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La dyspraxie: un trouble du «comment faire»

Santé

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Geneviève Doray

La dyspraxie est un trouble de la planification et de la coordination des mouvements nécessaires afin d'accomplir un acte moteur. Ce trouble est présent dès la naissance et n'est pas un retard intellectuel ni de la déficience. Les causes de la dyspraxie sont toujours obscures mais on sait qu’elles sont d’origine neurologique. On estime qu’environ 6% des enfants en seraient atteints et les garçons de deux à quatre fois plus souvent que les filles.1

Aussi appelée «developmental coordination disorder» (DCD) ou trouble d’acquisition de la coordination (TAC) en français, la dyspraxie a des conséquences sur plusieurs aspects du développement: aspect sensoriel, moteur, perceptuel et organisationnel. Ainsi ces enfants éprouveront de la difficulté à apprendre toute nouvelle séquence de mouvements; que ce soit pour manger proprement, s’habiller, dessiner ou même tout simplement jouer, toute activité qui comporte une séquence d’actions et qui demande la coordination de plusieurs parties du corps représente un défi pour eux. Ces difficultés expliquent bien pourquoi la dyspraxie a souvent un impact très néfaste sur le développement de l’estime de soi; les enfants dyspraxiques se sentant souvent incompétents dans presque tout ce qu’ils font et se voyant différent des autres.

Votre enfant est, peut être dyspraxique, si:
  • il évite les jeux de construction;
  • il échappe fréquemment ses ustensiles ou renverse sa nourriture;
  • il a du mal à s’habiller et à mettre ses chaussures;
  • il ne sait pas comment se moucher;
  • il est plus maladroit que les enfants du même âge, se cogne et tombe souvent;
  • il n’arrive pas à découper et à dessiner;
  • il n’articule pas les mots correctement et n’en contrôle pas le débit et l’intensité.

Dès la petite enfance, l’enfant dyspraxique rencontrera des obstacles dans les actions les plus simples et pourtant essentielles à son bien-être et à son développement. Pour contrer cette difficulté, il faudra lui enseigner chaque activité de façon particulière et la répéter maintes fois avant d’en arriver à une réalisation acceptable et fonctionnelle. Ces enfants ont, dès lors, longtemps besoin de l’aide des adultes dans la vie quotidienne et l’autonomie, à la maison et à l’école, est, par conséquent, plus lente et parfois laborieuse à acquérir.

Plusieurs modes d’intervention mis au point en ergothérapie peuvent aider grandement les enfants dyspraxiques. Le processus de réadaptation comprend plusieurs étapes qui se déroulent à un rythme propre à chaque enfant et avec les intervenants concernés (ergothérapeute, éducateur spécialisé, physiothérapeute, orthophoniste, intervenants psychosociaux, etc.).


Pour en savoir plus, il y a le livre Mon cerveau ne m’écoute pas – Comprendre et aider l’enfant dyspraxique (éditions du CHU Sainte-Justine, Sylvie Breton et France Léger). On peut aussi contacter l'Association québécoise pour les enfants dyspraxiques (AQED).

1 On ne dispose pas encore de statistiques québécoises.


Article – Dernière mise à jour le 4/26/2007

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