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Anne Bacus, psychologue
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«C'est le mien!», «Non, c'est à moi, t'as pas le droit d'y toucher!», «Maman! Il m'a pris mes feutres!», «Papa! Hein que t'as dit que c'est à nous deux?»...
Cela vous rappelle quelque chose? Et cette scène de l'enfant agrippé à son propre seau qui refuse de rendre la petite pelle rouge qu'il vient de subtiliser à sa voisine de bac à sable... Le désir de posséder et le refus de partager sont, pour les enfants, sources de très nombreuses occasions de conflits. Il peut être très difficile pour les parents qui ont à coeur d'avoir un enfant bien élevé de supporter qu'il prenne les jouets des autres et refuse de partager les siens. Ils peuvent se sentir gênés, alors que cette attitude est tout à fait normale.
Les petits, jusque vers deux ans, considèrent que tout ce qu'ils peuvent atteindre est à eux, et que personne ne doit y toucher. Si un jeune enfant convoite un objet, il le prend, même si cet objet est pour l'instant dans la main d'un copain. Le jouet «en activité» est toujours beaucoup plus désirable que celui qui attend sur le sol, même si c'est apparemment le même. Une fois qu'il a pris, il garde pour lui, jusqu'à ce qu'il décide lui-même de se désintéresser du jouet. Pour autant, l'enfant n'est ni méchant ni agressif. Il est juste normal. Égocentrique comme tous les enfants de son âge, il ne voit que son propre désir et se montre indifférent à ceux de l'autre.
Pour partager, il faut être capable de se mettre à la place de l'autre et de comprendre ses sentiments. Cela prend du temps. Vers quatre ans, l'enfant sait généralement demander, échanger, coopérer et attendre son tour.
Voici quelques conseils pour y parvenir:
Développez son sens de la propriété
Paradoxalement, c'est cela qui le rassurera sur les jouets qui lui appartiennent, et lui permettra de mieux gérer le partage.
Expliquez clairement à votre enfant ce que vous attendez de lui
Favorisez la coopération et l'entraide
Les enfants qui prêtent sont ceux qui ont compris qu'ils y ont intérêt.
N'espérez pas trop
Incitez votre enfant à partager, mais soyez réaliste: il faut du temps pour intégrer le concept même de partage, qui est complexe. Aussi n'espérez pas trop ni trop tôt. Gronder l'enfant qui refuse de partager, ou le punir, n'est d'aucune utilité, et ne fait que renforcer son attachement aux objets. Ne forcez pas. Mieux vaut expliquer à l'autre enfant: «Il n'a pas envie de partager ce jouet pour l'instant.» Après tout, si c'est à lui, c'est bien son droit...
Acheter le même jouet pour tous?
Certains parents, qui ont des enfants d'âge rapprochés, trouvent plus simple de mettre tous leurs jouets en commun. D'autres, au contraire, achètent tout en double. La bonne solution est entre les deux. Acheter en double des jouets comme les ballons ou les jouets de plage, par exemple, diminuera certainement les conflits. De plus, les enfants ont besoin de savoir que certaines choses ne sont qu'à eux, notamment les jouets affectifs (poupées, peluches, etc.). Mais tout acheter en double est impossible. Les enfants peuvent parfaitement se partager la boîte de Lego, le vélo ou les puzzles. Avoir quelques jouets en commun est une bonne occasion d'inciter au partage et de faire comprendre la notion de «chacun son tour».