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Mode - Le pouvoir des enfants

Mode et beauté

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Pascale Pontoreau

Photo: Pascale Pontoreau

«Je dois bien reconnaître que je n’ai rien vu venir.» Françoise Dulac est franche, professeure à l’École supérieure de mode, cette spécialiste de la mode québécoise nous parle de l’évolution de la place des enfants sur les marchés vestimentaires. «Depuis les dernières années, nous nous sommes tellement concentrés sur les baby boomers, qu’on en a oublié le pouvoir des enfants.»

«Il y a quarante ans, les enfants n’avaient aucun droit de parole. Avec le temps, on leur a accordé beaucoup d’importance. Tellement d’importance qu’aujourd’hui ce sont eux qui génèrent une majeure partie des décisions familiales. Ce ne sont pas eux qui achètent, mais ils influencent énormément leurs parents,» continue madame Dulac.

Une double réalité

«Je crois que cette situation est le fruit d’une double réalité. D’abord, les années 80 ont connu l’avènement du pouvoir du travail. Les femmes se sont parallèlement senties extrêmement coupables de s’occuper moins de leur progéniture, elles leur ont, du coup, accordé beaucoup plus d’attention. De plus, les enfants d’aujourd’hui sont les premiers acteurs de la génération des divorces. Pas fous, ils ont vite compris les avantages qu’ils pouvaient retirer des fragiles situations émotives dans lesquelles ils vivaient.»

Françoise Dulac poursuit sa démonstration. «En Occident, en ce début d’an 2000, les jeunes ont tout : ils ont de l’argent (celui de leur parent habituellement ou de leurs jobines), des téléphones cellulaires, des accès à l’information multiples et des goûts bien arrêtés. Ils jouent au monde adulte. Ils veulent tellement faire partie de ce monde qu’ils en copient toutes les apparences.»

Des goûts et des couleurs

«Quelques soient les choix vestimentaires dont font preuve enfants et adolescents, même s’ils nous déplaisent totalement à nous parents, il n’y a pas de quoi vraiment paniquer. L’habillement est somme toute moins dommageable physiquement et moralement que la cigarette, l’alcool ou les actes dangereux. C’est vraiment un moindre mal… qui passe au bout d’un certain temps. Une chose cependant se dessine à l’avenir, la dichotomie entre des baby boomers de 50 ans et plus nombreux et en forme, et les jeunes. Cette dualité va créer deux modes en totale opposition parce que, quoi qu’il advienne, les plus jeunes doivent absolument se démarquer et n’auront jamais envie de ressembler à leurs géniteurs!»

Modéliste de formation, Françoise Dulac a été directrice du programme de design de mode au Collège Lasalle. Ses recherches se sont orientées sur l’évolution de la mode québécoise et le rôle du vêtement dans la dynamique sociale.

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