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Myriam Huzel
Au Québec, le taux de décrochage scolaire qui sélève à 30% au secondaire dans le secteur public a provoqué de vives réactions dans toutes les sphères de
Dans la foulée des recettes miracles pour pallier le fléau du décrochage,
Est-ce que le problème du décrochage scolaire se résume, comme le prétend M. Dallaire, au fait que les élèves ont perdu le sens de leffort et du sacrifice?
Entrevue avec Charles E. Caouette
Dans le cadre dune entrevue avec Charles E. Caouette, professeur honoraire à la retraite du département de psychologie de lUniversité de Montréal et pionnier du mouvement alternatif au Québec, le problème du décrochage doit être centré sur lélève.
La motivation doit venir dabord de lélève, mais pour que celui-ci la maintienne, il faut quil se sente valorisé, intégré au sein de son environnement scolaire et que ses apprentissages soient significatifs pour lui. Aujourdhui, les jeunes évoluent dans le monde des communications, que ce soit à travers des réseaux sociaux sur Internet, par leurs cellulaires ou leurs courriels, ils ont accès à une quantité dinformation infinie en tout temps. Ils sont donc plus informés que jamais et ils ont besoin de donner un sens à tout ce qui leur parvient comme information. Leur curiosité nécessite des réponses et les enseignants doivent devenir des phares pour guider les jeunes à travers ce flot dapprentissages. Dans ce contexte, lenseignant ne peut plus appliquer une transmission statique des savoirs qui proviennent uniquement des programmes pédagogiques: il doit adapter son enseignement en fonction des intérêts de ses élèves afin de rendre la matière significative.
Ainsi, lécole connaît une certaine difficulté à répondre aux besoins et à la réalité de ses élèves. Ces derniers ne se plient plus à la rhétorique traditionnelle dapprendre une théorie parce quelle est matière à examen. Cette ritournelle na plus de sens aux yeux des jeunes. La matière doit être transmise de façon dynamique et personnalisée et avoir comme point de départ les intérêts de lélève, non conformément à la tradition pédagogique de lenseignant à lélève.
Lécole nest pas un lieu damusement, autant quelle nest pas plus un lieu de compétition, de performance, de stress ou de violence. Elle doit transmettre une vision plus profonde que lobtention dun diplôme et la réussite matérielle. Lécole doit fournir des repères plus solides aux élèves que ceux véhiculés par notre société industrielle. En prônant des valeurs universelles dentraide, de partage et une vision ouverte sur le monde, lélève développe un sentiment dappartenance envers lécole.
Bien que les parents, les enseignants, les politiciens, les intervenants et les membres de la communauté des affaires se prononcent sur la source du malaise qui ronge nos écoles, la parole doit revenir avant tout à lélève. Même si les initiatives comme celle entreprise par M. Ménard sont louables et nécessaires afin de mobiliser et de créer une solidarité autour des enjeux de léducation, le bien-être de lélève doit être au cur de nos préoccupations.
Le décrochage ne doit pas devenir un enjeu économique, parce quun décrocheur coûte des milliers de dollars à lÉtat, mais parce que 30% des jeunes ne sont pas bien à lécole. Lorsque la ministre de lÉducation, Michèle Courchesne, a reconnu qu'il fallait s'attaquer de toute urgence à ce fléau en disant vouloir «fixer très certainement des objectifs de résultats», elle utilise un vocabulaire emprunté au monde des finances et non à celui de léducation. Doit-on parler dobjectifs et de résultats ou plutôt de changements et dadaptation?
Ce sujet vous intéresse? Visionnez lentrevue avec Charles E. Caouette au http://www.partageonslesavoir.com/!
ANNEXE 1
[i] DALLAIRE, Marc. Chers élèves, accrochez-vous! Le jeune doit trouver en lui-même la motivation pour ses études. Publié dans