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Journée internationale des femmes, d'hier à aujourd'hui

Vie de famille

Parents : Documentation : Vie de famille : Journée internationale des femmes, d'hier à aujourd'hui

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Mélanie Thivierge

Passé de mode, le féminisme? Allons donc! Pour qu’il en soit ainsi, il nous faudrait avoir la mémoire bien courte et faire preuve d’une totale insouciance envers nos sœurs de partout dans le monde et celles qui nous suivront. En cette Semaine internationale des femmes, qui atteint son point culminant le jeudi 8 mars, nous nous offrons une petite incursion dans l’univers des groupes de femmes d’ici et d’ailleurs afin de comprendre les enjeux du XXIe siècle auxquels nous serons confrontées. Mais d’abord, un petit retour dans le temps pour mieux comprendre le présent et préparer l’avenir.

Vous êtes-vous déjà demandé d’où venait l’idée de célébrer les femmes du monde entier le 8 mars de chaque année ? Si tous ne s’entendent pas sur les origines de cette journée, deux hypothèses se révèlent les plus plausibles. En effet, alors que certains soutiennent que la Journée internationale puiserait ses origines dans des grèves ouvrières déclenchées par des travailleuses du textile les 8 mars 1857 et 1908 à New York pour protester contre leurs piètres conditions de travail, d’autres prétendent qu’elle remonterait plutôt à une manifestation en faveur du droit de vote pour les femmes organisée par le Comité national des femmes du parti socialiste américain. Connu sous le nom de «Women’s Day», cette manifestation aurait eu lieu les derniers dimanches de février entre 1909 et 1913.

Puis, en 1910, lors de la deuxième Conférence internationale des femmes socialistes, la leader socialiste Allemande Clara Zetkin aurait amené l’idée de désigner officiellement une journée en signe de reconnaissance des luttes menées par les femmes partout dans le monde pour le suffrage universel. Acceptée à l’unanimité, cette résolution a donné naissance à la première Journée internationale de la femme, célébrée le 19 mars 1911 en Autriche, au Danemark, en Allemagne et en Suisse. Peu à peu, d’autres régions du monde ont emboîté le pas jusqu’à ce que les Nations Unies adoptent, en 1977, une résolution invitant les pays à consacrer une journée à la célébration des droits de la femme et de la paix internationale. Depuis, le 8 mars est devenu l’occasion de réfléchir aux progrès réalisés, de célébrer les gains dans la lutte pour les droits de la femme et de s’attarder quant aux mesures à prendre afin d’améliorer l’égalité des femmes dans le monde.

Et aujourd’hui ?
En 2001, les célébrations entourant la Journée internationale des femmes ont gagné en importance. C’est sous le thème «Les multiples voix des Canadiennes, la voie vers des changements concrets» que sera célébrée la journée du 8 mars. Mais c’est au Sommet des peuples des Amériques, qui se tiendra à Québec du 16 au 23 avril prochain, que les femmes de tout le continent feront parler d’elles haut et fort.

En effet, ce rassemblement précédera le très médiatisé Sommet des Amériques, au cours duquel 34 chefs d’État viendront débattre de la Zone de libre échange (ZLÉA) qu’ils sont en train de construire. Concrètement, cela signifie que les créanciers et investisseurs des Amériques comptent sur les gouvernements de chaque pays pour inclure dans l’accord une charte de protection des investisseurs. Cet accord, de par sa nature même, encourage la déréglementation des politiques environnementales et sociales des pays concernés. Qui plus est, il se négocie dans le plus grand des secrets… même si ses impacts se font sentir dans la vie de tout un chacun.

Si la Fédération des femmes du Québec (FFQ) invite la population à se joindre à elle pour manifester pendant le Sommet des peuples, c’est que la mondialisation affecte sérieusement les conditions de vie de nombreuses femmes. Au quotidien, cela signifie le développement de la sous-traitance, la perte ou la précarisation de nombreux emplois, une certaine privatisation des services publics, des coupes dans les programmes et services sociaux, en éducation et en santé. Et cela sa passe aussi bien au Canada qu’au Guatemala !

Mais, comme nous le rappelle la FFQ, la mondialisation n’est pas un processus achevé et irréversible. Pour tirer notre épingle du jeu, il suffit d’appliquer la règle des trois «s» : surveiller, s’allier et s’organiser. Elle nous invite donc à saisir l’occasion du 8 mars pour nous sensibiliser aux effets de la mondialisation sur nos conditions de vie et celles de nos sœurs des autres Amériques, et pour réfléchir quant aux moyens à prendre pour faire savoir à nos gouvernements qu’ils ont des comptes à nous rendre sur ce qui se passe.

