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Pascale Pontoreau
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De plus en plus de couples décrochent. Ils débarquent d’une vie de couple qu’ils trouvent trop lourde; ils refusent les difficultés inhérentes à la vie de famille. Oui, oui, plus de la moitié des parents divorcent dans l’année qui suit la naissance de leur premier enfant. Ça ne s’invente pas ! Au milieu de la tempête, des enfants perdus qui vont quitter leur nid douillet et apprendre un nouveau mode de vie.
Sans chercher à faire le procès des pères, tous les témoignages concordent : même s’ils sont de plus en plus nombreux à s’impliquer dans l’éducation de leur enfant et à réclamer la garde alternée en cas de rupture, la plupart prend encore la poudre d’escampette dès l’annonce de la séparation. Et la mère de se retrouver plantée là, en état de choc affectif, avec un petit sur les bras qu’il faut nourrir trois fois par jour, loger à temps plein, vêtir convenablement et amuser plus souvent qu’autrement. C’est la débandade. Mais les monop’ ont plus d’un tour dans leur sac, et bien souvent, le système D. va les sortir du chaos quotidien.
Si la mère craque, elle a tout intérêt à chercher de l’aide rapidement. D’une part, pour régler les problèmes légaux avec son ex-conjoint. Une fois que les modalités de pension alimentaire et de droit de visite sont réglés, elle dispose de temps et d’énergie pour penser à autre chose. D’autre part, pour se remettre sur pied. Parce qu’une maman en santé risque de maintenir la tête de son enfant hors de l’eau plus facilement; parce qu’une femme en forme va garder un contact avec la réalité et avec son petit et ainsi l’aider à traverser l’épreuve en souplesse. Et puis parce que la vie continue, elle est plus dure, elle coûte plus cher… mais elle continue.
Selon son âge, son origine, son cadre de vie habituel et les circonstances, la monop’ dispose de différents types d’aide. La famille, en premier lieu, si elle est disponible. Les copines aussi, les meilleures oreilles qui soient, mais qui ne sont pas toujours en mesure d’apporter un autre soutien que la simple écoute. Les associations enfin. Là, les récentes mères célibataires peuvent raconter leur histoire et réaliser qu’elles ne sont pas seules dans leur cauchemar. Ça ne change pas la situation mais ça permet de se remonter le moral. Et puis, elles vont y apprendre des tas de choses sur les lois, la psychologie, l’éducation, les finances, la santé et même la cuisine. Mine de rien, ça occupe l’esprit et ça change du sofa déprimant du salon !
Petit à petit, les divorcées vont reprendre du poil de la bête. Elles ne recevront pas forcément de pension alimentaire, elles en arracheront pour expliquer à leur patron que leur petit est malade et que personne ne peut le garder, elles auront souvent du mal à boucler les fins de mois, elles développeront des tas de trucs pour préparer le repas, tout en supervisant les devoirs, pour penser au camp d’été tout en cherchant un habit de neige en solde. Mais étrangement, et plusieurs le confirment, elles se sentent libres de faire ce qu’elles veulent, à leur rythme. Elles s’adaptent finalement pas si mal à l’intensité de la routine. Et profitent de leurs nombreux tête-à-tête avec les enfants pour se souvenir du goût savoureux de la maternité.