Bienvenue sur PetitMonde.com. Aller directement à la navigation, au contenu ou à la recherche.
Note importante : Si vous voyez ce message, c'est que votre fureteur ne supporte pas la nouvelle feuille de style (CSS) de PetitMonde.com ou qu'il n'est pas conforme aux normes du World Wide Web Consortium (W3C). Ses menus et tout son contenu demeurent accessibles mais la présentation visuelle se trouve affectée. Voir dans « À propos du site » pour plus d'information sur l'accessibilité.
Marie France Versailles
«Pourquoi se disputent-ils tant à la maison et si peu, ou pas, à l'extérieur? Partout, on les trouve sympathiques, même quand ils sont invités ensemble!»
«Pourquoi cherchent-ils toujours à me faire intervenir et prendre parti pour s'en plaindre ensuite?»
- J'ai débarrassé la table trois fois plus que lui!
- C'est toujours lui qui a la place près de la fenêtre dans l'auto!
- Elle a eu 4 biscuits, moi un!
- Tu es déjà allée deux fois au cinéma avec elle!
- Son paquet est plus gros, son histoire plus longue, sa crêpe plus grande, son pull plus beau
- Tu le punis moins, tu me grondes plus
Nous n'aimons pas les entendre parler ainsi. On préfère ne pas voir, ne pas entendre. Ne pas se souvenir non plus de notre enfance. Mais quand nous disons à nos enfants qu'ils se disputent pour des queues de cerises, ne sommes-nous pas de mauvaise foi? Se battre pour un biscuit? Pour une place près de la fenêtre dans la voiture? Pour une vaisselle à ranger? Le biscuit est un prétexte.
L'enjeu est ailleurs. «Il n'y a pas de justice pour l'enfant», résume Françoise Dolto. «Tout est injuste à ses yeux quand il n'a pas tout.»
L'équation est simple.
Chacun veut tout et considère que ce qu'on donne à l'autre lui est enlevé, à lui.
Je reçois moins = on m'aime moins, donc je vaux moins.
Comme si l'amour reçu se mesurait au poids ou au mètre. Comme si le sentiment de sa propre valeur en dépendait.
L'enjeu est loin du biscuit
N'est-ce pas pour cela qu'ils se disputent davantage à la maison, en présence des parents? N'est-ce pas pour cela que nous nous sentons si concernés et si maladroits? Si nous tombons dans le piège, si nous parlons le même langage calculateur: «Tu as débarrassé la table trois fois, mais il l'a dressée quatre fois
», «Je le punis moins, mais il est plus sage
» Si nous nous efforçons de maintenir en équilibre la balance que chacun a dans la tête, de donner «la même chose» à chaque enfant
les enfants crient encore plus fort à l'injustice! Parce que nous justifions leur façon de tenir des comptes et leur sentiment de moindre valeur. Les rassurer, c'est rencontrer le besoin d'amour niché au creux des rivalités fraternelles.
Plus encore que de perdre quelque chose, l'enfant jaloux a peur de perdre quelqu'un. Peur de ne pas être aimé autant qu'il le voudrait.
Quand il sont réprimés, les sentiments ont des fuites
Les sentiments sont ce qu'ils sont. Positifs et négatifs. Heureux ou malheureux. Ils nous habitent malgré nous. Les problèmes commencent quand nous les exprimons. Ainsi, par exemple, il y a des familles où la tristesse agace: «Ne pleurniche pas!» Alors que dans d'autres, elle suscite tendresse et compassion: «Viens, mon petit chou, pleure » La jalousie, elle, est rarement appréciée: «Comment peux-tu être jaloux(se)? Comme c'est vilain! Après tout ce que j'ai fait pour toi? Avec tout ce que tu as reçu? » L'enfant jaloux souffre. Si personne ne l'entend, si rien ne vient le rassurer, pire encore s'il se fait rabrouer quand il le dit, il va essayer de cacher ou de garder pour lui ce qu'il ressent mais peine perdue.
Mais pourquoi se chamaillent-ils?
et pourquoi intervenez-vous?
Mais comment font les autres parents?
Les histoires de gosses ne sont pas nécessairement des enfantillages.
L'enfance ne passe pas. Elle laisse des traces.
Ce texte a été publié par La Ligue des Familles de Belgique dans son édition Le Ligueur du 2 mai 2001.