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Pour calmer la douleur

Grossesse

Parents : Documentation : Grossesse : Pour calmer la douleur

Nadine Descheneaux

Parce qu’il n’y a pas de séparation qui se fait sans douleur, il faut plutôt apprendre à l’apprivoiser, à l’accepter et à la comprendre. 

Photo: SoniaJam, photographe, 
www.soniajam.com Photo: SoniaJam, photographe

La péridurale, est-ce une solution?

«La péridurale, c’est bien souvent la porte d’entrée à une escalade d’interventions médicales», déclare Lysane Grégoire. Pourtant, les femmes sont de plus en plus incitées à utiliser la péridurale pour que disparaisse la douleur et ce même si parfois. La péridurale serait-elle le miracle pour vivre un accouchement très «relax» et sans douleur. Une utopie, un rêve ou un détachement? Au bout du compte, c’est la naissance qui change. Par cette piqûre dans le dos, entre deux vertèbres, l’anesthésiste injecte un produit anesthésique qui fera disparaître en partie ou en totalité les sensations douloureuses de l’abdomen (contractions) et du bassin et provoquera une paralysie des membres inférieurs nécessitant que la patiente demeure allongée par la suite. Viennent ensuite les autres manipulations médicales, comme les injections d’ocytociques pour compenser le ralentissement de la dilatation, les extractions instrumentales (forceps et ventouses) et même la césarienne. Aussi,  «la péridurale ne fait pas toujours effet. Il n'est pas rare que des femmes vivent une grande déception parce qu,elles s'attendaient à ce que la péridurale fasse tout disparaître. Parfois, ça fonctionne à moitié ou juste d'un côté», note madame Grégoire. Les effets de la péridurale sur le bébé demeurent encore nébuleux. Mais rien n’est encore prouvé. Tout reste à découvrir «parce que c’est une intervention qui amène plusieurs risques, parce que ça peut nuire au bébé. Je crois dans ces situations, il faut peser les bénéfices versus les risques. Personnellement, je trouvais que les risques de cette intervention étaient plus grands que les bénéfices qu’elle pouvait m’apporter», constate Mona, une utilisatrice du forum Épidurale! Est-ce nécessaire? .

Mais, puisqu’elle existe la péridurale, plusieurs femmes croient qu’il serait inutile de s’en passer. «Souffrir et sentir mon enfant faire son entrée dans la vie ne m’intéressait pas du tout et ça ne fait pas de moi une meilleure ou moins bonne mère pour autant. C’est strictement un choix personnel», raconte Nathalie dans le même forum.

Néanmoins, toute la  naissance change lors d’une péridurale. Car le bébé devient presque un étranger. «Une amie a eu une péridurale à 4 cm. Selon elle, ça lui a permis d’avoir un accouchement relax, son chum pouvait lire le journal tranquillement pendant qu’elle dormait. Puis tout à coup son conjoint a vu les chiffres bouger sur le moniteur qui indique les battements du cœur du bébé. Quand les battements baissent, cela veut dire que la tête du bébé est engagée et que la poussée est proche. J’ai eu l’impression que la venue au monde de son bébé se passait à l’extérieur d’eux. Elle n’a pas senti à l’intérieur de son ventre le bébé qui s’engageait, ils ont vu sur le moniteur que ça arrivait. J’ai toujours une image d’un bébé abandonné à lui-même durant cette épreuve quand j’entends des histoires comme cela. Lui, il n’a pas de péridurale. Il faut qu’il fasse seul se voyage qu’est la naissance», confie Lysane Grégoire.  On a pu aussi observer que chez les femmes ayant eu une césarienne le lien d’attachement est plus difficile à établir entre elle et leur nouveau-né.

La péridurale n’est pas une mauvaise innovation, mais elle est peut-être proposée trop rapidement, comme une porte de sortie facilement atteignable et surtout sans donner d’autres alternatives. «Je ne dis pas que l’épidurale est inutile, dans bien des situations, elle est salutaire. Je dis que, souvent, elle est superflue, que c’est devenu un geste de routine. Je vois les choses comme ça: un enfant est dans sa chambre et pour une raison ou une autre il passe un moment très difficile; sa mère, plutôt que de lui tenir la main, le réconforte par téléphone. (…) Il reste que tant que les femmes dans les hôpitaux, plutôt que de se faire dire: «vous êtes belle, bonne et forte et vous pouvez le faire», se font dire «voyons madame, ça n’a pas de bon sens souffrir de même, il faut vous soulager», on continuera à entendre: « je ne suis pas une superwoman»… ce qui n’a rien à voir pourtant », précise Cat, une autre habituée du forum.

Photo: www.naissance.ca Photo: www.naissance.ca

Pourquoi pas une accompagnante?

