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L'écriture: trois questions fréquemment posées en clinique

Éducation

Parents : Documentation : Éducation : L'écriture: trois questions fréquemment posées en clinique

Mélanie Harel, ergothérapeute

1) «Quelle est la meilleure façon de tenir un crayon et comment l’enseigner à mon enfant?»
La préhension à privilégier est celle dite tridigitale, c’est-à-dire à trois doigts. Le crayon, tenu avec une pince pouce-index, repose sur le majeur. À 2,5 cm de la mine pour les droitiers, un peu plus haut pour les gauchers. Le poignet est en appui sur la table. Selon les ouvrages traitant de cet aspect particulier, on peut s’attendre à ce qu’un enfant de 6 ans ait la maturité nécessaire pour adopter cette préhension. Les différences individuelles sont acceptables si la tenue du crayon est dynamique, c’est-à-dire permettant les mouvements des doigts.

Zoothérapie

Comment l’enseigner
Demandez à votre enfant que son pouce et son index se donnent un bisou. Placez ensuite le crayon entre cette pince pouce-index. L’enfant vient ensuite appuyer le crayon sur le majeur.

Souvent rencontré
  • Le pouce recouvrant les autres doigts: Il est fréquent que les enfants, pour se donner une plus grande stabilité, recouvrent les doigts avec le pouce. Ce type de préhension limite grandement l’implication du pouce et les mouvements des doigts. La préhension sera donc souvent statique. La mobilité du crayon étant conséquemment limitée, on observera chez l’enfant un manque de contrôle et donc une écriture plutôt grossière. Elle est déconseillée.
  • Le crayon en appui sur l’annulaire: Le crayon est tenu avec le pouce, l’index et le majeur et il repose sur l’annulaire. Le type de préhension est de type quadripode. Les enfants l’adoptent souvent avant d’utiliser la préhension tridigitale. La prise quadripode est acceptable, car elle permet les mouvements fins des doigts, même s’ils sont plus limités qu’avec la prise tridigitale.

2) «Mon enfant pèse fort sur son crayon. Comment l’aider à réduire la pression?»
Un enfant qui appuie trop fort sur son crayon le fait souvent parce qu’il a besoin de donner une plus grande stabilité au crayon. Les causes peuvent être multiples (hyperlaxité ligamentaire, manque de tonus, instabilité dans les épaules et autres) et pourront être évaluées par votre ergothérapeute.

De cette grande pression exercée sur le crayon résulte souvent une fatigue de la main et/ou une lenteur d’exécution. Conséquemment, chez les enfants d’âge scolaire, on peut retrouver des difficultés à terminer les travaux ou examens dans les temps requis.

Suggestions
Aidez votre enfant à prendre conscience de la force qu’il exerce sur son crayon. À titre d’exemple:
  • Demandez-lui de tracer des lignes de plus en plus pâles.
  • Avec un pinceau, demandez-lui de tracer des lignes de plus en plus fines. Plus la force est élevée, plus le trait sera large.
  • Faites lui écrire son nom avec un pousse-mine (crayon automatique). Si la pression est trop élevée, la mine cassera.

 

3) «Mon enfant dépasse lorsqu’il colore. Lorsqu’il écrit, il ne respecte pas la ligne d’écriture ou les trottoirs.»
Tient-il son crayon correctement? Le type de préhension adopté doit être dynamique, permettant les mouvements des doigts (voir question 1 ci-haut: tenue du crayon).

Lorsque vous vous serez assuré que votre enfant tient son crayon adéquatement, demandez-lui de colorier ou d’écrire. Observez d’où provient le mouvement. Plus la motricité de l’enfant gagne en maturité, plus les mouvements se raffinent. Le développement suit habituellement cette séquence : épaule, coude, poignet, doigts. Ainsi, l’enfant colore d’abord avec un mouvement global de l’épaule et ensuite apparaissent les mouvements du coude, du poignet et enfin des doigts.

Si l’écriture est grossière, les mouvements des doigts sont possiblement limités. Si des mouvements du poignet sont observés, on travaillera à développer l’étape suivante : les mouvements des doigts.

Suggestions d’activités
  • Marionnettes à doigts
  • Peinture digitale
  • Rouler de la pâte à modeler entre le pouce et chacun des doigts
  • Opposer le pouce à chacun des doigts (au dodo, le pouce donne un bisou à chacun des doigts)
  • Faire colorer des détails, des petites formes. Fixer le papier sur la table pour encourager la variété des mouvements (coloriage vertical, horizontal et circulaire).
  • Jeu «lite brite»

Mélanie Harel, ergothérapeute, pratique à la clinique d’ergothérapie Groupe Synergo Rockland à Montréal.
http://www.groupesynergo.com/

 


Article – Dernière mise à jour le 4/28/2009

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