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Devenir une famille d'accueil: l'essayer, c'est l'adopter

Vie pratique

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Martine Huard

Easy le chien

Tous les enfants insistent un jour ou l’autre pour que leurs parents leur achètent un chien, de préférence un chiot, mignon, drôle et attendrissant. Devant la bonne volonté et les promesses de votre enfant («oui, oui, maman, je vais le brosser, le sortir, ramasser ses besoins dans la cour...»), vous céderez peut-être aux pressions en vous disant que cela le responsabilisera.

Mais qu’arrive-t-il vraiment? Deux semaines après l’acquisition d’un jeune labrador, votre enfant est de moins en moins enthousiaste à l’idée de prodiguer des soins à l’animal. Pourtant, votre entente était claire: «C’est toi qui t’occupes du chien, sinon il retourne d’où il vient.» Et voilà que Fido se retrouve au refuge, avec des pairs qui ont connu le même sort que lui.

Votre famille est-elle vraiment prête à accueillir et à garder un chien? Je vous invite à lire l’histoire d’Easy, de Michel, de Marie et de Corinne, qui ont participé au programme de familles d’accueil de la SPCA avant d’acquérir leur chien.

Michel, comment Easy est-elle arrivée dans votre famille?

Une voisine qui a accueilli plusieurs animaux au cours des dernières années nous a fait penser à cette solution. Avec le coordonnateur du programme de familles d’accueil de la SPCA, nous avons rempli un formulaire d’évaluation. À ce moment-là, il y avait justement une chienne qui attendait d’être recueillie. Ce programme nous a permis de tester la bonne volonté de notre fille.

Pouvez-vous nous présenter Easy?

Elle a été récupérée dans la rue par la SPCA à la suite d’un appel fait par un citoyen. Dès son arrivée à la SPCA, un vétérinaire lui a fait subir un examen complet. Il a évalué son âge à plus de cinq ans, et décelé sa race: un mélange de shitzu et de chien de type berger. Sa robe était dans un état pitoyable. Elle était crottée comme ce n’est pas possible, et les poils de ses fesses étaient souillés d’excréments. Son placement dans une famille d’accueil était justifié par une toux de chenil: ainsi, on évitait de contaminer les autres animaux, et on facilitait sa guérison. Dès les premiers jours, Easy s’est avérée calme, douce, facile à vivre et très bien élevée. C’est d’ailleurs pour cette raison que Corinne l’a baptisée Easy.

Quelles étaient vos craintes par rapport à cet accueil temporaire?

Notre plus grande crainte concernait notre chatte, Grisette. Nous ne savions pas comment elle allait réagir à l’arrivée d’un autre animal sur son territoire. Heureusement, tout s’est très bien déroulé.

Quelle devait être la durée du séjour d’Easy chez vous?

Généralement, l’animal est placé dans un foyer de trois à quatre semaines, ce qui lui donne le temps de reprendre des forces. Par la suite, il retourne à la SPCA en vue d’être adopté. Beaucoup de gens deviennent des familles d’accueil dans le but d’aider les animaux, pas de les garder à long terme. Cependant, si quelqu’un désire adopter un animal, il doit payer la stérilisation, en plus de débourser un montant pour sa garde permanente. Nous n’avons pas dû le faire dans le cas d’Easy: en raison de son âge, elle avait peu de chances d’être adoptée. Nous sommes donc passés de foyer d’accueil temporaire à foyer d’accueil permanent.

Aviez-vous peur de vous attacher à elle et de devoir la ramener à la SPCA après la période d’accueil?

Au départ, il était clair dans nos têtes que l’expérience «foyer d’accueil» était un essai. Honnêtement, nous ne pensions pas garder le premier chien que nous accueillerions. Nous pensions retourner Easy à la SPCA, tel que convenu, et chercher un chien qui correspondrait aux critères que nous avions établis. Comme Easy répondait déjà à plusieurs de ces critères, nous nous considérons comme très chanceux de l’avoir trouvée.

Easy vit maintenant avec vous depuis 11 mois: qu’est-ce qui vous a incités à l’adopter?

Lorsque le temps est venu de nous séparer d’elle, nous avons fait le bilan de la situation. Corinne s’occupait bien d’elle. Elle la promenait tous les matins et la brossait deux fois par semaine. Elle lui avait appris à faire certains petits tours. De plus, même si Easy n’appartenait pas à une race qui nous intéressait, nous nous inquiétions de ce qui allait arriver. En ce qui a trait à sa grosseur, à sa fourrure, à son âge et à son caractère, elle correspondait à ce que nous recherchions chez un chien. Nous avons pris la décision en famille et nous avons reconnu qu’il y avait davantage de bons côtés que de mauvais côtés à la garder. Pour Michel, Marie et Corinne, l’expression «l’essayer, c’est l’adopter» aura pris tout son sens avec Easy.


Source: Magazine Animal

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