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Dre Sabina Dosani et Peter Cross
Ne tournons pas autour du pot: vous ne pouvez laisser l’intimidation faire du tort à vos enfants. Comment vous y prendrez-vous pour ne pas que les choses empirent?
Comment savoir si votre enfant est victime d’intimidation?
Parmi les signaux d’alarme les plus courants, notons le refus d’aller à l’école, le fait de manquer des cours ou d’emprunter un nouveau chemin pour se rendre à l’école, d’être irritable, d’avoir faim au retour de l’école, d’avoir des contusions ou des éraflures inexpliquées, d’être de mauvaise humeur, de se montrer cruel avec ses frères et sœurs, de se sentir malheureux et d’avoir des idées de suicide. Chacun de ces symptômes peut être attribuable à d’autres causes, mais, si vous remarquez que plusieurs d’entre eux surviennent en quelques semaines, il est probable que votre enfant est victime d’intimidation.
Vous pouvez avoir une des deux réactions suivantes: vouloir casser la figure des parents du jeune qui pratique l’intimidation, ou penser que celle-ci est une affaire entre enfants et que vous ne devez pas vous en mêler. Seulement, si l’intimidation n’est pas réprimée, elle peut avoir des effets dévastateurs sur un enfant: isolement social, baisse de l’estime de soi, dépression. La victime pourrait par la suite avoir de la difficulté à nouer et à entretenir des relations basées sur la confiance, souffrir de maladies dues au stress, et faire usage de drogues et d’alcool. Vous pouvez aider vos enfants à réagir à l’intimidation en leur apprenant à se montrer sûrs d’eux sans être agressifs.
De nouvelles façons de réagir à l’intimidation
Dites à votre enfant de reprendre les paroles de la personne qui cherche à l’intimider, puis d’y répondre de façon à neutraliser l’insulte. Par exemple:
«Tu sens bizarre.
– C’est mon nouveau shampooing. Il sent très bon.»
Voici une autre ruse à enseigner à votre enfant: invitez-le à demander à la personne qui use d’intimidation envers lui de répéter ce qu’elle vient de dire. Comme les intimidateurs sont souvent des lâches, ils ont rarement le courage de refaire leurs insultes et se mettent rapidement à modérer leurs transports.
Dites à votre enfant d’imaginer qu’il se trouve à l’intérieur d’une bulle protectrice, sur laquelle rebondissent les injures de ceux qui cherchent à l’intimider. S’il s’exerce à visualiser cette image, il sera moins sensible aux attaques. Cette méthode aide également les jeunes à reprendre le contrôle d’eux-mêmes lorsqu’ils sont l’objet de critiques qui les paralysent. Par ailleurs, veillez à ce que vos enfants se fassent des amis en dehors du cercle de ceux qui cherchent à les intimider. S’ils font partie d’une troupe de théâtre, d’un club sportif, d’un orchestre ou d’une chorale, ils partageront avec des copains des activités qui les aideront à retrouver leur confiance en eux-mêmes.
On plonge!
La prochaine fois que vous regarderez un dessin animé ou que vous lirez une bande dessinée avec vos enfants, encouragez-les à observer le langage corporel des peronnages. Baissez le son pour attirer leur attention sur cet aspect. Demandez-leur d’énumérer les caractéristiques de la personne qui use d’intimidation et celles de
Proposez à votre enfant de noter dans un cahier les occasions où il a été victime d’intimidation. En décrivant les attaques qu’il a subies et les émotions qu’il a vécues, il apprend à maîtriser la tristesse, la colère et le sentiment d’injustice qui l’haabitent. Si vous prenez la peine de contresigner ses notes et d’y ajouter la date, vous aurez en main des renseignements qui vous seront utiles s’il vous faut répondre aux gestes d’intimidation. Il ne faut pas négliger les petits qui sont trop jeunes pour écrire: un collage ou un dessin représentant ce qui s’est passé ou ce qu’ils éprouvent peut avoir des effets libérateurs. Les enfants qui se sentent en colère et qui deviennent violents se sentent souvent mieux après avoir fait leur dessin et l’avoir déchiré en mille morceaux.
On plonge!
Organisez une séance de remue-méninges pour trouver des stratégies de refus. Voici une liste d’idées soumises par des enfants victimes d’intimidation:
– Non.
– Non, je ne veux pas.
– Non, merci.
– Non, j’aime mieux ne pas faire cela.
– Si je le pouvais, je le donnerais, mais ma mère ne veut pas que je donne ce qui m’appartient.
– Je suis diabétique, et il est dangereux pour moi de ne pas manger au dîner.
– C’est contre ma religion
Lorsque les enfants ont découvert des stratégies de refus avec lesquelles ils se sentent à l’aise, ils réussissent à se défendre.
Encouragez votre enfant à se confier à son enseignant. S’il pense ne pas être en mesure de le faire, voyez s’il peut s’en remettre à un autre adulte de l’école: la surveillante, la secrétaire, l’infirmière. Certains se sentent incapables de parler de leur problème, mais ils peuvent écrire ce qui s’est passé ou montrer à une personne de confiance le cahier dans lequel ils ont consigné les incidents dont ils ont été victimes.
Si l’intimidation persiste ou si votre enfant subit des blessures, prenez des mesures concrètes: informez-en l’enseignant et, s’il le faut, des personnes plus haut placées, jusqu’à ce que l’affaire soit prise au sérieux et réglée. Continuez de noter les faits. N’hésitez pas à faire appel à la police si des intimidateurs menacent ou blessent votre enfant.
De fil en aiguille
Les enfants qui ont vécu une journée difficile parce qu’ils ont été victimes d’intimidation à l’école ont besoin de trouver une atmosphère calme à
Source: Mon enfant, je l’aime, je le comprends, éditeur: Les Éditions Transcontinental, auteurs: Dre Sabina Dosani et Peter Cross, 2008, 306 pages.