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Parents d'ailleurs, enfants d'ici

Vie de famille

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Éducation Coup-de-fil

Les conseils pour favoriser l’intégration d’enfants adoptés ne manquent pas. Mais qu’en est-il de ces parents qui ont le courage de tout quitter pour venir s’établir ici? Comment les aider à transmettre leurs valeurs traditionnelles tout en respectant celles apprises au quotidien par leurs enfants?

Question d’autonomie

Au Québec, «l’autonomie» qui est tant véhiculée peut sembler excessive et même nuisible selon l’impression de nombreux parents immigrants qui ont souvent un mode de vie plus centré sur «l’interdépendance». C’est ainsi que la famille élargie et le voisinage jouent un rôle important dans l’éducation et l’encadrement de leurs enfants. La discipline est faite principalement par «contrôle externe». L’enfant apprend les valeurs et les règles en étant corrigé s’il y déroge. Il réussit à bien fonctionner dans ce type de société, car il y a toujours quelqu’un pour le ramener à l’ordre s’il désobéit.

Il est vrai qu’au Québec, l’autonomie est encouragée dès le jeune âge. Le but étant que l’enfant grandisse en intégrant les valeurs et règles nécessaires à son bon fonctionnement dans la société. Il apprend à choisir lui-même les comportements appropriés, non pour éviter une punition, mais pour son propre bien. C’est idéal à nos yeux, mais ce n’est pas évident, surtout quand il s’agit de passer d’une culture à l’autre.

Punition ou abus d’autorité?

On entend souvent qu’au Québec, il n’est «pas permis» de punir les enfants. Certains enfants utilisent même ce genre d’affirmations pour défier l’autorité de leurs parents, au grand désespoir de ceux-ci. En fait, dans la société québécoise, plusieurs stratégies éducatives ont été développées pour aider les enfants à développer un «sentiment de contrôle interne». Ainsi, l’enfant en viendra à prendre la bonne décision ou à changer lui-même de comportement, non par peur d’être puni, mais par conviction personnelle. Par exemple, il ne mettra pas la ceinture de sécurité par peur d’être arrêté par la police, mais plutôt pour éviter d’être blessé dans un accident. Tout comme il ne fera pas ses devoirs pour éviter que ses parents lui interdisent de regarder la télévision, mais parce qu’ils sont importants pour l’aider à apprendre.

La punition demeure une nécessité dans certains cas où l’enfant ne réussit pas à se conformer aux règles ou à se contrôler, même après plusieurs interventions pour l’aider à apprendre. La question des punitions «abusives» est souvent liée au fait que les parents se sont retrouvés sans support et que les enfants se sont mis à déroger aux règles de façon excessive. Lorsque l’enfant expérimente deux types différents d’encadrement, il pourrait être porté à tester les limites à répétition. Plusieurs parents auront alors l’impression d’être en train de perdre le contrôle et leurs punitions deviendront parfois excessives. Non pas intentionnellement, mais par manque de soutien et de stratégies alternatives.

Remettre les valeurs dans leur contexte

Les intervenants en garderies et dans les écoles doivent être vigilants lorsqu’ils s’adressent aux enfants d’immigrés et abordent la discipline à la maison. Si un enfant entend qu'au Québec «il est interdit de frapper les enfants» sans autre explication, cela pourrait mettre en péril l’autorité parentale à la maison. Quand il est question d’ajuster les méthodes éducatives du pays d’origine et celles du milieu de garde ou scolaire, il est préférable de se parler entre parents et éducateurs hors de la présence de l’enfant.

Gardons à l’esprit qu’il serait impossible, et même risqué, d’exiger de la famille qu’elle adopte les mêmes façons de faire que la garderie ou l’école. Les parents se retrouveraient isolés, avec une nouvelle problématique ajoutée au stress d’adaptation à la société d’accueil. Par peur du jugement ou de la manière dont les intervenants d’ici agiraient à leur égard, les parents n’oseraient pas aller chercher de l’aide extérieur. La meilleure solution est donc d’être là pour les aider à trouver des solutions qui allégeraient leur fardeau.

Il est important de se fixer des buts communs pour que l’enfant sache ce qu’on attend de lui. Il est certain que les éducateurs ou professeurs peuvent suggérer des alternatives aux parents, mais toujours sans disqualifier leurs façons habituelles de procéder.

Par exemple, si un enfant fait des crises au départ de la garderie et que l’éducatrice voit son parent le frapper, plutôt que d’interdire le geste devant l’enfant, il est recommandé de supporter le parent en amenant l’enfant à l’écouter. Il est très aidant de demander à l’enfant s’il est «capable» de répondre lui-même à la demande de ses parents ou s’ils ont besoin de se fâcher pour qu’il écoute.

Dès leur jeune âge, la plupart des enfants aiment beaucoup se sentir «capables» d’accomplir quelque chose. Cette stratégie est applicable dans plusieurs situations et acceptable pour la plupart des parents immigrants. Par exemple: «Je te donne deux chances, es-tu capable de déposer le jouet sans le lancer ou tu as besoin que maman se fâche? … 1-2». Dans la majorité des situations, l’enfant préfèrera réussir tout seul plutôt que de voir son parent se fâcher. Ensuite, le parent pourra féliciter son enfant d’avoir réussi «tout seul» à écouter. C’est un bon début pour aider l’enfant à développer un sentiment de contrôle provenant de lui-même. C’est moins fatigant et plus encourageant pour les parents et ça peut très bien se réaliser en collaboration entre la garderie ou l’école et la famille. 


Vous aimeriez parler de ce sujet avec une intervenante? ÉDUCATION-COUP-DE-FIL est là pour vous: 514-525-2573 ou 1-866-329-4223.

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