Les personnes intéressées à participer à l’une ou l’autre des activités du Sommet des peuples organisées par la Fédération des femmes du Québec sont invitées à consulter le site Internet de la FFQ ou celui du Sommet des peuples. 

Document réalisé à partir de l’information recueillie auprès de Condition féminine Canada, du Conseil du statut de la femme (à visiter pour connaître toutes les activités organisées aux quatre coins du Québec) et de la Fédération des femmes du Québec.

Des progrès et des femmes
Que célèbre-t-on vraiment le 8 mars? Des progrès, des gains et de véritables tours de force. Voici au moins 15 bonnes raisons de célébrer !

  1. 1912 : Carrie Derick fonde la Montreal Suffrage Association, premier mouvement organisé, orienté principalement vers l’obtention du droit de vote des femmes au niveau fédéral.
  2. 1918 : Les femmes obtiennent le droit de vote aux élections fédérales. Au niveau provincial, le droit de vote était accordé aux femmes en 1916 au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta ; en 1917 en Colombie-Britannique et en Ontario ; en 1918 en Nouvelle-Écosse ; en 1919 au Nouveau-Brunswick ; en 1922 à l’Île-du-Prince-Édouard et en 1925 à Terre-Neuve. Au Québec, les femmes devront attendre encore 22 ans, soit jusqu’en 1940, avant de voter au niveau provincial.
  3. 1929 : Les femmes du Canada deviennent des «personnes». En vertu de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (Loi constitutionnelle de 1867), le terme «personne» n’incluait pas les femmes, ce qui entraînait, entres autres conséquences, leur exclusion du Sénat.
  4. 1945 : À la fin de la guerre, le gouvernement canadien décide de verser des allocations familiales. Au Québec, c’est aux chefs de famille qu’il entend les verser. Thérèse Casgrain se bat pour que les chèques aillent aux femmes et elle obtient gain de cause. 
  5. 1947 : À partir de cette date, les Canadiennes qui épousent des non-Canadiens ne perdent plus leur citoyenneté.
  6. 1961 : Marie-Claire Kirkland devient la première députée québécoise et la première à être nommée ministre.
  7. 1964 : La célèbre loi 16, pilotée par Marie-Claire Kirkland, est adoptée. Elle met fin à l’incapacité juridique de la femme mariée. Celle-ci n’est plus tenue de présenter la signature de son mari pour effectuer des transactions courantes. 
  8. 1975 : L’Organisation des Nations Unies déclare 1975 Année internationale de la femme. Au même moment, au Québec, l’adoption de la Charte des droits et libertés de la personne interdit officiellement, pour la première fois, toute discrimination fondée sur le sexe.
  9. 1981 : La loi 89 modifiant le Code civil entre en vigueur. L’égalité entre les conjoints est reconnue. Les femmes gardent dorénavant leur nom et peuvent le transmettre à leurs enfants.
  10. 1981 : La Loi sur la santé et la sécurité du travail permet à la travailleuse enceinte ou qui allaite et dont les conditions de travail sont dangereuses de bénéficier d’une réaffectation à un autre poste de travail ou, si c’est impossible, d’un retrait du travail avec prestations de la CSST. 
  11. 1987 : Les femmes autochtones retrouvent, avec l’adoption par le gouvernement canadien de la loi C-31, les droits perdus en 1869. Désormais, les femmes mariées à des Blancs conservent le statut d’Indienne et peuvent le transmettre à leurs enfants. 
  12. 1988 : La Cour suprême déclare inconstitutionnel l’article 251 du Code criminel rendant l’avortement illégal, cet article allant à l’encontre des dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés.
  13. 1994 : Les premières maisons de naissance ouvrent leurs portes. En même temps, l’Église d’Angleterre, progressiste, ordonne 32 femmes prêtres alors que l’Église catholique met un point final à toute discussion sur ce sujet. 
  14. 1996 : La Loi sur l’équité salariale est adoptée par l’Assemblée nationale. Cette loi oblige les entreprises de dix employés et plus à corriger les iniquités de rémunération que subissent les femmes sur le marché du travail. 
  15. 2000 : La Marche mondiale des femmes, initiée par la Fédération des femmes du Québec, mobilise des femmes du monde entier : 6000 groupes répartis dans 161 pays ou territoires. Les bases d’un réseau d’action féministe international sont maintenant jetées, donnant ainsi naissance à un grand mouvement de solidarité mondiale.

    (Source : Conseil du statut de la femme)

 


Article – Dernière mise à jour le 3/11/2008

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