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Dominique Mauffette-Filion
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La recette pour expliquer aux enfants les dangers qui menacent l’environnement est somme toute assez simple: il suffit d’une pincée d’imagination, pour choisir les bons mots, et de quelques cuillerées de sensibilisation, pour faire germer, en eux, la fibre écologique. Voici quelques questions, et leurs réponses, pour jeter un peu d'éclairage sur des thématiques parfois nébuleuses.
L’eau
Parce que seulement 1% de l’eau qu’on retrouve sur la terre est douce, et que c’est cette eau-là qui est indispensable à toutes les formes de vie sur la planète. Il s’agit donc d’un trésor précieux dont il faut prendre grand soin.
La majorité de l’eau douce qui est utile à l’humain provient de nappes souterraines, qu’on ne peut pas voir sans creuser très profondément dans la terre. Le reste vient des eaux de surface comme les lacs ou les rivières dans lesquelles on se baigne parfois l’été.
D’abord, il y a la pollution. L’agriculture est une des grandes responsables de l’intoxication de l’eau, surtout à cause des pesticides utilisés pour obtenir de meilleures récoltes. Les grandes industries et les activités domestiques comme la lessive font aussi du tort, puisqu’elles émettent d’autres produits toxiques dans l’eau.
Il y a également la surconsommation. Quoi de plus facile que d’ouvrir un robinet? C’est vrai que c’est bien pratique, mais il ne faudrait pas oublier que l’eau est épuisable et qu’il ne faut pas la gaspiller en lavant inutilement son allée d’automobile ou en prenant deux bains par jour, qui nécessitent chaque fois 300 litres d’eau!
Les arbres
Yves Paris, responsable des programmes éducatifs au Biodôme de Montréal est formel: «Évidemment que la situation de la déforestation est nocive. Comme une éponge, les arbres font en sorte de garder l’eau dans le sol. C’est donc grâce à eux si la végétation et les animaux peuvent être nourris. Sans les arbres, la biodiversité, c’est-à-dire la variété de plantes, d’animaux et d’autres organismes vivants, est diminuée.»
Sais-tu ce que veut signifie l’expression «coupe à blanc»? C’est ce qui arrive lorsque l’humain décide de raser tous les arbres d’une forêt pour combler ses besoins en bois, notamment pour fabriquer le papier. Dans la forêt amazonienne, située en Amérique du Sud, la pratique est très courante et les conséquences sont d’autant plus dramatiques. Là-bas, ce sont des paysans qui brûlent les arbres pour avoir davantage de lopins de terre à cultiver. Tous les quatre ans, ils doivent aller plus loin parce que la terre est épuisée. Ça fait beaucoup d’arbres en moins…
Le problème, c’est que dans l’écosystème tropical que représente la forêt amazonienne, les arbres jouent un rôle exceptionnel: ils transforment la forêt en véritable parapluie qui conserve l’humidité, ce qui crée un climat idéal pour la faune et la végétation, parmi les plus riches au monde. Se débarrasser des arbres déséquilibre donc la nature. La température augmente, les sols s’assèchent, deviennent infertiles et sont susceptibles d’être entraînés par les pluies, ce qui fait que les animaux n’ont plus de maison.
Selon monsieur Paris, il faut considérer cette affirmation comme une image. «Les arbres, bien qu’ils ne fonctionnent pas vraiment comme des poumons, régularisent l’air, puisqu’ils conservent en eux le gaz carbonique que les humains rejettent quand ils expirent», explique-t-il.
Quand on tue les arbres, le gaz carbonique est remis en circulation dans l’air. Cela entraîne un appauvrissement de la qualité de l’air qu’on respire. Comme la forêt amazonienne est parmi les plus immenses et les plus denses de la Terre, la coupe à blanc qui y est pratiquée a des conséquences sur la qualité de l’air à l’échelle planétaire».
