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La maternelle 5 ans plein temps - 1 an plus tard

Éducation

Parents : Documentation : Éducation : La maternelle 5 ans plein temps - 1 an plus tard

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Lucille LaBarre

Historique de la maternelle

photo Raymond Morin

Ce n’est pas d’hier qu’on se soucie de la petite enfance. En France, on commence à parler de l’éducation du jeune enfant dès le XVIe siècle. Puis du XVIIe au XIXe siècle inclusivement, des penseurs en ce domaine ont commencé à travers la voie du préscolaire en axant tour à tour leur programme sur les sciences naturelles, l’apprentissage par la découverte, le développement du langage et de l’intelligence, le développement intégral, l’apprentissage par le jeu, etc.

photo Carole Dominique

Depuis le début du XXe siècle, d’autres penseurs ont mis le cap, entre autres, sur l’approche globale, l’apprentissage par essais et erreurs, la créativité, l’expression libre, le respect des schèmes de pensée, l’approche sensorielle et le développement harmonieux.

À Montréal, quelques classes de maternelle ont commencé à voir le jour au début du XXe siècle. Ces classes ont ensuite fermé durant la crise économique pour rouvrir petit à petit durant les années 60. Au début des années 70, des classes de maternelle 5 ans plein temps verront le jour en milieux défavorisés pour disparaître 5 ans plus tard à cause d’une étude révélant que les enfants de ces milieux étaient différents, mais pas moins bien nantis pour réussir leur scolarité. Pourtant, des études américaines avaient déjà démontré le bienfait du plein temps. Le début des années 90, sous le ministre Pagé, ramène les maternelles plein temps, toujours en milieux défavorisés et, comme vous savez, cette mesure s’est répandue pour toutes les classes de maternelle 5 ans, en septembre 1997.

L’analphabétisme

Des études prouvent que plus tôt et mieux l’enfant aura développé son langage, son sens de l’observation et ses capacités d’attention, moins il risquera de connaître des blocages dans son apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul (Conseil supérieur de l’Éducation. L’Alphabétisation et l’Éducation de base au Québec : une mission à assumer solidairement, 1990).

La maternelle temps plein, qu’est-ce que ça change?

Les enfants ont plus de temps pour vivre à leur rythme des expériences riches et variées; pour passer progressivement d’une vie libre et spontanée à un univers encadré et structuré et, enfin, pour mieux s’outiller pour les apprentissages scolaires à venir.

De son côté, l’enseignant aura plus de temps pour mieux connaître les enfants, leurs forces, leurs faiblesses et ainsi les aider à évoluer; pour pousser à fond certaines réflexions; encourager à l’effort, à la persévérance et travailler davantage à l’amélioration de certains comportements.

Le programme du préscolaire

Il vise à contribuer au développement global et harmonieux de l’enfant. Il n’est pas basé sur un style scolarisant. L’enfant doit continuer de découvrir et d’explorer son univers à son rythme et selon son style d’apprentissage. Il doit être le principal agent de ses apprentissages et de son développement. Enfin, le jeu demeure la base de l’intervention éducative au préscolaire.

Les objectifs du programme sont les mêmes qu’avant :

  • Apprendre à se connaître et à s’estimer (connaître son corps, ses goûts, ses sentiments…)
  • Apprendre à vivre en relation avec les autres (communiquer, concilier, négocier, s’impliquer...)
  • Apprendre à interagir avec l’environnement (se familiariser avec les arts, les mathématiques…)

De plus, il faut tenir compte de la nouvelle pédagogie, à savoir que pour apprendre, il faut mettre en relation toute nouvelle expérience avec les expériences antérieures déjà intégrées par le cerveau.

Craintes, doléances et souhaits

Les craintes de certains parents manifestées à l’annonce des maternelles plein temps se sont, à mon avis, progressivement estompées avec l’usage, c’est-à-dire avec le goût des enfants de venir à l’école.

Le côté positif qu’a apporté la maternelle plein temps a été assombri par l’augmentation du ratio. Qu’arriverait-il si on ajoutait deux enfants à votre famille? Ce ne serait plus du tout la même vie. Pas autant d’attention à donner à chacun. Encore seriez-vous chanceux d’avoir des enfants sans handicaps, sans trop de problèmes d’apprentissages ou de comportement et parlant tous la même langue. Le centres préscolaires de qualité se préoccupent du nombre d’enfants confiés à une éducatrice. Le ratio est de 1/15 pour des enfants du même âge à la garderie et de 1/6 pour garderie en milieu familial. Comment respecter les rythmes d’apprentissage, la spécificité de chacun et tenir compte du programme préscolaire avec plus de 20 enfants?

De plus, vous n’auriez peut-être pas l’espace nécessaire tout comme dans bien des classes de maternelle. Qu’arrive-t-il lorsqu’on vit dans un endroit exigu? Les problèmes surgissent; l’irritabilité, les chicanes, les bobos, etc. Enfin, les petits locaux offrent beaucoup moins de possibilité d’organiser des coins servant à stimuler les élèves ou à leur laisser, si nécessaire, un peu de solitude.

Un troisième problème est que les nouveaux enseignants n’ont pas la chance d’avoir une formation spécifique au préscolaire aussi poussée qu’il se devrait. En début d’année, une entrée progressive adéquate (temps et nombre d’élèves réduits) favoriserait un accueil chaleureux et personnel, un meilleur apprivoisement et le goût de fréquenter l’école.

Le rôle des parents

Souvenez-vous que vous êtes les premiers éducateurs. Donnez la chance à votre enfant de sortir gagnant. Sachez l’écouter, vous intéresser à ses intérêts ou ses problèmes et résistez à la tentation de résoudre ces derniers à sa place. Ne lui donnez pas de réponses gratuites : hypothèses, essais et erreurs font partie des apprentissages. Développez le positivisme. Stimulez-le intellectuellement par des jeux éducatifs, des lectures ou autres. Aidez-le à découvrir la joie d’apprendre, et ce, dans le plaisir. Enfin, entretenez des liens étroits avec l’école.

Ce texte est tiré de la revue «Veux-tu savoir?» publiée par la Fédération des comités de parents de la province de Québec, Juillet/Août 1998, volume 21, numéro 4.

L’auteure est enseignante au préscolaire, commission scolaire de Montréal.

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