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Chantal Legault
Photo : Équiterre |
Naturel ou biologique
La notion de biologique ne semble pas encore très claire pour un grand nombre de consommateurs. Selon l'étude du Groupe de recherche en économie et politique agricoles (GRÉPA) de l'Université Laval, réalisée en 1997, dans le marché actuel et potentiel des produits biologiques au Québec, un consommateur de produits biologiques sur deux ne connaît pas les différentes certifications biologiques présentes sur le marché québécois. La majorité des consommateurs savent que les produits biologiques sont des aliments sans résidus d'insecticides, d'herbicides et d'engrais chimiques, mais plusieurs croient aussi que ce sont des produits avec fibres, des produits sans sel et sans matières grasses. Certains les définissent également comme des produits naturels.
Or, le terme naturel n'a pas de définition claire et sa signification varie d'un fabricant à l'autre. «Naturel, ça ne veut plus rien dire, indique France Gravel, présidente de Garantie Bio. Avant, ça signifiait que c'était moins trafiqué, que ça ne contenait pas d'additifs mais c'est devenu n'importe quoi avec le temps. Le sirop d'érable, par exemple, on pourrait dire que c'est naturel. Ça provient d'un arbre. Mais quand les producteurs utilisent des pastilles de formaldéhyde pour empêcher les entailles de cicatriser trop rapidement, est-ce que c'est naturel? En tout cas, ce n'est pas considéré biologique. Même chose pour le miel. C'est fait par des abeilles. Mais il faut voir comment on traite les abeilles. Le miel n'est pas considéré biologique si les producteurs utilisent des antibiotiques par exemple. C'est sûr qu'on ne peut pas contrôler la qualité de l'air ni la pollution. On ne vit pas sous une bulle. Mais en certifiant un produit biologique, on garantit que la production a été faite sans utiliser de produits chimiques, de médicaments et dans des conditions saines pour les animaux.»
Portrait du consommateur bio
Selon l'étude réalisée en 1997 par le GRÉPA, les femmes sont de plus grandes consommatrices de produits biologiques que les hommes. La classe d'âge la plus intéressée à ces produits a entre 30 et 45 ans. Il s'agit d'une clientèle très instruite. Plus d'une personne sur deux détient un diplôme universitaire. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, le consommateur de produits biologiques n'a pas des revenus supérieurs à la moyenne mais plutôt des revenus moyens. C'est d'abord pour sa santé que le consommateur choisit le bio, ensuite par souci environnemental et enfin pour le goût.
Où acheter bio?
Dans la plupart des villes, il y a maintenant une ou plusieurs boutiques d'aliments naturels et d'aliments biologiques pour s'approvisionner en bio. Certaines d'entre elles proposent des cartes de membre qui permettent d'obtenir des escomptes. D'autres offrent des rabais lorsqu'on achète un produit à la caisse. Certains entrepôts, comme le Club Organic, à Montréal, offrent aussi des rabais à leurs membres. Dans les grands centres, on retrouve à l'occasion des produits biologiques dans des supermarchés. En région, les coopératives et les groupes d'achats fonctionnent très bien. La Coopérative d'Alentour, située à Sherbrooke, dessert un grand territoire, de la Côte Nord à l'Abitibi en passant par les Îles-de-la-Madeleine et le Grand Nord québécois. «Nous avons plus de 300 groupes d'achats dans des régions rurales mal desservies par le détail», indique Ross Lessard, assistant-directeur de la Coop d'Alentour. La coop offre surtout des produits non périssables ou peu périssables, biologiques et non biologiques.
Réseau Bio, situé près de Rivière-du-Loup, est un autre réseau de distribution qui fonctionne très bien depuis un an. Il offre une grande variété de produits exclusivement biologiques (fruits, légumes, produits laitiers, ufs et jus) aux consommateurs intéressés dans la région. Pour une commande de 20$ et plus, votre panier bio est livré directement à votre porte. En Outaouais, Émile Péloquin, propriétaire de Émile Péloquin, fruits et légumes biologiques, offre depuis un an et demi un service de distribution et de livraison similaire. Ancien producteur biologique, il s'est converti à la distribution qui est, à son avis, le maillon faible du bio actuellement.
Les deux principaux distributeurs de produits bio au Québec, Distribue-Vie et Pro-Organics, offrent aussi leurs produits à des groupes d'achats pour rendre accessibles les produits biologiques hors des grands centres.
Autre possibilité intéressante: vous pouvez économiser de 10 à 50% sur les fruits et légumes biologiques en devenant partenaire d'une ferme biologique, par l'entremise de l'organisme Équiterre. Vous achetez, en début de saison, votre part de la récolte d'une des fermes participantes et vous recevez ainsi chaque semaine, à un point de chute près de chez vous, votre panier de légumes pendant toute la durée de l'été et de l'automne.
Enfin, si vous voulez vous gâter sans cuisiner, vous pouvez acheter à quelques rares endroits, comme Aux Délices Bio, à Montréal, des mets frais préparés tous les jours et entièrement biologiques.
Chantal Legault
Gazette officielle des thérapeutes
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Des paniers bien garnis Une idée des prix? Une part pour une famille de quatre personnes varie entre 400$ et 600$ pour une durée moyenne de vingt semaines. Donc, pour une somme minimale de 20$ par semaine, vous recevez votre panier bio hebdomadaire comprenant entre 8 et 10 variétés de légumes de saison. Renseignements par téléphone: (514) 522-2000. Livraison à domicile Pour les régions de Montréal, Laval et des Laurentides: Jardin des anges. Valeur minimale du panier: 30$, plus les frais dabonnement. Info: (450) 258-4889. Pour lOutaouais: Émile Péloquin. Valeur minimale du panier: 20$. Info: (819) 684-2635. Pour le Bas-Saint-Laurent: Réseau Bio. Produits variés. Info: (418) 497-3260. Source: PetitMonde |