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Pascale Pontoreau
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Dès que je parle de bateau, je frissonne. Si, je vous assure. Tellement que lorsque j’emprunte l’autoroute 10 et que je franchis la rivière Richelieu, mon cœur se met à battre et je palpite de partout ! Tout ça parce que nous avons eu un tout petit esquif de rien du tout il y a quelques années et que je me suis pas remise de sa vente. J’y pense la nuit et je furète des heures sur les sites d’embarcations usagées dans l’espoir de trouver la coquille de noix de mes rêves.
Pourtant… Nous avons gardé notre rafiot à peine un mois : conçu et réalisé pour un lac privé, il ne convenait pas à nos aventures ambitieuses sur tous les plans d’eau du Québec. Et nous avons découvert ces défauts – à moindre frais – en navigant sur la rivière Richelieu; entre Sorel et St-Paul-de-lîle-aux-Noix exactement. Quatre jours merveilleux en famille à traînasser au fil de l’eau.
Qu’il pleuve des trombes d’eau, qu’on tombe en panne d’essence à moins de 100 pieds de la marina, qu’on manque de se retourner au dangereux passage d’une énorme vedette à moteur : rien n’y a fait, nous étions littéralement accroc de notre yacht miniature.
Le bonheur était presque parfait
Pour les enfants, la croisière a été un enchantement : un endroit à leur taille dans lequel on vit, pour le plaisir, au rythme de la simplicité volontaire. On s’habille avec n’importe quoi; on mange à pas d’heure; on lit; on joue; on paresse tout son soûl; on passe des écluses au rythme de l’escargot; on s’arrête si on veut, quand on veut; et on profite même des piscines de marinas quand le cœur nous en dit. Pour les parents ? Un moment idéal – pas très intime il faut le reconnaître – pour retrouver ses petits et rire d’un rien tout en découvrant des tas de choses nouvelles. Honnêtement, on frise le bonheur !
Saviez-vous qu’il existe près de 3000km de canaux entre Montréal, Toronto et New York ? Des heures de plaisir, des sites inoubliables, des paysages sensationnels et finalement, méconnus. Parce que les bonzaïs de paquebots plus hauts que larges ne naviguent que pour impressionner les voisins et les passagers; bien souvent, ils font un aller-retour à toute allure, font des vagues et de l’esbroufe et termine rapidement la journée au port entre deux caisses de bière.
Une organisation sans faille
En famille, autant privilégier le dépaysement et l’aventure. Et pour cela, il faut se préparer. D’ailleurs, cette année, tous les propriétaires de bateaux motorisés devront avoir un permis de navigation, ce qui limitera, on l’espère, les folies de certains. La navigation comme la randonnée doit être organisée : vous devez avoir tout l’équipement pour naviguer bien sûr mais aussi et surtout tous l’équipement de sécurité de la bouée de sauvetage aux fumigènes en passant par la deuxième ancre et la corne de brume.
Des frais, encore des frais
Une fois le bateau acheté, il faut penser à l’équipement donc (il vient souvent avec l’embarcation usagée) et aussi au matériel de camping : oui, oui, un bateau c’est un peu comme une tente, il faut des sacs de couchage, des assiettes, des verres, des serviettes de bain, etc. Ajoutez à cela, les marinas : chaque nuit estivale est calculée à la longueur du bateau – comme le passage des écluses d’ailleurs – et l’hiver, à moins d’avoir un grand jardin, il faut hiverner la chose à un tarif légèrement inférieur au pied. Et l’essence aussi. À moins d’un voilier qui ne se déplacerait qu’à la seule force du vent, un moteur a besoin d’essence. Imaginez un instant combien aspire par jour un de ces énormes yachts quand il est propulsé par deux monstres de 300 forces ?
Des alternatives
Le voilier a priori coûte un peu moins cher en entretien général, mais avec de jeunes enfants, il demeure beaucoup moins pratique. Plusieurs parents préfèreront attendre que leurs petits aient un équilibre mieux développé et comprennent bien les règles élémentaires de sécurité avant de les embarquer. Un voilier peut gîter (se pencher sur le côté) et devenir très inconfortable pour un petit qui tient à peine debout; Par contre, il a ni le bruit ni l’odeur du moteur ! Pour avoir moi-même fait beaucoup de voile étant jeune tant sur des dériveurs que sur des quillards de croisière, je ne recommande pas forcément ce type de vacances avec des moins de cinq ans.
Une autre alternative au yacht reste le Zodiac (il existe d’autres marques nord-américaines moins dispendieuses) : petit, simple et relativement léger à manipuler et à ranger en hiver, il permet de se déplacer rapidement d’un point à un autre et surtout de se glisser dans des petites criques inaccessibles aux plus grosses embarcations. Avec les enfants, on constate toutefois quelques défauts tel que l’absence de protection solaire, la difficulté à naviguer s’il pleut ou que le temps est menaçant (un orage en Zodiac c’est pas terrible !), et surtout, l’impossibilité de bouger. Essayer de tenir un petit de 3 ans pendant une heure dans le fond, vous m’en direz des nouvelles.
Voilà, le bateau, c’est un peu du camping qui se promène; c’est la tente roulotte sur l’eau. Ce sont une série de petits plaisirs que les enfants adorent et qui se partagent très bien en famille. Sincèrement, ça vaut le coût !
Références
Achat de bateaux usagés au Québec
Achat de bateaux usagés en Ontario
Les marinas du Québec
Guide de navigation de plaisance de Pêches et Océans Canada
Guide de sécurité nautique