La présence d’une accompagnante pendant l’accouchement assure un soutien rassurant pour la maman, mais aussi pour le papa. Aussi, elle sert d’interface avec le milieu hospitalier. Elle explique les interventions et rappelle à la femme qu’elle n’est pas obligée d’accepter ce qu’on lui propose. «On est là selon les besoins des familles. On anime les rencontres prénatales et on aide les femmes à faire leur plan de naissance qui est en fait une description que la femme écrit de son accouchement idéal. Elle dit ce qu’elle voudrait et ce qu’elle ne veut pas, comme au sujet des positions par exemple. Aussi, on leur explique leurs droits. 95% des femmes ne les connaissent pas», souligne Ann Lebeau. L’accompagnante, une sage-femme ou une mère ayant suivi une formation spéciale, est disponible en tout temps lors de la grossesse et lors de l’accouchement selon ce que la famille souhaite. Elle guide les parents en les informant sur les différentes possibilités offertes, les avantages et les inconvénients, mais respecte toujours les décisions finales du couple.

Elle propose des méthodes alternatives pour le soulagement de la douleur. Des études ont démontré que la présence d’une accompagnante avait comme effets déterminants la diminution de la durée du travail et la réduction du taux d’interventions (césariennes comprises). La pratique est de plus en plus connue surtout à cause du virage ambulatoire des hôpitaux. «Les infirmières sont débordées et ne peuvent plus avoir soin des familles lors des accouchement. Les accompagnantes sont là pour supporter la femme et son conjoint autant physiquement que psychologiquement et pour les aider à prendre un choix éclairé lorsque des décisions doivent être prises», explique Ann Lebeau, accompagnante dans la Montérégie depuis cinq ans.  Comme France Paradis le disait si justement dans un article du magazine Enfants Québec, en novembre 1998, «les accompagnantes sont un pont sûr que la mère et le père peuvent emprunter vers leur propre «naissance» de parents».

De fait, elle permet au père de vivre pleinement la naissance de son enfant.  «Souvent les chums disent à leur blonde «pourquoi tu aurais besoin d’une accompagnante, je suis là, moi!». Puis, à la fin de l’accouchement, ce sont eux qui viennent nous serrer dans leurs bras pour nous remercier d’avoir été là. On permet aux gars d’être plus présents pour leur blonde. On leur apporte une assurance; parce qu’ils ne savent pas quoi faire souvent quand ils voient leur conjointe souffrir. Et, on n’est jamais trop de deux pour aider une femme à accoucher», raconte madame Lebeau, mère de deux enfants dont un né dans une maison de naissance. «J’ai pu comparer car j’ai accouché de ma fille dans un hôpital et j’ai vu ce que c’était d’être toute seule pendant mon accouchement. Alors qu’à la naissance de mon garçon dans une maison de naissance, j’étais bien entourée. Ça fait toute la différence», poursuit-elle. Elle précise aussi dans 90% des cas, une femme qui est accompagnée a très peu besoin d’analgésique durant son accouchement.

Photo: SoniaJam, photographe, 
www.soniajam.com Photo: SoniaJam, photographe

Importance de l’implication du père

Entre autres, la méthode Bonapace est centrée sur le couple et sur la naissance de leur enfant et encourage vivement la participation du père dans le processus de réduction de la douleur chez la femme enceinte. C’est probablement la technique la plus connue qui donne au père un rôle important tout au long de la grossesse et l’accouchement de sa partenaire. «Les pères aiment beaucoup cette technique parce que c’est «physique». Ils font quelque chose de concret», constate Ann Lebeau, acommpagnante à la naissance. Habituellement, le couple débute l’apprentissage de la méthode Bonapace vers la 26e semaine de grossesse.

En plus de bien se familiariser avec le déroulement de l’accouchement, les couples, et de fait les pères, se sentent plus confiants, ont une bonne idée de la douleur, la comprennent davantage et savent qu’elle peut être atténuée par des pratiques enseignées lors des cours ou de la lecture du livre. Cette approche non pharmacologique n’entraîne ni effets secondaires ni complications. Pour en savoir plus, lisez un témoignage.

Les méthodes et les positions

Pendant le travail, certaines mesures soulagent les femmes: prendre une douche ou un bain chaud, appliquer des compresses chaudes au bas du ventre et du dos, des massages de dos ou des jambes, des injections d’eau stérile dans le bas du dos, manger, boire, etc.

Certains cours et services prénataux offrent des techniques de relaxation et de soulagement de la douleur lors de l’accouchement. Il suffit de poser des questions lors des visites prénatales pour connaître ce qu’ils proposent lors que le travail est débuté.

Aussi, différentes positions sont suggérées pour l’accouchement. Bouger et marcher peuvent parfois aider à mieux supporter les contractions et les douleurs lombaires.


Pour en savoir plus

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Petits exercices pour apprivoiser la douleur

Pour une naissance heureuse, Isabelle Brabant, éditions Saint-Martin, 2001, 440 pages

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Venez lire les discussions du forum de PetitMonde au sujet de la péridurale.

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