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Sylvie Laplante
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Quon les appelle douces, alternatives, parallèles, complémentaires, naturelles, nouvelles ou traditionnelles, une chose est claire, ces médecines sont goûtées par un nombre toujours croissant de gens, et ce dès le plus jeune âge. Ce nest pourtant pas un jeu denfant de trouver le remède approprié, la bonne thérapie ou le praticien qui saura le mieux mettre le doigt sur le bobo.
Bébé chez lacupuncteur?
Votre enfant souffre dasthme ou dallergies, vous tournerez-vous vers lacupuncture, la chiropratique, lhoméopathie, la naturopathie ou la massothérapie? Ces cinq approches, des plus populaires dans le vaste monde des médecines douces, prétendent toutes être de bon secours pour ce type de problèmes. Si vous cherchez un casse-grippe, opterez-vous pour un remède homéopathique ou pour une plante médicinale comme léchinacée? À moins que ce ne soient les otites à répétition de bébé qui vous empêchent de dormir? Là aussi, les prétendants au titre du soigneur champion ne manquent pas!
En fait, ce sont généralement les problèmes non résolus par la médecine conventionnelle qui cherchent leur solution ailleurs, comme lobserve tous les jours le Dr Paul Lépine qui pratique aussi lhoméopathie et lostéopathie au Centre de santé globale, à Sainte-Foy. «Chez les nourrissons, on se tourne vers dautres approches principalement pour les cas de coliques, de poussées de dents douloureuses et de problèmes de sommeil. Chez les enfants, on parle surtout dotites, de sinusites, de bronchites, dallergies, dasthme et decxéma», résume le médecin de famille. Il précise, cependant, que contrairement à lhoméopathie, lostéopathie nest pas encore très utilisée auprès des enfants.
Du côté de lAssociation dacupuncture du Québec, on assure que les petits représentent une clientèle importante et quils peuvent se soumettre à ces traitements dès la naissance. Même son de cloche de lAssociation chiropratique canadienne dont le site répond à quelques questions au sujet des nourrissons et des enfants. Quant à la massothérapie, nous avons trouvé un résultat détude intéressant sur le traitement de lasthme, dans le site de lHôpital pour enfants de lest de lOntario. Les auteurs de cette étude précisent, cependant, que bien que des parents puissent envisager de recourir à certaines médecines douces, ils doivent poursuivre en même temps les traitements conventionnels pour éviter la possibilité dune grave crise dasthme.
Le meilleur des deux mondes!
Cette façon de voir les médecines douces comme pouvant être complémentaires à la médecine conventionnelle gagne en popularité, remarque le Dr Lépine. «Les gens qui me consultent apprécient cette ouverture à faire de nouvelles expériences tant que lon sait quil ny a pas de danger pour la santé», ajoute-t-il.
Même réaction au rayon des produits de santé naturels: de plus en plus de gens souhaitent y avoir un accès accru tout en ayant lassurance de leur sécurité et de leur qualité. Cest ce qui ressort dune (longue!) consultation publique menée par Santé Canada qui démontre que plus de la moitié des Canadiennes et des Canadiens consomment maintenant des produits naturels sous forme de remèdes à base dherbes médicinales, de suppléments vitaminiques et de minéraux, de produits traditionnels chinois, de même que de traitements homéopathiques. On prévoit donc ouvrir cet hiver le Bureau des produits de santé naturels, chargé détablir «avec souplesse» une nouvelle réglementation de ces produits.
Car le nud du problème est bien là, entre lintérêt pour tous ces produits et pratiques qui nont généralement pas fait leurs preuves scientifiques et le moyen den vérifier la véritable valeur et dassurer la protection des utilisateurs. Et le casse-tête possède un nombre incalculable de pièces! Pour vous en convaincre, il suffit dajouter à la liste de tous ces produits naturels, le nombre toujours croissant de thérapies alternatives. Seulement deux de ces approches possèdent leur ordre professionnel reconnu par lOffice des professions du Québec: lacupuncture et la chiropratique.
Alors, lorsque vous cherchez de linformation sur les thérapeutes en aromathérapie, ostéopahie, réflexologie, naturopathie ou encore en rigolothérapie, vous devez faire preuve de beaucoup de patience et de discernement pour vous y retrouver. Cest pourquoi nous vous avons dressé une liste de sites Internet sur les médecines douces qui vous permettra de trouver des définitions de différentes approches de même que les coordonnées des nombreuses associations ou écoles de praticiens dans ce domaine et beaucoup plus encore!
Quand les médecins sen mêlent!
Lune des découvertes intéressantes que nous avons faites en effectuant cette recherche, est le site de lAssociation de santé holistique du Québec (A.S.H.Q.), anciennement lAssociation de médecine holistique du Québec. Ce regroupement se définit comme «une organisation de professionnels reconnus de la santé, de professionnels en émergence dans le domaine de la santé et dusagers en démarche de santé globale».
Dentrée de jeu, on vous apprend que votre médecin peut être réprimandé ou perdre son droit de pratique pour vous avoir donné un traitement homéopathique; que votre pharmacien peut être poursuivi pour pratique illégale de la médecine sil vous fait une consultation homéopathique et que votre thérapeute ou naturopathe peut aussi être poursuivi sil vous donne un conseil. Suite à cela, on vous invite à signer une pétition sadressant à la Ministre de la santé qui dit, en résumé, que le gouvernement doit reconnaître les thérapies complémentaires et créer une réglementation appropriée pour protéger la population, tout en reconnaissant à chacun le droit de choisir librement le type de soins quil désire.
Selon le président fondateur de cette association, le Dr Jean Drouin, le nombre domnipraticiens qui sadonnent aux techniques de médecine alternative a dramatiquement chuté au Québec à cause des pressions exercées par le Collège des médecins. Pour le Dr Drouin, qui est aussi connu comme le Dr Patch Adams de chez nous puisquil pratique la rigolothérapie (thérapie par le rire) depuis une vingtaine dannées, il est clair que les thérapies nouvelles ne visent pas à remplacer la médecine mais plutôt à lenrichir. Cest pourquoi son association parle de médecines complémentaires et non alternatives et quelle tente de créer un réseau de recherche afin que ces thérapies passent le test de la science. Mais, rappelle le Dr Drouin, «La population ne désire-t-elle pas avant tout que les thérapeutes soient humains avant dêtre scientifiques?»
Des conseils bien dosés
Voici une question qui mérite réflexion, puisquon ne peut perdre de vue que bien des gens ont déjà payé cher en laissant leur santé aux mains de charlatans, sans avoir de recours auprès dun ordre professionnel ni de lOffice de la protection des consommateurs (OPC). À ce sujet, voici quelques précautions recommandées par lOPC:
«Une fois la thérapie ou la démarche amorcée, il est recommandé de faire le point régulièrement afin dévaluer les résultats. Le client est celui qui peut le mieux juger des effets dune thérapie et décider sil y a lieu de la poursuivre ou non», ajoute lOPC dans ses recommandations concernant les approches alternatives de santé.
Cest dans des termes semblables que le Dr Paul Lépine conclut notre entretien. «Limportant, lorsquon essaie des approches différentes, cest dobserver lévolution du traitement avec des points de repère très précis, comme un journal de bord quotidien. Cest le seul moyen de savoir si le traitement choisi est vraiment efficace».
Des précautions que lon ne manquera pas de prendre, à plus forte raison quand il sagit de la santé de nos enfants.