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L'intégration sensorielle

Psychologie

Parents : Documentation : Psychologie : L'intégration sensorielle

Isabelle Tremblay

À des degrés différents et selon les personnes, nous avons tous des défenses sensorielles, résultat d’une réaction défensive ou d’une surréaction de notre sens de protection. Par exemple, toucher du velours vous donne des frissons, porter un chandail de laine vous pique ou encore, trop de bruit augmente votre agressivité. Il arrive toutefois, pour certaines personnes, que leurs mesures de protection et leurs défenses sensorielles soient si importantes qu’elles les empêchent de bien interagir avec leur environnement, cela pouvant même aller jusqu’à compromettre leur propre développement.

La thérapie par l’intégration sensorielle tente, par ses activités de stimulation, d’organiser les messages reçus par le cerveau. Elle s’adresse à des enfants présentant des symptômes tels des maladresses, des difficultés de concentration, des problèmes d’équilibre, etc. Mais elle convient aussi très bien aux enfants qui présentent une déficience plus marquée.

La petite Marie et sa grande histoire

À 6 mois, Marie présente un retard global de développement. Elle vit dans son petit monde. Elle a peu de contacts visuels, fait des gestes répétitifs, a des défenses tactiles importantes, principalement buccales, au point où elle n’accepte pas toutes les textures de nourriture, réagit fortement au chaud et au froid et ne touche pas aux objets. Pour elle, son environnement est désagréable, voire même menaçant. À 3 ans, Marie entre à notre centre de la petite enfance. En tenant compte de ses besoins et de son stade de développement, on l’intègre à la pouponnière. Outre cet environnement stimulant, l’objectif de l’intégration est de réduire ses défenses tactiles. Elle pourra alors mieux intégrer les messages fournis par son environnement et par la suite, passer à un stade supérieur d’apprentissage.

Pour Marie, toutes les activités quotidiennes deviennent «thérapeutiques» : les balançoires, les brosses, l’aquarium, les jeux lumineux, la structure de jeu et, bien sûr, la présence de ses petits amis. Par exemple, une courtepointe, faite de tissus aux textures variées, a été récemment fabriquée. À son contact, Marie a découvert et apprivoisé de nouvelles sensations qui sont venues augmenter son niveau de tolérance. Autre exemple : un vibromasseur appliqué sur ses mains ou autour de sa bouche pourra contribuer à désensibiliser ces régions et à les rendre plus réceptives aux stimulations extérieures.

Des petits pas vers un grand progrès

Durant les premiers jours de son intégration à la garderie, Marie était rapidement épuisée par les stimulations et, à bout d’énergie, elle tombait endormie sur-le-champ. Après 7 mois, grâce aux activités de stimulation au centre de la petite enfance et à la maison, Marie a fait des progrès intéressants : elle a augmenté son niveau de tolérance au bruit et accepte autour d’elle des amis : elle prend plus facilement la nourriture qu’on lui donne; elle s’aventure seule dans le petit escalier de la mezzanine pour aller à la fenêtre voir la lumière du jour; elle a une routine plus conforme à son âge et ne s’endort plus au moindre effort. En somme, Marie est maintenant plus en contact avec le monde qui l’entoure.

Pour Rosa, la maman de Marie, les résultats produits par la thérapie de l’intégration sensorielle lui ont donné espoir et courage pour aller plus loin. Elle a aussi compris que Marie était maître d’œuvre de son développement et qu’elle devait accepter son rythme d’apprentissage. Rosa a mis du temps avant de décider d’inscrire sa fille au centre de la petite enfance; aujourd’hui, elle apprécie les échanges et le partage des responsabilités des soins à son endroit.

Et les éducatrices? Et les amis?

Soutenues par une ergothérapeute du Centre de réadaptation «l’Intégrale» et par une intervenante du programme «J’me fais une place en garderie», les éducatrices se sont familiarisées avec l’approche de l’intégration sensorielle. Même si elles sont familières avec les concepts relatifs au développement sensorimoteur de l’enfant, le fait de mettre en pratique certaines activités avec des objets bien précis, a enrichi leurs interventions.

D’ailleurs, les éducatrices affirment qu’après avoir étendu cette lecture de l’intégration sensorielle à d’autres groupes d’enfants, elles en ont mieux compris certains comportements. Par exemple, lors d’une activité de peinture tactile, un enfant qui ne participe jamais ou fait des crises a peut-être des résistances dues à des sensations désagréables au toucher de la peinture. Il faudra donc penser à une stratégie plus en douceur pour lui faire découvrir ce nouveau matériau.

Pour obtenir plus d’information concernant l’approche de l’intégration sensorielle, vous pouvez vous procurer une vidéocassette diffusée par le Centre de communication en santé mentale de l’Hôpital Rivière-des-Prairies au (514) 328-3503.

L’auteure est coordonnatrice au CPE Les petits travailleurs.

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