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Présentation: l'adoption

Vie de famille

Parents : Documentation : Vie de famille : Présentation: l'adoption

Pascale Pontoreau

Photo : © 2001-2003 www.arttoday.com
Cela fait maintenant une quinzaine d’années que les couples québécois n’hésitent plus à se tourner vers l’adoption. Certains parce qu’ils ne peuvent pas concevoir naturellement, d’autres parce que leurs tentatives de fécondation assistée ont échoué, d’autres encore, poussés par la compassion, y trouvent l’occasion de sauver des enfants en détresse. Toutefois, malgré les bonnes intentions et l’urgence de combler le manque, il y a loin de la coupe aux lèvres. Les couples – déjà fragilisés par le deuil qu’ils ont du vivre – ont à franchir un certain nombre d’étapes longues, laborieuses ou… dispendieuses.

C’est pour parer à l’extrême lenteur de l’adoption nationale et à ses rouages qu’une majorité de couples cherchent à adopter un enfant étranger. Les petites chinoises ont la côte; les ententes avec le gouvernement de Beijing sont parfaitement rôdées et les parents savent qu’ils auront, assez rapidement, la fillette de leur rêve : souvent nourrisson et en bonne santé. Mais il en coûte près de 20 000$ pour aller chercher l’enfant. Une somme rondelette qui justifie souvent un emprunt bancaire conçu à cette fin. L’alternative ? Choisir une destination moins éloignée comme Haïti ou la Dominique.

Au-delà de son prix, l’adoption internationale est une importante source de valorisation parentale : le couple – surtout s’il choisit un enfant d’une minorité très visible - devient rapidement l’objet de curiosité, de discussions et autres questionnements de la part de son entourage. Parallèlement, d’autres couples vont refuser catégoriquement que l’on différencie leur progéniture adoptive : pour eux, la ressemblance physique devient l’ultime palliatif à l’impossibilité de procréer.

Et finalement, certains – souvent moins nantis - s’inscriront sur les listes d’attente des Centres jeunesse du Québec pour préférer un enfant d’ici. Contrairement aux années 60, peu d’enfants sont aujourd’hui présentés à l’adoption spontanément par leurs parents. Et contrairement à l’Ontario, la loi québécoise interdit à une mère de choisir le couple auquel elle aimerait confier son nouveau-né. La plupart du temps, l’enfant devient donc adoptable, sur décision juridique, après avoir été soustrait à son milieu biologique trop perturbé. Ce qui signifie qu’il est placé dans une famille, tant et aussi longtemps qu’un intervenant n’a pas statué sur son impossibilité de retourner chez ses parents naturels. Le risque de voir leur enfant adoptif repartir est une source de stress que – bien légitimement - peu de couples ont envie d’endurer.

Aujourd’hui, d’un côté, plusieurs agences d’adoption internationale québécoises refusent les nouvelles inscriptions pour un nombre grandissant de pays qui ne respectent pas, ou mal, les ententes officielles. D’un autre côté, les services sociaux provinciaux lancent un cri d’alarme devant le manque endémique de familles d’accueil pour les enfants d’ici, a fortiori quand ils sont marginalisés par leur origine ethnique ou un handicap quelconque. Plusieurs réclament des modifications à la loi actuelle, d’autres demandent une meilleure prise en charge des parents adoptifs. On le voit, l’adoption qu’elle soit nationale ou internationale alimentera encore les débats au cours des prochaines années.


Article – Dernière mise à jour le 7/27/2004

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