Bienvenue sur PetitMonde.com. Aller directement à la navigation, au contenu ou à la recherche.
Note importante : Si vous voyez ce message, c'est que votre fureteur ne supporte pas la nouvelle feuille de style (CSS) de PetitMonde.com ou qu'il n'est pas conforme aux normes du World Wide Web Consortium (W3C). Ses menus et tout son contenu demeurent accessibles mais la présentation visuelle se trouve affectée. Voir dans « À propos du site » pour plus d'information sur l'accessibilité.
Claire Harvey, Option Consommateurs
Les consommateurs sont-ils bien renseignés sur la violence que certains jeux vidéo comportent? Le système de classement actuel protège-t-il suffisamment les enfants contre cette violence? Dans le cadre dune recherche menée pour le Bureau de la consommation dIndustrie Canada, Option consommateurs sest penché sur la question.
Catherine Goldschmidt et Danielle Charbonneau, travaillent pour Option consommateurs et réalisent chaque année le guide Jouets publié dans le magazine Protégez-Vous. Linformation que les consommateurs peuvent obtenir quant à la violence qui se trouve dans les jeux vidéo sur console quils se procurent est un sujet qui les préoccupe. Dans le cadre de la recherche quelles ont réalisée sur le sujet, elles ont dabord voulu connaître les caractéristiques du marché des jeux vidéo sur console, qui est en profonde mutation.
«À lorigine, dans les années 1970, les jeux vidéo étaient destinés aux enfants et aux adolescents, dit Catherine Goldschmidt. Ils étaient donc peu violents. Aujourdhui, ils sadressent à un public de tout âge, notamment en raison du vieillissement des joueurs et de lamélioration de la technologie. Et certains jeux comportent des scènes de violence très réalistes meurtres, hurlements, tirs auxquelles les enfants ne devraient pas avoir accès.»
Pour mieux comprendre le phénomène de la violence dans les jeux vidéo, Mmes Goldschmidt et Charbonneau ont examiné les recherches menées sur le sujet. «Ces dernières sont contradictoires, explique Catherine Goldschmidt. Dans certaines, on affirme que les jeux violents rendent les jeunes violents ; dans dautres, on dit quils servent dexutoire. Et que le journal télévisé est plus néfaste pour les jeunes que les jeux vidéo. Cependant, la majorité des spécialistes sentendent sur le fait quil faut protéger les enfants contre certains contenus violents.»
Par la suite, les chercheuses ont voulu connaître les diverses mesures mises de lavant au Canada et ailleurs dans le monde en vu daccroître la qualité de linformation donnée aux consommateurs sur le sujet. «Devant les pressions du grand public et de différents organismes, des gouvernements ont envisagé la possibilité dadopter des règlements visant à contrôler la mise en marché des jeux vidéo violents, rappelle Mme Goldschmidt. La réaction des gens de lindustrie ne sest pas fait attendre. Pour éviter que ces derniers nimposent leur loi, différents pays se sont dotés dun système de classement visant à renseigner les consommateurs sur la violence dans les jeux vidéo. Ainsi, en Australie, le gouvernement et les États soccupent de classer les jeux vidéo. En Europe et en Amérique du Nord, cest toujours lindustrie qui le fait.»
En Amérique du Nord, cest lEntertainment Software Rating Board (ESRB), un organisme américain, qui effectue le classement. LESRB procède de la manière suivante: les fabricants font parvenir volontairement les jeux vidéo à lorganisme avant de les mettre sur le marché. Par la suite, trois personnes visionnent et classent les jeux en tenant compte de critères précis. Sil y a accord, la catégorie est établie par lESRB. Elle est inscrite sur lemballage des jeux.
Il y a six catégories possibles: (EC) jeunes enfant, (E) tous, (T) adolescents, (M) jeunes adultes, (A) adultes seulement et (RP) qui signifie que le jeu na pas encore été classé. Les évaluateurs décident de ces catégories en fonction du contenu violent, raciste ou pornographique du jeu vidéo. Le libellé nest jamais aussi restrictif que «déconseillé ou interdit au moins de 18 ans »; il décrit plutôt le contenu du jeu.
Catherine Goldschmidt signale que ce système de classement suscite des critiques. «Les catégories sont inscrites en noir et blanc, ce qui nattire pas lattention des consommateurs qui ne connaissent pas le système. De plus, il ny a aucune mention de lâge recommandé. Enfin, certains jeux sont rangés dans la même catégorie, voire reçoivent les mêmes notes descriptives, en dépit du fait que leur degré de violence est différent. Pour toutes ces raisons et parce quil est difficile de retourner un jeu vidéo, nous recommandons dessayer le produit au magasin avant de lacheter, ou encore de demander au vendeur de faire une démonstration sur place.»
Dans le cadre de leur recherche, Mmes Goldschmidt et Charbonneau ont demandé à la firme Environnics Research Group de mener un sondage pancanadien, ce qui a permis de connaître les habitudes des consommateurs en matière dachat de jeux vidéo ainsi que leur degré de satisfaction relativement au système de classement. Elles ont aussi demandé à des familles qui testent des jeux pour le guide Jouets, publié dans Protégez-Vous, dessayer des jeux vidéo. Enfin, elles ont visité plusieurs commerces montréalais qui vendent ou louent des jeux vidéo sur console.
Le résultat? «Plus de la moitié des consommateurs disent se préoccuper de la violence dans les jeux vidéo, dit Mme Goldschmidt. Paradoxalement, les parents semblent assez satisfaits des renseignements inscrits sur lemballage.» Selon elle, il serait toutefois préférable daméliorer létiquetage en mentionnant, entre autres choses, lâge recommandé pour chacune des catégories de jeux vidéo. «Dans certains cas, il est difficile dévaluer le degré de violence en lisant seulement la description du jeu ou en regardant les images sur lemballage.»
Fait plus inquiétant. «Certains enfants, poursuit-elle, ont déclaré avoir loué des jeux qui ne convenaient pas à leur âge. Et les commentaires que nous avons recueillis dans les babillards que lon trouve sur Internet semblent corroborer cette information. » Cest pourquoi Option consommateurs recommande aussi que le gouvernement adopte une loi interdisant la vente ou la location de jeux vidéo à des enfants nayant pas lâge recommandé. Option consommateurs conseille également que lon diffuse systématiquement de linformation sur le système de classement dans les magasins et dans les vidéoclubs. Enfin, lorganisme souhaite que lon forme un comité réunissant des représentants de lindustrie et des consommateurs afin que les intérêts de la première ne priment pas sur ceux des seconds. «Quant aux parents, conclut-elle, ils doivent évidemment surveiller leurs enfants lorsque ceux-ci jouent avec des jeux vidéo sur console, discuter avec eux du contenu de ces jeux et intervenir lorsquils le jugent trop violent. » À lheure où les effets des jeux vidéo violents divisent encore la communauté scientifique, la vigilance des parents simpose.