Bienvenue sur PetitMonde.com. Aller directement à la navigation, au contenu ou à la recherche.

Note importante : Si vous voyez ce message, c'est que votre fureteur ne supporte pas la nouvelle feuille de style (CSS) de PetitMonde.com ou qu'il n'est pas conforme aux normes du World Wide Web Consortium (W3C). Ses menus et tout son contenu demeurent accessibles mais la présentation visuelle se trouve affectée. Voir dans « À propos du site » pour plus d'information sur l'accessibilité.

Drôles de dames

Vie de famille

Parents : Documentation : Vie de famille : Drôles de dames

Pascale Pontoreau et Richard Langevin

Photo : © 2001-2003 www.arttoday.com

Quand on navigue sur le web à la recherche des métiers dont rêvent les enfants, on trouve un nombre effarant de réponses de petites filles affichant clairement leur désir d’être chanteuse; pas comédienne, pas médecin, chanteuse! Nous avons essayé de réfléchir à la question et d’émettre quelques éléments d’explication.

Rôle des parents
Aujourd’hui, on note deux tendances sociales très importantes : d’une part, les couples font de moins en moins d’enfants, d’autre part, ils disposent de peu de temps pour s’en occuper.

La conjugaison de ces deux éléments a pour effet de mettre une pression énorme sur les enfants pour qu’ils réussissent et de leur accorder tous les moyens possibles et imaginables pour y parvenir. Ainsi, les parents vont dépenser des fortunes pour que leur enfant unique fasse telle ou telle autre activité, et bien sûr, y soit très performant.

Le parent d’aujourd’hui veut donc donner le mieux qu’il peut à son enfant : il lui voue une sorte de culte qui prolonge son propre ego et compense son absence. Ce qui signifie qu’il est prêt à en perdre le sens commun pour obtempérer aux demandes croissantes de l'enfant. Il ne veut pas devenir le parent dont il a l’impression d’avoir été la victime : « mon père n’a jamais voulu que je devienne artiste, alors je vais encourager mon fils à le devenir; je ne freinerai pas son ambition! »

Et puis il y a ce fantasme plus ou moins avoué de chaque parent que son enfant devienne un être d’exception !

Valeurs médiatiques
Tout a relativement commencé avec les Spice Girls : de jolies filles qui, en quelques mois, étaient propulsées au sommet des palmarès internationaux. Pour les jeunes spectatrices, cette image ultra médiatisée confortait l’impression que tout est possible… sans même avoir d’efforts à faire. Ont suivi les Britney Spear et autres Cristina Aguilera de ce monde, en passant par le succès délirant de Star Académie ou de Mix Mania.

Être comédienne n’évoque pas la même facilité : d’abord la musique est un médium beaucoup plus populaire et extrêmement accessible, on entend de la musique partout donc le succès d’une chanteuse est bien plus spectaculaire. Et les chanteuses commencent de plus en plus jeunes, alors que même l’actrice Julia Roberts n’a pas reçu une reconnaissance planétaire immédiate. Il lui a fallu du temps et du travail pour se rendre au statut auquel elle est maintenant arrivée.

Star Academy propose un autre modèle : vous êtes jeune, vous êtes séduisant, vous avez un peu de talent (enfin, comme tout le monde) et du jour au lendemain, on fait de vous une vedette à qui on demande des autographes dans la rue. Cet univers est loin de la réalité : on est dans le rêve pur, dans l’imaginaire. Dans ce monde idéal, il n’y a pas d’efforts à fournir, pas de travail à faire, pas de temps à attendre ou à espérer. C’est un quitte ou double dans lequel finalement l’individu intervient peu : il passe et c’est la gloire instantanée, ou il casse et tout le monde verse des larmes avec lui avant de l’oublier vite vite vite!

Inflation de l’ego
Pour sa survie, le bébé doit croire dès sa naissance qu’il est le centre du monde et que tous ses désirs seront satisfaits dans la seconde où il les exprime. Autour de 8 mois en moyenne, le bébé constate qu’il n’est pas le centre du monde et que plusieurs éléments interfèrent dans la satisfaction de ses désirs; il vit une dépression de l’ego. Si au cours de cette période cruciale, il ne sent pas valorisé, il va développer, pour compenser, une image de lui surpuissante.

On sait qu’actuellement, une majorité de couples se sépare moins d’un an après la naissance d’un enfant. Ce qui suggère que le bébé atteint sa période narcissique au moment de la rupture. La maman, avec laquelle il vivra le plus souvent, traverse une épreuve douloureuse : la séparation, le rythme de travail, le manque éventuel d’argent, l’absence du père, etc. Elle est bien souvent déprimée, préoccupée, moins disponible pour son petit. Elle ne le regarde pas avec tout l’amour dont elle dispose, le frein de ses inquiétudes prend le devant.

Au cours de la première année de vie, comme l’a précisé Lacan, « je deviens ce que je vois dans les yeux de ma mère ». Après une rupture ou, dans une situation difficile traversée par le couple, l’enfant voit dans les yeux de sa mère le vide et la souffrance. Il va donc construire sa personnalité sur des trous et nombreux seront ceux qui développeront des problèmes et désordres narcissiques tel l’image d’une supériorité excessive, une accoutumance ou une dépendance quelconque ou encore, une personnalité très contrôlante.

On dit de plus en plus que cette inflation de l’ego vient compenser un vide intérieur, le manque de communication ou d’interaction avec les parents, l’absence de réelle relation avec eux.

L’absence d’efforts
On constate que la plupart des rêves de cette génération spontanée sont très « médiatiques » et semblent très « faciles ». Peu de petits rêvent de devenir neurochirurgien parce que ça demande - advenant qu'ils le sachent - plus de 10 années d'études universitaires.

Les enfants sont de moins en moins prêts à accomplir l’effort nécessaire pour parvenir à de bons résultats. Ils veulent être metteur en scène de théâtre sans découvrir les classiques; ils veulent obtenir une ceinture noire de karaté sans passer par la blanche; quand jeunes adultes, ils intègrent une entreprise, ils veulent bénéficier des mêmes avantages que leurs pairs qui y travaillent depuis 25 ans ( on se souvient des clauses orphelines des années 90), etc.

Chacun de nous a un enfant qui, du haut de ses douze ans, entend bien nous apprendre ce qu’est un infarctus, parce qu’il vient d’en découvrir la définition ! Et oui, il en sait bien plus que nous ce petit. Françoise Dolto parlait du plaisir différé, cette notion qui veut que l’enfant comprenne qu’il ne peut pas tout obtenir tout de suite et qu’il lui faut travail et discipline pour performer, les musiciens et les sportifs le savent : mais la plupart des enfants d’aujourd’hui semblent l’avoir totalement oublié !

Haut de page
Hit-Parade
©1998-2009 PetitMonde.com | Tous droits réservés | Conditions d'utilisation