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Isabelle Pauzé
Seriez-vous daccord pour le port du costume à lécole de votre enfant ? Telle était une de nos récentes questions sondage hebdomadaire. Dans une forte majorité vous avez répondu dans laffirmative mais certains ont apporté un bémol qui nous a amenés à réfléchir davantage sur ce style dhabillement tout à fait banal pour monsieur-et-madame-tout-le-monde, quest le port du costume, mais qui, pour un homme déséquilibré sexuellement, peut représenter un danger pour les jeunes filles. Pour aller plus de lavant, nous avons demandé la collaboration spéciale de la journaliste Isabelle Pauzé qui fait le point.
Disparu des écoles publiques du Québec au cours des années 1960, luniforme scolaire reprend du galon depuis quelques années. De plus, dans tous les établissements québécois, sil ny a pas dobligation de porter un costume, il existe à tout le moins un code vestimentaire incitant les écoliers à se vêtir convenablement. Sont donc normalement exclus des cours et des corridors les jupes trop courtes, les chandails qui laissent entrevoir le nombril, les matières transparentes, les décolletés plongeants et les casquettes, pour ne nommer que ceux-là.
Le sujet du port de l'uniforme a le don de soulever les passions. À la veille de la rentrée 2002, la Commission scolaire de Montréal sest prononcée en faveur de luniforme à lécole, notamment pour amoindrir les effets du taxage et de l'intimidation. Les visiteurs de PetitMonde ne sont pas en reste. Lors du sondage du 20 août 2003, tout près de 80 % des 1 213 parents qui ont exprimé leur vote se sont dit daccord avec cette pratique.
Les raisons invoquées par les partisans de luniforme à lécole sont nombreuses. De l'économie globale jusqu'à la fin des sempiternelles altercations matinales, en passant par la perception qu'ont les jeunes d'être égaux les uns aux autres, les avantages pleuvent. En effet, il est vrai que l'uniforme contribue à renforcer le sentiment d'appartenance des jeunes envers leur institution. Vrai aussi qu'elles sont jolies les cours de récréation où déambulent joyeusement jupes, tuniques, cardigans et polos bleu marine, verts, rouges ou blancs. Mais avez-vous déjà songé au fait que le costume pouvait représenter un danger et faire des jeunes, particulièrement des filles, des cibles de choix pour les prédateurs sexuels ?
Les pédophiles. Voilà à quel péril sont exposées les demoiselles en uniforme. Pas plus que les autres, pensez-vous. Oui, affirme plusieurs spécialistes, dont le psychiatre René Dorion : « Pour certains voyeurs, une enfant portant un costume scolaire est encore plus excitante quune autre vêtue autrement. Cette attitude malsaine est communément désignée comme le fantasme de lécolière », explique-t-il.
Sans prétendre régler complètement le problème relié à la pédophilie, des efforts sont faits pour arriver à une conception différente des costumes traditionnels. C'est ce que vous pouvez lire dans l'article intitulé Mieux vaut prévenir que guérir.