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Pascale Pontoreau
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Moi qui tient plus du pigeon voyageur que de l’animal sédentaire, je ne parviens toujours pas à me mettre dans le crâne que la location ou l’achat d’un chalet a des qualités indéniables. Quelque part, passer toutes mes vacances à la même place me déprime totalement. Plus toutes les fins de semaine ? Ah non, impossible à rentrer dans mon petit cerveau de moineau. Pour moi, le chalet est une contrainte qui m’attache littéralement au même coin de paysage pour le restant de mes jours.
Attendez, je ne nie pas l’intérêt de sortir de la ville le plus souvent possible. Je suis simplement incapable de quitter mon nid quotidien pour retrouver un autre nid hebdomadaire. Je comprends parfaitement le besoin de points de repère : cette espèce de stabilité qui garantit l’équilibre individuel et la simplicité. Mais, je me nourris des différences et la continuité m’ennuie vite.
On me dit que le chalet demeure le meilleur endroit pour construire les souvenirs des enfants ou se créer des projets familiaux. Je veux bien mais on progresse plus vite quand on change de cheval régulièrement, quand on skie dans des stations différentes, quand on pédale sur des routes variées. Et alors, pour un enfant unique, je peux vous garantir que le principe du chalet peut être terrible : en ville, il y a les copains, mais à la campagne, personne, parce que les parents fatigués des bruits urbains sont allés trouver une résidence secondaire bien loin de tout et parfaitement isolée.
Je reconnais qu’il revient moins cher d’acheter un chalet que de le louer ou de vagabonder au gré des hôtels (en hiver, en été on peut toujours choisir le camping). Mais il faut avoir quand même des sous devant soi (mes copines me parlent souvent des p’tites réno du chalet à mille piasses chaque !) et trouver la perle rare dans la région de notre choix : le chalet à plus de deux heures de la ville où on réside est utilisé moins souvent les week-end. Entre la proximité d’un lac ou celle d’une montagne, il faut souvent choisir; pourtant on peut aimer faire du ski et des activités nautiques.
Les locations deviennent hors de prix et Internet n’aide pas : tous les chalets annoncés dans les Laurentides sont maintenant destinés aux Français à la recherche de la «cabane au Canada». Cousins qui sont prêts à payer cher puisqu’ils calculent en euros (parité avec le dollar américain) et en fonction des tarifs européens largement supérieurs à ceux qui prévalaient ici.
Et mine de rien, avoir un chalet suggère un paquet de troubles auxquels on ne pense pas toujours : il faut doubler les achats domestiques (literie, vaisselle, produits d’entretien, base d’épicerie, équipement de sport ou d’activité, etc.), il faut doubler les activités domestiques (on fait le ménage à la maison… et au chalet) et quand on rentre le dimanche soir, les lunchs du lendemain ne sont pas prêts ! Pas de grève de bouffe : on fait les repas comme les autres 364 jours de l’année sans le confort de la cuisine familiale. Et l’essence avec ça, il faut compter jusqu’à plusieurs pleins de plus si le chalet est loin du domicile.
Que ceux qui cherchent à me convaincre du contraire n’hésitent pas, je suis toujours ouverte à la discussion… mais on n’est pas sorti du bois, de là à dire que je suis de mauvaise foi !
Références
Chalets branchés du québec
Chalets à louer
ou Taper location de chalets ou chalets à louer dans Google.ca
Alternative : partir dans une pourvoirie, c'est exotique, non ?