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Pascale Pontoreau
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Avez-vous déjà amener un tout-petit en camping ? Comment résister à la tentation de vous parler des nombreuses joies de l’expérience.
Moi qui aime les grands espaces, moi qui trouve toujours ma maison trop petite, j’adore camper : et plus la tente est petite, plus je trippe ! Peut-être que ça me rappelle la cavité utérine de ma maman. Peut-être qu’enfin, j’ai un univers à ma taille. Mais je redeviens complètement enfant, dès qu’on m’installe dans une tente.
Pour les enfants, la tente est une petite maison… à leur échelle ! Il faut les voir tourner autour de l’emplacement, rôder à l’affût de la moindre brindille qui viendrait déranger leur sommeil du juste. Et puis ils aident. Ils adorent venir planter les piquets, poser les arceaux : pour une fois, ils se transforment eux-aussi en bâtisseurs. À peine la tente est-elle installée qu’ils se jettent dedans et se roulent par terre comme un chien qui a retrouvé son panier. Et puis en camping, on entre on sort sans se poser de questions. On vit par terre. Non mais avez-vous remarqué le plaisir évident que vivent les enfants quand ils peuvent être au sol : sans lit, sans chaise.
Pour les grands aussi le camping apporte son lot de joies. D’abord, pas de ménage. Eh pensez-y… pas de ménage. Côté bouffe, on se lâche lousse aussi : il fait chaud, on a envie de salades, de grillades et de pop-sicles. Pas besoin de se casser la tête avec les menus. Côté vaisselle, pas trop d’énervement non plus : on lâche les plus jeunes avec une bassine, une éponge et du produit et ils s’accordent des heures de rigolade plantés devant le moindre robinet. C’est long, certes, mais on s’en fiche et c’est toujours une vaisselle de moins à faire ! Sans compter que les papas moins présents pendant le reste de l’année, se prêtent avec bonne humeur aux tâches quotidiennes… et ils allument le feu.
Je l’accorde, plus on vieillit, plus on trouve le plancher bas et dur mais avec un bon tapis de sol, ça s’arrange. Et puis pour l’intimité, on repassera; d’ailleurs, avec des ados, il est préférable de prévoir une tente supplémentaire. J’accorde aussi que les jours de pluie sont longs, longtemps, dans un si petit espace de vie. Mais en prévoyant dès le départ des activités pour ces journées là, on sauve bien des grincements. Il y a aussi toujours le risque d’avoir des voisins impolis qui oublient qu’un camping est aussi peu insonorisé qu’un camping !
Pour moi, rien ne remplacera le bonheur tout simple de me coucher à côté de ma petite de 10 mois, de n’avoir aucun complexe ou scrupule à dormir avec elle, à la regarder toute sereine dans les bras de Morphée. Pas de problèmes d’allaitement : il n’y a qu’à se tourner. La lanterne accrochée au plafond qui nous laisse croire qu’on est au bout du monde. Les histoires qu’on raconte dans l’obscurité. Les fou-rires qu’il faut réprimer… Nous entasser tous les cinq côte à côte dans ce drôle de mélange d’odeurs de crème solaire, lotion anti-moustiques, chaleur accumulée, transpiration discrète après les heures passées dans le lac, me ravit et m’attendrit au plus haut point. J’aime soudain profondément toute ma joyeuse tribu. À ce jour, je n’ai retrouvé cette sensation dans aucune autre circonstance.
Références
Guide du plein air au Québec, Trimédia, édition 2003, 24,95$
Canot-camping et kayak de mer au Québec, Fédération Canot-Camping, 2003, 19,95$
Sepaq (Société des établissements de plein air au Québec)
Parcs Canada
Aventure-écotourisme
La page des campings du Québec
Le camping au Québec