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Guylaine Laforte
Jamais, depuis la création des premières garderies communautaires dans les années soixante-dix, la mission sociale des Centres de la petite enfance (CPE) n’aura fait l’objet d’autant d’intérêt. Il est vrai que la politique familiale, à cet égard, a permis d’avancer d’un grand pas. Mais cette même politique a vu le jour grâce, entre autres, aux représentations soutenues d’acteurs de terrain convaincus que leur rôle dépassait largement celui de la simple garde d’enfants. Leurs voix, combinées à d’autres, notamment à celle du rapport Bouchard, a porté fruits : une réforme est enclenchée. Il reste maintenant à répandre la bonne nouvelle dans tous les réseaux concernés de façon à créer de réelles conditions favorisant l’égalité des chances pour tous.
En ce qui concerne le réseau des CPE, le Regroupement est engagé depuis les débuts. Il défend l’idée que les CPE sont des alliés de première importance dans l’éducation des jeunes enfants, et, dans ce sens, il investit temps et énergie dans la recherche de soutien à leur intervention. Un résultat concret de cet investissement est le partenariat qui est en train de s’établir avec le réseau de la santé et des services sociaux, une première dans la région de Montréal.
L’origine de ce partenariat
Au printemps 1997, le Regroupement a présenté un mémoire aux audiences publiques des Centres Jeunesse de Montréal (CJM) dans lequel il indiquait la volonté des CPE d’agir et d’être considérés comme des partenaires pour tous les enfants qui leur sont référés. On y faisait mention, notamment, du soutien et de la collaboration attendus de la part des différents intervenants de ce réseau dans la réponse à des besoins spécifiques et dans le traitement de problématiques importantes qui dépassent le cadre habituel des CPE.
Les préoccupations exprimées dans le mémoire ont trouvé écho puisqu’une proposition de travail en partenariat est arrivée peu de temps après. L’une des premières réalisations de ce partenariat s’est concrétisée dans l’organisation d’une rencontre entre des directrices et éducatrices de CPE, et des intervenants et chefs de service des CJM, en mars 1998. Cette rencontre a favorisé une prise de contact entre les deux réseaux sur la base de leur territoire.
À l’issue de cette première rencontre, il a été possible de formuler un certain nombre de constats. Il a semblé clair, dès le départ, que nous partagions une volonté de poursuivre le partenariat, et que l’une des toutes premières étapes allait consister à renforcer la concertation quant à l’intervention auprès d’enfants suivis par les CJM et fréquentant les CPE. Ensuite, la collaboration d’un partenaire, soit le réseau des CLSC, dont le mandat se concentre autour des services de première ligne, est apparue essentielle dans la mesure où nous désirions situer notre action principalement dans le champ de la prévention.
La création d’un comité de travail formel, dont la préoccupation concerne la petite enfance, s’est amorcée. Au cours de la même période, le Projet Jeunesse montréalais
amorçait ses travaux. Ce contexte a fait en sorte que des partenaires de la Direction de la santé publique et de la Régie régionale, Direction de la programmation, ont proposé de se joindre au comité. Tous les partenaires ont finalement été rassemblés autour d’une même table de travail à l’hiver 2000.
Une entente qui vise une adaptation des moyens aux besoins, et non l’inverse
La première tâche du comité a été de se doter d’un plan de travail qui circonscrit et précise ses objectifs. Ce plan de travail a été adopté par les membres en avril 2000 avec l’objectif ultime d’arriver à mettre en place une entente de collaboration qui ferait en sorte que l’accès aux services dispensés dans tous les réseaux impliqués dans le comité soit accessible rapidement. Ces meilleurs accès aux services pourraient prendre la forme de places disponibles en CPE pour des situations d’urgence, de soutien spécialisé aux éducatrices ou aux conseillères pédagogiques pour l’élaboration d’un plan d’intervention ou encore d’une mise en commun des stratégies d’intervention. Les membres du comité ont accepté à l’unanimité d’aborder le travail sur la base d’un principe de complémentarité qui fait en sorte que les réseaux se reconnaissent leurs compétences et limites respectives.
Les orientations du comité
Plus particulièrement, le plan de travail vient préciser les orientations du comité. Celles-ci se résument en quatre points:
Clientèle cible
Le comité présente une vision large de la clientèle ciblée par son action; en quelque sorte, ce sont tous les enfants âgés de 0 à 5 ans et leur famille. Ainsi, dans le plan de travail, il est stipulé que la clientèle cible est constituée d’enfants de 0 à 5 ans (et de leurs parents) qui fréquentent ou qui pourraient fréquenter un CPE, à la suite d’une référence d’un CLSC ou d’un CJM.
Territoire cible
L’île de Montréal est définie comme étant le territoire cible du comité.
Objectif
Le comité veut en arriver à une meilleure réponse aux besoins de la clientèle cible en privilégiant une collaboration réelle entre les différents réseaux. Il s’agit de répondre aux besoins des tout-petits et de leur famille par la mise en place de conditions favorisant les échanges, la communication, la concertation et la collaboration entre les CPE, les CLSC et les CJM.
Résultats à atteindre
De façon concrète, le comité se donne comme objectif d’en arriver à une entente entre les réseaux. Développer un cadre de collaboration et d’intervention CPE-CLSC-CJM qui :
Démarche du comité
Pour favoriser l’atteinte de ces résultats, le comité s’est donné des stratégies d’action qui tiennent en cinq points :
Fonctionnement du comité
Le comité réunit des personnes profondément impliquées dans leur réseau. De façon à assurer à tous ses membres un maximum d’efficacité, tout en les préservant d’une surcharge de travail, il a été convenu d’un fonctionnement formulé dans ces termes : le comité décide de la fréquence et du lieu des réunions selon son plan de travail; afin de favoriser la bonne marche du comité et la continuité de la démarche entreprise, l’animation et la coordination seront assumées par une représentante ou un représentant des CJM et du RCPEÎM; tous les membres du comité seront mis à contribution pour la rédaction des comptes rendus; des sous-comités de travail seront mis sur pied selon les besoins identifiés par le comité.
Composition du comité
Pour s’assurer de rejoindre sa clientèle cible, le comité peut compter sur la représentativité suivante :
D’autres membres peuvent se joindre au comité si ce dernier le juge nécessaire pour l’actualisation de son mandat et de ses travaux.
Organismes représentés
Une mission qui fait appel à l’engagement de tous
Le Regroupement compte sur ses membres pour démontrer une adhésion sans faille aux objectifs de ce travail de partenariat. Dans ce sens, il importe qu’au niveau local dans ses contacts avec ses partenaires, chacun d’entre vous fasse preuve d’une compréhension élargie de sa mission. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, qu’une véritable entente de collaboration permettra aux intervenants des différents réseaux de conjuguer leurs efforts pour le mieux-être des jeunes enfants et de leur famille.
Guylaine Laforte est directrice de la Qualité éducative au Regroupement des centres de la petite enfance de l’Île de Montréal.
1 Lancé à l'automne 1999, par la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre, le Projet jeunesse vise à rassembler les principaux intervenants auprès des jeunes afin d’arrimer des services destinés à améliorer leur qualité de vie et de faciliter l’intervention auprès de ceux qui se trouvent en situation de vulnérabilité. Pour plus d’informations, voir l’article dans le Zérosix de l’automne 1999, vol. 14, n° 3.