes leurs premières fois. De plus, je suis en mesure de les accompagner dans leurs activités. Je n'ai pas l'impression que mes enfants sont défavorisés par rapport aux autres qui vont à la garderie. Je crois aussi que la qualité de vie familiale est meilleure lorsque maman est à la maison. Avec l’action qu’il y a chez nous, je ne vois vraiment pas comment nous y arriverions si je travaillais.

Sylvie
Avec un seul salaire, ce choix de vie demande de l'organisation, de la débrouillardise, de l'entraide entre les amies et les familles du voisinage (magasinage dans les friperies et les marchés aux puces) mais j’aime cette vie-là. Il me semble que mes enfants vont subir assez de stress au cours de leur vie pour ne pas leur imposer la pression des  horaires de travail de papa et de maman.


L’importance du choix

Lisianne
Oui, il est possible de rester à la maison en étant très fière de son choix.
Qu'on se le tienne pour dit: ce dont un enfant a besoin, c'est d'une mère heureuse. Qu'elle reste à la maison ou soit sur le marché du travail, pourvu qu'elle soit bien où elle est et dans ce qu'elle accomplit.

Valérie
Lorsque l'on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds que je suis PDG d'une entreprise multi-fonctionnelle : infirmerie – cuisinière – nettoyeur – éducatrice - psychologue. Ça en bouche un coin à ceux qui voudraient critiquer ce choix ! Personne ne fait autant de métiers que les mamans à la maison.


Une question de sous

Corrinne
Je suis la société; j'éduque la société de demain et cette même société n'a aucun égard ni considération pour moi. Il y a plein d'avantages fiscaux, de congés parentaux et d'aide en garderie à 5$ pour ceux qui vont travailler, mais ceux qui souhaitent s'occuper de leurs enfants doivent se débrouiller seuls. Si on était dans une société vraiment évoluée, on protégerait les parents qui restent au foyer, on reconnaîtrait la valeur de leur travail.
 
Cathy
La société déplore le manque d'encadrement des enfants et lorsqu'une femme décide d'éduquer, d'encadrer et de veiller sur ses enfants on lui reproche son inactivité! Il faut prouver à la société que nous sommes heureuses de rester à la maison avec nos enfants et ne pas avoir peur de nous regrouper. Nous pourrions former un mouvement pour la rémunération des mères à la maison et pour la valorisation sociale de notre rôle primordial dans la vie de nos enfants.


Faire les choses différemment

Claudia
Ce qui serait intéressant c'est de faire un saut dans le temps. Avant les femmes devaient se battre pour travailler à l'extérieur. Elles voulaient et pensaient trouver à l'extérieur une valorisation que la maisonnée ne leur procurait pas. En général, c'était mal vu et on ne comprenait pas à l'époque ce qu'elles recherchaient vraiment. Aujourd'hui fort heureusement nous avons le choix.

Martine
Je me suis tellement épanouie dans l'éducation de mes enfants que nous avons décidé, mon mari et moi, de leur faire l'école à la maison. Je préfère cela à aller travailler pour gagner ma vie. Selon moi, papa et maman resteront toujours les personnes les mieux outillées pour prendre soin de leur enfants. Les éducateurs(trices), aussi qualifiés soient-ils, ne pourront jamais les remplacer.


Peut-on rester à la maison sans honte? La question semble tout droit sortie d’une ère poussiéreuse, proche du Néanderthal. Même si un tel sujet ne devrait même pas être abordé, tant la réponse semble aller de soi, il n’en demeure pas moins que les pressions sociales sont fortes. Les mamans à la maison subissent, qu’on le veuille ou non, beaucoup de réprobation, de culpabilité, en plus d’une désolante absence de reconnaissance de la part de l’État.

Un des pas en avant qu’il faudrait franchir collectivement est, comme l’explique la sociologue Louise Vandelac, «travailler à rendre les mécanismes qui régissent le marché du travail plus souples et mieux adaptés. Il est aussi impératif que l’État accorde une augmentation significative des allocations versées pour les enfants.» En fait, il faut se relever les manches et considérer qu’il est du ressort de chacun de faire progresser la pensée collective en cette matière.

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