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Faites de la musique!

Vie de famille

Parents : Documentation : Vie de famille : Faites de la musique!

Pascale Pontoreau

Les Petits violons
École de musique Vincent d’Indy
Conservatoire de musique de Montréal
École des jeunes de la Faculté de musique de l’université de Montréal

Photo: Pascale Pontoreau

Quand j’étais petite, il était de bon ton pour une jeune fille bien élevée d’étudier le piano. Ou un autre instrument d’ailleurs. Mais l’apprentissage de la musique faisait partie des apprentissages normaux de la vie. On se formait la tête à l’école, le cœur à la maison, le corps dans un gymnase et l’imagination devant une partition.

Même si j’ai arrêté bien vite le douloureux rituel quotidien qui accompagne la formation artistique, j’en ai conservé le principe de base. En musique, comme en sport, le plaisir naît de la rigueur. Nous avons demandé à quelques professeurs de nous faire part de leurs méthodes d’enseignement et du moyen grâce auquel, aujourd’hui, à l’heure du Nintendo et de la télévision perpétuellement allumée, ils parvenaient encore à motiver les jeunes pour qu’ils appliquent le même adage.

Les Petits violons

Il y a quelques jours, Jean Cousineau, le fondateur de l’école Les Petits violons présentait sur les ondes de Radio-Canada le spectacle que ses élèves allaient offrir pour souligner le 35e anniversaire de l’institution. Au fil de la conversation, le professeur émettait des commentaires surprenants sur l’apprentissage du violon. Ainsi, il signalait combien les enfants d’aujourd’hui, victimes d’un manque d’activités inhérent à leur mode de vie, avaient beaucoup plus de difficultés à s’astreindre aux contraintes physiques du violon.

En lui parlant, nous avons surtout découvert une partie des méthodes qu’il utilise et qui ont fait le succès des Petits violons. Pour quelqu’un qui n’a jamais vu un violon de près ou de long… il faut s’accrocher! Pourtant le principe de cet apprentissage est logique. La plupart des jeunes musiciens fonctionnent à tâtons. Sur le clavier d’un piano, la touche Do reste une touche Do quelque soit l’instrument disponible. Sur le manche d’un violon, il n’existe aucun point de repère. L’enfant tente donc de reconnaître une note à l’oreille puis il place son doigt approximativement à l’endroit où le son s’approche le plus de la note demandée.

Quand une pièce est trop complexe ou trop rapide, le tâtonnement ne suffit plus. Pour monsieur Cousineau, les notes doivent être apprises à leur bonne place dès la première fois qu’elles sont jouées. Ainsi, il propose aux élèves de découvrir une véritable «grille» imaginaire sur le manche du violon. Chacune des notes y est disposée avec autant de  précision que s’il s’agissait d’un clavier. Dès que le joueur lit la note, il la place sur l’instrument et la joue avec l’archet.

Cette mécanique – appelée lecture du manche - qui semble simple, est contraire à la logique cérébrale humaine mais, une fois qu’elle est acquise, elle semble faire des prodiges! Elle permet d’obtenir une parfaite maîtrise de la mécanique propre au joueur, économise de l’énergie, facilite la répétition de gestes précis et active le cerveau avec plus d’aisance. Monsieur Cousineau ne recommande pas vraiment l’apprentissage du violon aux moins de cinq ans; il leur suggère plutôt d’être très actifs physiquement et d’aller se dégourdir l’oreille dans des centres d’éveil musical ou en écoutant… de la musique!

Les Petits violons (514) 274-1736

École de musique Vincent d’Indy

Responsable de l’enseignement parascolaire, professeur et pianiste elle-même, Sœur Marie-Paule Provost travaille surtout avec les plus jeunes élèves de l’école de musique Vincent d’Indy à Outremont. Elle constate que dans l’ensemble, ce sont encore les parents qui choisissent l’instrument dont vont jouer les enfants.

Pour les petits qui n’ont pas d’idée arrêtée, il semble préférable d’opter pour le piano dans un premier temps. L’instrument exige moins d’oreille que le violon et il demeure la meilleure source d’apprentissage des bases de la musique.

Si aujourd’hui, l’école offre un cours d’initiation aux tout-petits (dès 4 ans), dès son entrée à la maternelle, le bambin peut amorcer sa pratique instrumentale à raison d’une demi-heure de cours hebdomadaire. Pour captiver les apprentis musiciens, Sœur Provost signale qu’elle bénéficie d’un matériel pédagogique plus attrayant, que les approches sont devenues plus ludiques et plus visuelles aussi afin que les élèves ne se découragent pas tout de suite. Car, comme elle le précise «La musique, c’est de la beauté; la technique, ça c’est du sport!»

École Vincent d’Indy (514) 735-5261

Conservatoire de musique de Montréal

Au Conservatoire, la tradition demeure la règle d’enseignement. Ici, les élèves entrent plus vieux, dès qu’ils ont en moyenne deux ans de pratique d’instrument – piano, violon ou violoncelle - derrière eux. Chaque mois de mars y est consacré aux auditions. L’enfant doit y présenté quatre pièces de répertoire.

S’il est sélectionné, le jeune musicien est inscrit sur une liste d’admissibilité. Beaucoup d’appelés, peu d’élus. En effet, sur les quelques 240 places que compte le Conservatoire, moins d’une trentaine se libèrent chaque année suite aux départs des finissants ou aux abandons de certains.

S’il est choisi, le nouvel élève devra obligatoirement suivre une heure de cours instrumental par semaine. À cette pratique, s’ajoutera sûrement une heure de théorie. L’élève doué pourra en plus participer aux répétitions hebdomadaires de l’orchestre. Le tout sans oublier le travail quotidien recommandé par les professeurs. Le Conservatoire n’a pas volé sa réputation d’école prestigieuse mais, parents et enfants ne vous leurrez pas, vous aurez du pain sur la planche!

Conservatoire de musique de Montréal (514) 873-4031
Conservatoire de musique du Québec (418) 643-2190

École des jeunes de la Faculté de musique de l’université de Montréal

Chaque samedi entre 9 h et 14 h, l’enfant entre à l’École à l’une ou l’autre des étapes en intégrant son groupe d’âge. Pour les 3-4 ans, un cours d’Éveil musical de 55 minutes par semaine est offert à raison de 8 à 10 enfants par professeur. Ils y font une exploration du monde sonore et musical par le chant, le mouvement et le jeu instrumental (petites percussions, xylophones, objets du quotidien). Dans un contexte ludique, ils développent ainsi leurs capacités d’écoute et d’expression et voient leur imagination stimulée.

Pour les 5-6 ans, l’École parle plutôt d’initiation à la musique (une heure hebdomadaire). Dans le prolongement du cours d’éveil, l’enfant s’initie davantage au langage musical et à son code. Petit à petit des éléments de notation sont intégrés, en relation directe avec l’expérience instrumentale. En complément, l’enfant peut commencer l’étude (30 minutes par semaine) d’un instrument (violon, violoncelle ou piano) si l’École évalue qu’il est prêt pour ce type d’apprentissage.

École des jeunes de la Faculté de musique de l’Université de Montréal (514) 343-7512

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