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Nadine Descheneaux
Changer le monde, c’est d’abord
changer la façon de naître.
Michel Odent
Photo : SoniaJam, photographe |
Céline Dion s’émoustille ce soir au Centre Molson pour une Fureur bien spéciale et déjà sur toutes les radios on entend l’air de sa nouvelle ritournelle. «A New Day Has Come» annonce la chanteuse québécoise la plus connue du globe. Un nouveau temps est venu aussi pour les accouchements au Québec. Depuis deux semaines, au cours de mes recherches et mes entrevues, j’ai pu remarquer que plusieurs femmes décident, tranquillement mais sûrement, de prendre en main leur grossesse de façon plus naturelle. Pour mieux la vivre. Pour mieux se sentir. Pour mieux être préparée. Pour mieux mettre au monde leur bébé.
Oui, mais comment? Où sont les ressources pour nous aider?
Toutefois, un lourd dilemme se pose. Comment rendre la naissance heureuse quand les structures et les ressources médicales, essoufflées par le virage ambulatoire qui n’en finit plus, n’offrent plus que des visites prénatales standardisées, quand les accouchements sont de plus en plus médicalisés et que la vitesse et la performance chassent les contacts humains et la chaleur d’un regard qui nous écoute? Le syndrome du «vite fait, bien fait» s’est emparé des services d’obstétrique, grugeant les énergies et le temps qu’il faut pour aider les femmes à bien vivre leur grossesse, à leur donner confiance en leurs moyens pour rendre cet événement – donner la vie – l’expérience la plus mémorable et la plus heureuse qui soit.
Je n’ai jamais accouché, mais je peux imaginer comment on se sent une fois que l’on se sait enceinte. On tombe presqu’aussitôt dans un engrenage issu de la culture et de la conception des naissances qu’on a ici au Québec. Les visites chez un médecin, les tests de toutes sortes et les échographies font partie d’une routine ou presque. Pourtant, si on désire mettre au monde notre bébé sans intervention médicale, sans manipulation de la nature et de la façon la plus naturelle qui soit, vers qui se tourner? C’est bien beau de vouloir accoucher autrement, encore faut-il savoir comment.
Un bout de chemin à faire
Il n’est pas simple de se détacher du peloton, de sortir des sentiers battus, de suivre une route peu connue, de choisir de vivre et de comprendre la douleur quand la péridurale est proposée comme un chasse-douleur incroyable, de faire un pied de nez aux superstructures médicales, d’être la marginale qui gambade hors des habitudes et des routines et d’imposer ses choix et faire valoir ses droits devant ceux qui voient habituellement des brebis dociles qui, parfois même mortes d’inquiétude, n’osent pas poser de questions. Il faut un peu de courage, un peu d’audace et le soutien de gens qu’on aime pour se donner une chance de vivre autrement la joie de devenir maman.
Le pouvoir entre vos mains
Chaque femme a encore le pouvoir – et le droit surtout – de choisir comment, où et avec qui elle veut accoucher. Parce que l’accouchement a des répercussions sur la vie physique et affective de la mère et de son enfant. Parce que la naissance appartient d’abord et avant tout à la famille, et non à la médecine ou à la technologie. Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, PetitMonde vous propose un dossier étoffé sur la plus ancienne aventure humaine et le plus grand miracle naturel: donner la vie.
Tout au long du dossier, vous pourrez admirer les magnifiques photos de Sonia Jam qui sait si justement et si tendrement mettre en valeur chaque femme enceinte.