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L’endométriose: peu connue et pourtant fort répandue

Grossesse

Parents : Documentation : Grossesse : L’endométriose: peu connue et pourtant fort répandue

Sylvie Milliner

Saviez-vous que 5 à 15% des femmes en âge de procréer sont atteintes d’endométriose? Bien qu’elle soit très répandue, cette maladie gynécologique demeure peu connue.

L’endométriose provient du mot «endomètre», muqueuse qui recouvre l’intérieur de l’utérus et qui se renouvelle à chaque menstruation. Ainsi, au cours du cycle menstruel, l’endomètre s’épaissit, se gonfle, stimulé par l’œstrogène, une hormone produite par les ovaires. Il s’agit de bien préparer le nid d’un éventuel œuf fécondé. S’il n’y a pas de grossesse ce mois-ci, les couches de l’endomètre se détachent alors et les menstruations débutent. Une petite partie de ces couches réussit à s’échapper du côté des trompes de Fallope et ce, chez la majorité des femmes. Les douleurs menstruelles alors ressenties sont en partie causées par ces particules de sang qui ont trouvé leur chemin dans la cavité abdominale.

Normalement, notre système de défense se débarrasse rapidement de ces particules de sang mais chez certaines femmes, elles restent sur place. Dans ce cas, les cellules de l’endomètre s’ancrent dans les surfaces qu’elles rencontrent. Petit à petit, au fil des années, ces cellules s’accumulent et peuvent causer des lésions, des masses, des kystes (sac de liquide) et même des bandes de tissus cicatriciels qu’on appelle des adhérences.

Des symptômes douloureux

Les symptômes sont souvent associés à des douleurs pelviennes chroniques ou cycliques, avant ou pendant les règles. Avec le temps, la douleur peut devenir omniprésente. D’ailleurs, 60% des femmes qui se plaignent de douleur pelvienne chronique font de l’endométriose. Un autre indice est une douleur ressentie lors de relations sexuelles avec pénétration (à noter toutefois qu’un utérus rétroverti – penché par en arrière – peut causer le même malaise). Enfin, l’endométriose a des impacts sur la fertilité puisque environ 30% des femmes suivies en cliniques de fertilité sont atteintes de la malade, à divers degrés.

Les différents traitements de l’endométriose

L’endométriose peut être traitée de façon chirurgicale ou médicale.

  1. L’intervention chirurgicale la plus pratiquée est la laparoscopie, pratiquée sous anesthésie générale. L’intervention consiste en une petite incision effectuée au niveau du nombril. Un tube optique, muni d'un système d'éclairage est alors introduit à l'intérieur de l'abdomen afin de prélever un échantillon, faire une chirurgie ou visualiser les organes à partir d'un écran branché sur le tube.
  2. La seconde intervention possible est la laparotomie. Cette procédure chirurgicale majeure, également pratiquée sous anesthésie générale, consiste à effectuer une incision de la paroi abdominale afin d’examiner visuellement les différentes régions de l'abdomen et déterminer le stade d’évolution de la maladie. La laparotomie est également une occasion pour le chirurgien de nettoyer les tissus et/ou lésions localisés hors de l’utérus.
  3. La maladie peut également se traiter avec des médicaments. Les lésions endométriales qui se retrouvent à l’extérieur de la cavité pelvienne répondent aux mêmes fluctuations hormonales que l’endomètre. Le but du traitement est de supprimer les fonctions ovariennes et de stimuler une grossesse ou une ménopause, ce qui a pour résultat de diminuer les lésions. Le cheminement clinique se résume à commencer avec l’administration d’anti-douleurs, suivie durant une période plus ou moins longue, de contraceptifs oraux ou de progestatifs.

Quelques statistiques

  • 6 millions de femmes en Amérique du Nord en souffrent
  • Âge moyen: de 25 à 29 ans
  • 50 à 70% des femmes avec des douleurs pelviennes en sont atteintes
  • 5 à 15% des femmes en âge de procréer sont atteintes d’endométriose. Seulement 2 à 5% d’entre elles sont diagnostiquées avec la maladie.
  • Délai actuel de 6 à 9 ans entre le début des symptômes et le diagnostic
  • 30 000 nouveaux diagnostics annuellement au Canada
  • 20 à 40% des femmes infertiles en sont atteintes
  • Récidives de 40% de 2 à 5 ans suivant la laparoscopie

Sylvie Milliner est conseillère principale aux communications et relations publiques chez Procrea Cliniques.


Article – Dernière mise à jour le 4/4/2005

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