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Le bruit : situation accablante dans les garderies

Service de garde

Parents : Documentation : Service de garde : Le bruit : situation accablante dans les garderies

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Mathieu-Robert Sauvé

Une décennie après Raymond Hétu, un précurseur de la recherche sur les méfaits du bruits au Groupe d'acoustique de l'Université de Montréal, Michel Picard a voulu connaître le niveau de bruit dans les milieux de garde. Il s'est rendu dans 24 garderies de la région montréalaise avec une attachée de recherche, Chantal Boudreau, afin de mesurer les décibels au milieu des bambins.

Le sonomètre allait leur révéler que la situation était encore plus accablante, 10 ans après le passage du premier professeur de l'École d'orthophonie et d'audiologie. «Et nous avons recueilli nos données en plein été, alors que les garderies fonctionnent au ralenti, ajoute le spécialiste. On a toutes les raisons de croire que l'hiver, la situation est encore pire.»

Ce qui inquiète au plus haut point M. Picard, c'est que rien n'est fait pour juguler le problème, alors que le ministère de la Famille et de l'Enfance s'apprête à étendre à un plus grand nombre d'enfants son programme de garderies à 5$ par jour (actuellement limité aux 3 à 5 ans ). Le spécialiste s'oppose vigoureusement à cette politique à cause de ses conséquences sur les oreilles de toute une génération d'enfants. «Non seulement rien n'est fait pour limiter les dégâts, dit-il, mais on utilise les pires salles imaginables pour répondre à la demande des garderies à 5$.»

Pour ses petits-enfants qui ne sont pas encore nés, Michel Picard a déjà pris sa décision. Ce sont les grands-parents qui convertiront leur résidence en milieu de garde. Et du silence, il y en aura.

Ce texte de Mathieu-Robert Sauvé est tiré de La revue des diplômés de l’Université de Montréal, no. 397, Automne 1999.

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