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Sherrie Jamieson
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«Si j’avais su que des petits-enfants peuvent être si amusants, j’en aurais eu bien plus tôt!» Une telle réflexion fait toujours sourire mais, tout à fait sérieusement, les aînés avec lesquels les responsable de services de garde en milieu familial de ma collectivité ont travaillé semblent être ravis de la compagnie d’enfants en chair et en os qu’ils peuvent observer et embrasser.
Malheureusement, notre société en constante mutation impose aux familles de s’éloigner du milieu de vie de leur parenté; les enfants sont privés de l’influence bénéfique de leurs grands-parents et les grands-parents de la présence de leurs petits-enfants. Pourtant, les membres des deux groupes d’âge ont tellement de choses à se donner.
Depuis cinq ans, la South Delta Family Child Care Asssociation de Oclombie-Britannique fait en sorte que les enfants rendent visite aux aînés du Kinsmen Extended Care Program une fois par mois. Cette initiative encourage les interactions entre les aînés et les enfants. Chaque visite dure entre une heure et une huere et demis.
Avant notre première visite à l’Extended Care Program, nous avons dit aux enfants où nous allions, qui nous allions voir et ce que nous allions faire là-bas. Nous les avons également préparés à voir des objets inhabituels pour eux, tels que des fauteuils roulants, des marchettes et des tubes à oxygène indispensables à certains résidants. Nous avons expliqué aux enfants qu’il se peut qu’ils doivent élever la voix parce que l’ouïe des aînés n’est pas aussi exercées que la leur. Maintenant que les enfants se sentent bien dans cet environnement, le temps de préparation s’est de beaucoup raccourci. Les parents des efnants n’ont que des louanges et des commentaires positifs à propos de ces visites.
Lorsque nous allons rendre visites aux aînés, nous apportons des jeux, des livres, des casse-tête et tout le matériel nécessaire à l’organisation d’autres activités pour les enfants. Parfois, il s’agira d’un objet artisanal que les aînés pourront emporter dans leur chambre après la visite. Les aînés et les enfants aiment se déguiser ensemble. Les résidants mettent des chapeaux aux enfants puis s‘en coiffent eux-mêmes. Cela fait rire tout le monde. Certains aînés aiment participer aux activités des enfants; d’autres préfèrent passer du temps à les regarder jouer. Vers la fin de la visite, on se rassemble pour partager une collation et chanter ensemble, avec l’accompagnement d’un instrumentaliste. Ces fêtes où l’on chante, sont fort appréciées de tous. Nous chantons des chansons que tout le monde connaît. Parfois, nous défilons en musique autour de la salle et tout le monde participe, enfants et adultes.
Les enfants ne s’autocensurent pas quand une question leur vient aux lèvres. Ils sont curieux de tout et de rien: les tubes d’oxygène, les fauteuils roulants, les prothèses auditives, les chaussures orthopédiques et les amputations les intriguent. Les aînés ont le don de répondre aux enfants de manière factuelle et les enfants semblent tout accepter sans sourciller. Le temps de préparation passé avec eux avant la première visite a contribué à faciliter l’acceptation.
Quand nous avons commencé le programme des visites, les enfants étaient un peu inquiets, mais ils se sont vite sentis à l’aise et une foule d’interactions ont commencé à se produire. Ce n’étais pas toujours positif; les enfants et les aînés se disputent parfois le même jouet! Ces moments ne font que confirmer les retombées bénéfiques des interactions intergénérationnelles. Les membres des deux groupes peuvent apprécier leur compagnie mutuelle et mettre le temps qu’il faut pour apprendre à accepter le point de vue de l’autre. Chaque enfant et chaque aîné tire un profit personnel de la découverte des besoins de l’autre. Ces enfants, nous l’espérons, sont en train d’apprendre à accepter et à respecter leurs aînés pour ce qu’ils ont à offrir, et à écouter ce qu’ils ont à dire.
L’activité la plus appréciée des aînés a lieu à la fin des visites: les enfants avancent en cercle et serrent la main de chacun; s’ils en ont envie, ils embrassent quelqu’un. Rien ne peut remplacer la sensation d’une petite main d’enfant ou de deux bras qui se tendent pour un câlin. On peut voir des aînés qui prolongent le contact de quelques secondes, résistant à l’idée de briser le lien qui s’est créé. Quand nous partons, nous savons qu’ils ont hâte de renouveler l’expérience.
Des programmes comme celui-ci sont bénéfiques, à la fois pour les aînés et pour les enfants. Les personnes âgées ont une grande réserve d’expériences à offrir et si on les prive de ces occasions de partager leurs connaissances, les enfants y perdent une grande source d’apprentissage. Ce partage donne aux aînés l’occasion de savoir qu’ils ont un trésor à transmettre et qu’ils sont un maillon important de la collectivité et du développement des générations futures. Les enfants apprennent de première main les gestes à poser pour aider les gens qui ont besoin de soins spéciaux et de respect. Ils apportent également aux aînés des moments e joie et des éclats de rire, qui éclairent la grisaille de leur quotidien.
Sherrie Jamieson exerce ses fonctions au Mud Puddle Family Daycare de Delta en Colombie-Britannique. Elle est présidente désignée de la Western Canada Family Child Care Association de la C.-B.
Cet article a d’abord été publié dans Interaction, la publication de la Fédération canadienne des services de garde à l’enfance à l’automne 2000.