L’air
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«À cause du smog, une sorte de brume jaunâtre planant parfois sur la ville, qui devient plus épaisse quand la chaleur est intense», souligne le responsable des programmes éducatifs du Biodôme. Malgré son apparence, le smog n’est pas là pour avertir qu’il va pleuvoir, car ce n’est pas un vrai nuage. Il résulte plutôt de la pollution atmosphérique causée par une accumulation de produits toxiques comme l’oxyde d’azote, le monoxyde de carbone et le dioxyde de soufre. Si tu ne connais pas ces gaz, dis-toi qu’ils sont surtout rejetés par les grandes industries et les véhicules motorisés comme les automobiles. Dans les poumons, l’air pollué par ces gaz et la poussière est très nocif pour la santé. Même que les personnes âgées et les jeunes enfants peuvent facilement être malades à cause du smog.
«On ne devrait pas parler de trou, mais bien d’un amincissement, qui est plus marqué au pôle sud, mais qui se produit aussi au-dessus du reste du monde», précise Anne-Marie Asselin, enseignante à l’école Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.
La couche d’ozone est comparable à un parasol géant qui a 20 km d’épaisseur. Le «tissu» invisible de ce parasol est formé d’un gaz appelé «ozone», qui retient la majorité des rayons ultra-violets nocifs du soleil, pour ne pas qu’ils viennent griller la planète comme une tranche de pain. Si c’était le cas, les animaux auraient du mal à survivre et plus de gens souffriraient du cancer de la peau et de cataractes.
«Malheureusement, poursuit l’enseignante, un nombre grandissant de personnes sont victimes de ces problèmes de santé, parce que les CFC et d’autres produits chimiques volatils - qu’on retrouve surtout dans les bombes aérosol et les solvants - ont endommagé les verres fumés de la Terre.»
Il y a quand même de l’espoir dans l’air! Si on réussissait à ne plus se servir de ces produits nocifs, la couche d’ozone pourrait apparemment se reformer d’elle-même un jour…
La Terre
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Comme l’explique madame Asselin: «Si on continue à trop consommer et à gaspiller, les déchets vont effectivement déborder de partout. Au Canada, on produit 30 millions de tonnes de déchets par année, une quantité parmi les plus élevées au monde. En plus, c’est environ trois fois plus qu’il y a 30 ans.»
Les déchets, c’est tout ce qui est inutilisable, comme les ordures ménagères ou les rejets des industries. Par contre, beaucoup de ces détritus peuvent être recyclés. «Au Canada, poursuit la professeure, on dit que presque 85% des gens recyclent, mais ce n’est pas encore assez puisque la quantité de déchets ne diminue pas. Au dépotoir ou à l’incinérateur, ils se transforment en gaz toxiques et en autres agents polluants. De plus, les métaux lourds et le plastique ne sont pas biodégradables. Alors, ils s’accumulent dans la nature.»
Le climat
«Ce sont des modifications influençant le climat, qui engendreront une grande gamme de conséquences au cours des prochaines années: froids et chaleurs plus intenses, précipitations plus abondantes, tornades et autres catastrophes naturelles plus fortes et plus fréquentes», explique Pierre Chastenay, astronome au Planétarium de Montréal. Pourquoi assiste-t-on à tous ces dérangements? «À cause de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, produits par les industries et les activités humaines, comme le transport motorisé», poursuit-il.
L’effet de serre est facile à comprendre. Imagine-toi une voiture dont les vitres sont fermées par une chaude journée d’été. La lumière du soleil pénètre à l’intérieur et réchauffe les objets dans l’auto. Une fois que les rayons de chaleur sont produits sur ces objets, ils ne peuvent plus sortir de l’automobile parce que les vitres les en empêchent. C’est ce qui explique pourquoi la voiture est bouillante quand tu y entres.
Les gaz à effet de serre agissent de la même façon que les vitres d’auto. Alors, tout se réchauffe sur la planète. On prévoit même que la température devrait augmenter de 1,5 à 5,8 degrés d’ici 100 ans», conclut l’astronome.
Il est du devoir de chacun d’entre nous de poser les bons gestes afin de protéger le plus adéquatement possible les ressources qui nous entourent. En plus, il n’est jamais trop tôt pour commencer à s’informer des dangers qui menacent la Terre et des façons d’empêcher qu’elle devienne une gigantesque poubelle. Il n’en tient donc qu’à toi de mettre l’épaule à la roue pour changer ton monde, à la mesure de tes moyens!